Historique de l’école malienne : A quoi ressemble-t-elle de 60 à nos jours ?

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De 1962 à maintenant, les systèmes et programmes éducatifs ont connu de grands bouleversements. En effet, plusieurs réformes sont nées et le nombre d’accès à l’éducation a été élevé avec une équité remarquable entre les filles et les garçons. Par contre le nombre d’abandon scolaire s’augmente chaque année. Avec la Covid-19, l’apprentissage à distance est devenu le meilleur moyen pour dispenser les cours à moins qu’au Mali, l’école était frappée par des séries de grèves de 2019 à 2020.

 

Selon l’Unicef, en 2018, plus de 2 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans ne vont toujours pas à l’école et plus de la moitié des jeunes âgés de 15 à 24 ans sont analphabètes. La pauvreté des ménages, le travail d’enfants, le mariage d’enfants, l’insécurité et le manque d’écoles proches du domicile des enfants sont autant de facteurs qui expliquent le taux élevé d’abandon scolaire et de non-scolarisation au Mali. Pour les enfants qui vont à l’école, on peut constater l’absence d’enseignants qualifiés, de manuels scolaires et d’un environnement scolaire de qualité. La grande majorité des élèves de 5è année ne maîtrisent toujours pas les compétences de base en mathématiques et en lecture.

Il existe des inégalités quant à l’accès à l’école et l’achèvement des études puisque les filles et les enfants des familles les plus pauvres sont les plus exposés au risque d’abandon scolaire.

Ce bilan de l’Unicef estime que seules 73.8 % des filles sont inscrites dans l’enseignement primaire de base, contre 85.8 % des garçons. Au moment où elles atteignent l’enseignement secondaire, la proportion de filles scolarisées n’est que de 15 %, contre 21 % chez les garçons.

En 2019, l’Unicef a appuyé le retour à l’école de plus de 200 000 enfants et plus de 30 000 ont bénéficié d’un apprentissage préscolaire.

Afin d’offrir une éducation de qualité à chaque enfant du Mali, l’Unicef travaille en étroite collaboration avec le Gouvernement malien, ainsi qu’avec les partenaires de la société civile, les donateurs et d’autres agences des Nations Unies, telles que l’Unesco.

Le secteur de l’éducation a récemment fait face à des défis considérables en raison de l’instabilité politique. Entre 2011 et 2013, les progrès accomplis au cours de la décennie précédente ont été affectés. Selon les études de l’Unicef le taux brut de scolarisation dans le primaire est passé de 92 % à 83,5 %, tandis que le taux d’achèvement a diminué de 62 % à 59 %.

Plus de 900 écoles ont subi une fermeture suite à la crise sécuritaire du pays de 2012 à maintenant. Aussi l’école a été frappée par des grèves intempestives en deux années successives, c’est-à-dire au cours de 2019 et 2020.

Selon le rapport du forum sur l’éducation nationale, en 2008, 4 grands événements ont tracé l’histoire du système éducatif de l’indépendance à ce jour. Ces épisodes sont à l’origine d’orientations et d’impulsions majeures.

Il s’agit de la réforme de 1962, du séminaire national sur l’éducation de 1978, des Etats généraux de 1989, du débat national de 1991.

Les maux dont souffre l’école à travers le système éducatif ont toujours été une insuffisance d’infrastructures et d’équipements, d’effectifs pléthoriques et de manque d’enseignants.

En 2008 l’Etat Malien avait envisagé la conception, l’élaboration, l’adoption et la mise en application d’un pacte national pour l’éducation qui devait être articulé autour du respect des valeurs de base de l’école. Il s’agit de l’éthique, la déontologie, la discipline, le travail, le mérite, la réussite et la responsabilité du comportement de l’ensemble des acteurs, notamment des parents et de l’administration scolaire, des enseignements de qualité, d’une gestion optimale des ressources, de la valorisation de la fonction enseignante et de la bonne articulation entre les différents niveaux d’enseignement.

 

“Système éducatif”

La pédagogie convergente a été introduite en 1979 dans quatre écoles expérimentales d’enseignement en bambara dans les régions de Koulikoro et de Ségou et s’est généralisée ensuite. En 1991, 108 écoles utilisant quatre langues nationales fonctionnaient au Mali. Son introduction est due aux taux de redoublements importants dans le premier cycle fondamental. Avec un taux de redoublement de 29 % et un taux d’abandon supérieur à 15 %. La pédagogie convergente était insérée dans les écoles fondamentales. L’apprentissage se déroule en langue maternelle dans les trois premières années. Le français était enseigné à partir de la 3e année. La pédagogie convergente utilise des méthodes actives d’apprentissage et favorise le travail en groupe.

Le système éducatif du Mali comprend plusieurs ordres et types d’enseignement avec une diversité de parcours et de passerelle dont le but est de permettre une insertion socioprofessionnelle réussie pour tous.

 

“Enseignement fondamental”

En 2010, l’éducation fondamentale était constituée d’un seul cycle de 9 ans. Ce système se renversa le 7 avril 2010 en conseil de ministre par la modification du décret n°57/PG –RM du 20 avril 1970. Ce nouveau décret organisait l’enseignement fondamental en deux cycles qui commence de la 1ère à la 6e année et de la 7ème en 9ème année. Un certificat de fin d’études issu de l’examen du premier cycle de l’enseignement fondamental conditionnait l’accès au second cycle. Le second cycle à son tour était sanctionné par le diplôme d’études fondamentales (DEF). L’enseignement secondaire reçoit les titulaires du DEF selon leur orientation souhaitée ou choisie. Ce choix se fait entre le lycée qui est sanctionné par le baccalauréat et l’école professionnelle qui est sanctionné par un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) et un diplôme de brevet technique (BT).

L’enseignement normal accueille par voie de concours les titulaires du DEF pour une formation de 4 ans et ceux du baccalauréat pour 2 ans de formation.

En 2006, les écoles primaires publiques comptaient 3 600. Il y avait 15 300 enseignants pour près d’un million d’élèves, soit en moyenne un maître pour 66 élèves.

L’enseignement technique a été établi par le décret du 26 novembre 1969 portant statut du lycée technique de Bamako. Trois séries ont été créées, la technique économie (TE), la technique génie civil (TGC) et Technique industrie (TI).

La dixième année commune avec l’ensemble des matières a été créée suite à la réforme de 2010-2011.

En janvier 2012, le Mali avait deux lycées techniques au Mali, celui de Bamako et celui de Ségou. Deux autres sont en construction à Sikasso et Sévaré.

 

“L’enseignement supérieur”

L’enseignement supérieur forme les détenteurs du baccalauréat pour les différentes spécialisations. D’autres structures spécialisées de l’enseignement supérieur comme l’école normale supérieure de Bamako (Ensup) ou l’école normale d’enseignement technique et professionnel (ENETP) forment des titulaires de baccalauréat et du Brevet de technicien pour 5 ans d’études et les titulaires de licence et maîtrise.

Le système universitaire a été refondé pour la mise en application du système Licence, Master, Doctorat (LMD). Le système a d’abord été expérimenté en 2007 à la faculté des sciences techniques et technologies (FSTT), puis généralisé en 2011. Cette réforme, qui a connu des difficultés de mise en place, suite aux recommandations du Réseau pour l’excellence de l’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest (Resao) qui prône sa généralisation à tous les établissements d’enseignement supérieur dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa), facilitant les équivalences et les échanges entre les universités.

Les grandes écoles sont créées dans différents domaines en 1962. L’effectif des étudiants s’augmentaient dans ces grandes au fur et à mesure. L’École nationale d’administration (Éna) est un établissement d’enseignement supérieur qui fut créée en 1958 sous le nom d’École d’administration du Soudan, puis rattachée à la Primature du Mali.

Les étudiants maliens ont massivement participé à l’avènement de la démocratie qui a chuté le régime de Moussa Traoré en 1992. A cet effet, une réforme de l’enseignement supérieur est née. La loi du 8 septembre 1993 a créé l’Université du Mali et lui donne comme missions principales la formation supérieure générale et professionnelle, la recherche et la promotion de la recherche scientifique et technologique, la diffusion des connaissances et de la culture.

L’effective des étudiants fut augmenté en novembre 1996.

En 2002, une nouvelle ordonnance transforma l’appellation “l’université du Mali” en “Université de Bamako”. Elle comprenait quatre facultés, trois instituts et deux écoles supérieures.

Les quatre facultés sont la faculté des sciences et techniques (Fast), la faculté des lettres, langues, arts et sciences humaines (Flash), la faculté des sciences juridiques et économiques (FSJE) et la faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS). Les instituts étaient l’institut universitaire de gestion (IUG), l’Institut supérieur de formation et de recherche appliquée (Isfra) et l’institut polytechnique rural (IPR). Les grandes écoles étaient l’école nationale d’ingénieurs Abderhamane Baba Touré (ENI/ABT) et l’École normale supérieure (Ensup).

En 2011, l’Université de Bamako dont l’effectif atteignait 80 000 étudiants a été scindée en quatre universités différentes. Il s’agit de l’Université des sciences sociales et de gestion de Bamako (USGB), l’université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB), l’université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB) et l’université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB).

L’Université de Ségou a été ouverte en 2012. La salle amphithéâtre a été inaugurée le 27 janvier 2012 par le Premier ministre, madame Cissé Mariam Kaïdama Sidibé. Elle accueille la première année 415 étudiants, répartis entre les filières agroéconomie, hydraulique agricole et production et santé animale.

“L’éducation maternelle”

L’éducation préscolaire qui concerne le jardin d’enfants, garderies, crèches qui accueillent les enfants de 3 à 5 ans.

Les écoles maternelles ou encore clos d’enfants sont des structures alternatives pour les enfants âgés de 3 à 6 ans. Des animatrices bénévoles ou rémunérées gardent les enfants et leur proposent des jeux, des chants et des histoires issues du patrimoine culturel local. L’école maternelle a été expérimentée en 1997 à Bamako. En 2006, plus de 60 clos d’enfants accueillaient 1500 jeunes enfants. Ils étaient soutenus par l’Unesco, l’Unicef et la FiCeméa (Fédération internationale des centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active). Ces clos d’enfants ont été intégrés en 2001 au programme de développement de la petite enfance du ministère de l’Éducation nationale.

“Les centres d’éducation au développement”

L’éducation non formelle est dispensée dans les centres d’éducation pour le développement (CED), les centres d’éducation pour l’intégration (CEI), les centres d’alphabétisation fonctionnelle (CAF) et les centres d’apprentissages féminins (CAFé). Elle éduque les enfants non scolarisés ou déscolarisés de 9 à 15 ans et les adultes analphabètes.

Les Centres d’éducation au développement “CED” ont été créés en début des années 1990 la région de Koulikoro avant d’être étendus dans les autres régions. Ils accueillent les enfants âgés de 9 à 15 ans non scolarisés afin de leur faire suivre un cycle d’étude de quatre années avec une formation générale (calcul et apprentissage de la lecture et de l’écriture en langue locale dans un premier temps, français à partir de la deuxième année) et formation professionnelle en liaison avec les besoins locaux.

Les CED reposent sur un partenariat entre la communauté villageoise qui assure le recrutement d’un éducateur, la main-d’œuvre pour la construction de l’école et élit un comité de gestion, L’État qui assure l’équipement notamment en manuels, une organisation non gouvernementale qui assure le financement, la formation et le suivi.

Le Mali comptait 202 centres d’éducation pour le développement “CED” en 1994 ; 618 en 2002 et 981 en 2005 accueillant 28 715 apprenants.

La formation professionnelle est une forme d’éducation qui vise les enfants non scolarisés ou déscolarisés et les adultes analphabètes pour acquérir des compétences dans l’exercice d’un emploi ou un métier.

L’éducation spéciale cible les personnes atteintes d’un handicap physique, sensoriel, mental, ou ayant des difficultés d’adaptation personnelle et d’intégration sociale, afin de leur faciliter l’adaptation et l’insertion sociale. Pour cela nous distinguons l’union malienne des aveugles (UMA).

“La réforme de l’enseignement de 1962”

La réorganisation des systèmes éducatifs africains est née lors de la conférence d’Addis-Abeba sur l’éducation, en 1961. La première réforme de l’enseignement au Mali a donc vu le jour en octobre 1962. La réforme du système éducatif malien avait pour but d’apporter un changement qualitatif et quantitatif dans l’enseignement. Pour cela, l’Etat avait besoin d’un enseignement de masse et de qualité, un enseignement qui fournissait une économie maximum de temps et d’argent, un enseignement qui garantisse un niveau culturel permettant l’établissement d’équivalences de diplômes avec les autres États modernes et celui dont le contenu soit basé sur les valeurs spécifiquement africaines et maliennes mais aussi sur les valeurs universelles. Cet enseignement avait pour but de décoloniser les esprits.

La structure de l’enseignement changea alors, avec un enseignement fondamental, secondaire général, technique et professionnel, l’enseignement supérieur, l’éducation spéciale, l’enseignement normal et l’alphabétisation. La réforme de 1962 voulait mettre en place une formation adaptée aux réalités du pays et aux exigences du développement scientifique et technologique. Elle a facilité l’accès à l’éducation et l’alphabétisation des enfants.

Malgré cette réforme après l’indépendance, le système éducatif n’était pas toujours adapté aux réalités du pays. L’enseignement resta plus théorique que pratique car il était difficile d’obtenir un enseignement de qualité avec des classes à effectif pléthorique.

La restructuration de l’école fondamentale malienne et de son administration initiait le concept de la nouvelle école fondamentale “NEF”. Cette idée est venue lors des journées de réflexion du 27 au 30 octobre 1994. La NEF avait pour but de faire de l’école malienne un lieu d’émergence du citoyen patriote et bâtisseur d’une société démocratique, profondément ancré dans sa culture et ouvert aux autres cultures, maîtrisant les savoir-faire populaires et apte à intégrer les connaissances et compétences liées au progrès scientifique et à la technologie moderne. Cette finalité fut reprise par la Loi d’orientation sur l’éducation de 1999. Cette réforme était caractérisée par un tronc scolaire commun, visant à supprimer toute différence entre l’éducation formelle et éducation non formelle et à mettre en place un ensemble de disciplines et de contenus d’enseignement permettant de faire acquérir à tous les enfants, à travers un multilinguisme fonctionnel, des compétences les rendant capables de s’insérer dans le système de production moderne et de s’adapter aux impératifs de changement de l’environnement.

Programmes éducatifs

Le Programme décennal de développement de l’éducation (Prodec) était la planification stratégique de la politique nationale de refondation de l’ensemble du système éducatif malien de 1998 à 2008.  L’élaboration et l’adoption de cette réforme s’étaient effectuées avec l’appui de l’ensemble des acteurs et partenaires techniques et financiers actifs du secteur éducatif.

La première génération du Prodec ainsi que sa prorogation a pris fin en 2013. Pendant la crise sécuritaire et institutionnelle de 2012, le gouvernement du Mali a élaboré un programme intérimaire de relance du secteur éducatif. Cette transition a duré 3 années de 2014 à 2017. En En juin 2019 le second programme décennal de développement de l’éducation et de la formation professionnelle qui s’étendra de 2019 à 2028.

La Loi n° 99-046 du 28 décembre 1999 portant la loi d’orientation sur l’éducation fut votée pour mettre en œuvre ce nouveau programme et clarifier la finalité et les nouveaux objectifs de la politique nationale dans le domaine de l’éducation et de la formation, notamment dans son article 11.

À travers le Prodec, le Mali a initié une approche curriculum de l’enseignement fondamental. La loi d’orientation sur l’éducation de 1999 définit le curriculum comme l’ensemble des dispositifs (finalités, programmes, emplois du temps, matériels didactiques, méthodes pédagogiques, modes d’évaluation) qui, dans le système scolaire et universitaire, permet d’assurer la formation des apprenants. Le curriculum intègre les besoins éducatifs fondamentaux des apprenants, en impliquant les communautés dans la définition de ces besoins et la détermination des contenus d’apprentissage, afin de mieux lier l’école à la vie. Le curriculum de l’enseignement fondamental a été mis à l’essai à partir de 2002. Plusieurs évaluations ont été faites au forum national sur le curriculum de l’enseignement fondamental organisé en mars 2008.

La bonne exécution du curriculum suppose avoir les bonnes ressources éducatives. Outre la relecture du curriculum et la dotation des écoles en manuels, l’une des mesures recommandées par le forum sur l’éducation en 2008 porte sur la formation des enseignants.

L’approche par compétences vise à développer les compétences des apprenants en en tenant compte au moment de l’élaboration des programmes. L’enseignant change de rôle et devient un facilitateur pour l’acquisition des compétences, en créant un environnement favorable à l’apprentissage. L’approche par compétences a été adoptée car les résultats des apprenants maliens n’étaient plus satisfaisants depuis plusieurs années.

Outre ces objectifs, le Mali s’était fixé notamment l’amélioration du taux brut de scolarisation et l’alphabétisation des jeunes déscolarisés et non scolarisés âgés de 9 à 15 ans. Afin d’atteindre les objectifs fixés, les autorités maliennes ont mis en place le programme d’investissement sectoriel de l’éducation (PISE), qui s’est étalé sur trois phases successives de 2001 à 2012.

L’état des lieux de ce programme montre certaines avancées, comme l’amélioration des taux de scolarisation et d’alphabétisation, la réforme du lycée, avec de nouvelles filières, la mise en œuvre du système LMD.

Cependant nombreux sont les objectifs qui n’ont pas été atteints, comme la gestion des effectifs étudiants, qui reste disproportionnée malgré la scission de l’Université de Bamako en quatre établissements, ainsi que l’insuffisance d’enseignants et de matériels de travail à tous les niveaux. Les difficultés rencontrées lors des premières phases ont engendré des retards dans l’ensemble de l’exécution du programme.

Le Mali a établi le système LMD dans son enseignement supérieur public par le décret n° 08-790/RM du 31 décembre 2008 en vue de répondre aux exigences de la mondialisation en matière d’enseignement supérieur. La faculté des sciences et techniques a été choisie comme faculté pilote, avec un début de généralisation prévu pour 2011. Le système LMD a été mis en place en 2014-2015 la faculté des sciences humaines et des sciences de l’éducation.

L’école malienne a connu plusieurs réformes et innovations pédagogiques dans le but de l’améliorer et de l’adapter aux enjeux éducatifs nationaux et internationaux. Les experts et spécialistes ont apporté plusieurs analyses et contributions. Selon eux, les efforts consentis pour ces réformes n’ont pas été une réussite, en raison de l’immensité des besoins. Ainsi les autorités politiques et scolaires doivent œuvrer ensemble et mettre l’accent sur l’augmentation des taux de scolarisation, recrutement d’enseignants, amélioration de l’efficience ainsi que sur l’efficacité interne et externe des structures éducatives, le développement de la recherche scientifique, une meilleure gestion des ressources, le renforcement de la décentralisation de l’éducation. Les actions d’alphabétisation doivent être renforcées, car les taux brut et net de scolarisation sont certes satisfaisants mais encore éloignés des objectifs de l’éducation pour tous.

 

“L’école sous le régime de Modibo Keita”

Le premier président du Mali, Modibo Keïta avait priorisé l’éducation. Sa vision consistait un enseignement de masse et de qualité afin de créer des cadres nécessaires pour le développement du pays. Le système éducatif mettait au centre la culture et les valeurs maliennes tout en décolonisant les esprits.

Selon les archives, à la fin des années 1960, un tiers des garçons et 20 % des filles étaient scolarisés. Les enfants de 6 à 9 ans avaient accès à l’enseignement fondamental. Il n’y avait pas d’examen de fin d’études primaires.

Le président a adopté en 1962 une loi relative au système éducatif et programme de construction d’écoles, de recrutement, de formation des enseignants et de fourniture d’équipements.

“L’école sous le régime de Moussa Traoré”

Le coup d’État militaire de 1968 mettait fin aux projets de construction de l’éducation. La fonction enseignante, le corps enseignant et son syndicat étaient dévalorisés. Le syndicat national de l’éducation et de la culture (Snec) étaient réprimés. Les archives estiment que les économies budgétaires imposées par les organisations internationales (FMI, Banque mondiale) ont entraîné une baisse du budget de l’éducation nationale qui a eu comme conséquences une diminution des effectifs enseignants, démotivés par des retards de paiements.  En 1980, les zones rurales instauraient finançaient leurs écoles.

La crise scolaire, les multiples conflits entre le régime de Moussa Traoré et les enseignants et les élèves entraînaient le détachement des familles à l’idée d’inscrire leurs enfants à l’école.

Selon les documents, entre 1968 et 1989, le taux de scolarisation est passé de 29 à 22 %.

L’école était devenue le terrain de la lutte pour la démocratie.

Des révoltes estudiantines rebondissaient en 1970 et 1972, puis de façon plus structurée en 1976 et 1980. Elles étaient violemment réprimées par le pouvoir.

Le 17 mars 1980, le leader de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali, Abdoul Karim Camara dit Cabral a été assassiné sous cette torture.

“L’éducation sous le régime d’Alpha Oumar Konaré”

L’éducation redevenait une priorité, mais était étouffée par le manque de moyens. En juillet 1994, l’enseignement privé était reconnu par l’État. Les écoles communautaires ont été créées par des communautés villageoises qui bénéficiant de la reconnaissance et du soutien de l’État. De 1997 à 1998, les 1 369 écoles communautaires accueillaient plus de 83 360 élèves.

En 1996, faisant face aux critiques du système éducatif et de ses faiblesses, les autorités maliennes ont décidé de créer un programme pluriannuel. En 1999 était donc validé avec la Banque mondiale le Programme décennal (Prodec) qui fixait comme objectif d’atteindre un taux brut de scolarisation de 95 % au premier cycle de l’enseignement fondamental à l’horizon 2010.

Fatoumata Kané

 

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