Éducation nationale au Mali : On fait n’importe quoi

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La déliquescence du système éducatif national est un secret de Polichinelle et constitue certainement la seule chose sur laquelle tous les Maliens sont d’accord. 

Voilà qu’après 10 ans de pouvoir, le président IBK va quitter et le laisser dans une situation pire que celle dans laquelle il l’a trouvé. Pour son mandat, une poignée de ministres dont d’autres n’ont de rapport, ni de loin ni de près, avec l’enseignement est passée sans qu’aucun ne mette en œuvre une quelconque stratégie de nature à sortir le système du marasme dans lequel il se débat depuis plus de vingt ans.  La haute et la moyenne classe se complaisant à envoyer leurs enfants dans des écoles privées : nationale, française, tunisienne, marocaine, turque et autres où chacun enseigne les contenus qu’il veut suivant les méthodes qu’il veut sans avoir rendre compte à personne.

Les nombreuses autres populations n’ayant un autre choix que d’envoyer leur progéniture dans des établissements complètement délabrés où ni l’assiduité des enseignants ni leur suivi ni leur encadrement ne sont garantis. Les ministres, qui se sont succédé en 5 ans à raison d’à peine quelques mois par ministre dans ce département qui tantôt est érigé en ministère d’état, tantôt de l’éducation, tantôt ministère de l’Enseignement supérieur, n’a servi qu’à ajouter à la confusion et prouver la désinvolture que les autorités nationales ont vis-à-vis de ce secteur social extrêmement important.

Les deux derniers ministres de l’éducation qui y sont passés sont allés directement dans le mur au point que cela a constitué la base de certaines anecdotes croustillantes qui dénotent du désintérêt de cet édifice public.

En plus des nombreux problèmes structurels dont souffre le système, le ministère chargé de son pilotage semble être un véritable repère de mauvaises pratiques liées au népotisme, régionalisme et de corruption paradoxalement parrainés par les plus gros responsables du département. À titre d’exemple comment comprendre la nomination à un poste si stratégique que celui de directeur général adjoint des examens d’un jeune professeur à peine sorti de l’École Normale Supérieure (ENSUP) qui n’a même pas encore fini une année de service ? Comment nommer un tout aussi jeune instituteur adjoint comme conseiller du ministre chargé de l’éducation nationale ? Sinon que de les faire profiter des nouvelles indemnités injustement partagées sur une partie du personnel de ce ministère. Comment laisser une dizaine d’inspections départementales sans responsables (Inspecteurs départementaux) alors que leurs budgets seront certainement engagés on ne sait ni à quelles fins ni à quel profit.

C’est depuis longtemps que tous les hauts responsables de l’éducation nationale ont compris la démission totale des autorités de cette fonction régalienne d’éducation des masses et de leur enseignement au point qu’ils ne se sentent plus redevables de rien et peuvent à loisir user et abuser dans ce secteur. Le désintérêt de ce pouvoir à ce département est évident.

Sinon pourquoi alors avoir organisé tous les ans de tapageuses journées nationales pour l’éducation et la formation dont les conclusions et les recommandations n’ont eu aucune suite ?

Mariam Konaré

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