Accusé de faux et usage de faux et vol : L’ex-garde national Soungalo Konaré condamné à 5 ans de prison

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    Radié du Corps de la Garde nationale pour désertions, Soungalo Konaré (né en 1982 à Kati) a continué  à utiliser frauduleusement les imprimés et les cachets de son ancien corps pour prendre des prêts à hauteur de 2 391 000 Fcfa dans les caisses de Kafo Jiginew de Kayes, Fana et Ségou. Pris les mains dans le sac au cours d’une demande de prêt à Bamako, Soungalo Konaré a été arrêté et poursuivi pour faux et usage de faux et vol. Il a été jugé le mardi 8 décembre 2020 et condamné à 5 ans de prison. Le film de son procès !

    Radié des effectifs de l’Armée malienne courant 2017, Soungalo Konaré (précédemment au Peloton central de Kayes) a ouvert un compte au niveau de l’agence Kafo Jiginew sise à Médine (Bamako) où il a tout d’abord bénéficié de 2 prêts. Après, il a sollicité et obtenu un prêt de 700 000 Fcfa auprès de la même agence de Médine lorsqu’il était encore en service à la Garde présidentielle à Bamako. Il s’est ensuite rendu à Kayes où il a ouvert un autre compte au niveau de l’agence Kafo Jiginew de Kayes. Le même jour, il a sollicité et obtenu un prêt de 800 000 Fcfa sur la base de lettre d’engagement et de Certificat de présence de corps signés et validés.

    Après avoir perçu ledit montant, il s’est rendu à Ségou où il a également ouvert un compte à l’agence Kafo Jiginew et avec de faux documents (lettre d’engagement et certificat de présence de corps signés et validés par le Peloton de Ségou). Il s’est fait remettre la somme de 500 000 Fcfa. Un mois après, il s’est rendu à Fana où il a également ouvert un compte à l’agence Kafo Jiginew avec de faux documents. Il s’est fait remettre 200 000 Fcfa. Sur la même lancée, il est revenu à Bamako où il a encore ouvert un compte à l’agence Kafo Jiginew de N’Golonina avec de faux documents pour solliciter un prêt de 300 000 Fcfa. Les agents e la caisse qui avaient été alertés des agissements frauduleux de Soungalo Konaré et ayant douté de la véracité des documents produits par lui, ont immédiatement alerté ses chefs hiérarchiques qui ont confirmé la radiation de Soungalo Konaré. C’est ainsi qu’il fut arrêté par des militaires pendant qu’il était encore à la caisse.

    A la suite de ces faits, la Caisse d’épargne Kafo Jiginew, à travers son chef contentieux, a porté plainte contre Soungalo Konaré pour faux et usage de faux et vol. Saisi du dossier et à la suite du Procès-verbal d’enquête préliminaire qui fut établi, le Parquet du Pôle économique et financier a opté pour l’ouverture d’une information judiciaire contre Soungalo Konaré pour les mêmes chefs d’infraction.

    Les explications de l’inculpé

    Lors de sa première comparution, Soungalo Konaré a reconnu les faits à lui reprochés. Lors de son interrogatoire sur le fond devant le Juge d’instruction, il a expliqué en détail comment il s’est fait remettre par la caisse d’épargne Kafo Jiginew la somme totale de 2 391 000 Fcfa en plusieurs tranches. Dans son argumentaire, Soungalo Konaré a soutenu avoir été incorporé dans le corps de la Garde nationale du Mali courant 2013. Après sa formation, il a été affecté au Groupement spécial de la sécurité présidentielle où il a servi pendant 4 ans. Pendant cette période, sans l’autorisation de sa hiérarchie, il s’est rendu au chevet de son père malade et ce pendant 4 mois. A son retour, il a été reversé au Camp de gardes de Kayes où il a juste fait acte de présence.

    Ayant constaté le blocage de son salaire, il a décidé de contracter des prêts bancaires pour s’en sortir. C’est ainsi qu’il a ouvert des comptes dans plusieurs agences de Kafo Jiginew, sollicité et obtenu des prêts jusqu’à concurrence de 2 391 000 Fcfa en plusieurs tranches. Pour ce faire, il avait fait fabriquer de faux cachets portant la dénomination des pelotons de Garde et l’identité d’un responsable des zones dans lesquelles il avait projeté d’opérer.

    S’agissant des lettres d’engagement, il les prenait à la caisse où il formulait les demandes de prêt qu’il faisait valider en apposant le faux cachet et en signant en lieu et place de l’autorité hiérarchique locale. A la lumière des explications de l’inculpé et des pièces versées au dossier, il est constant que Soungalo Konaré s’est fait remettre la somme de 2 391 000 Fcfa en plusieurs tranches sachant bien qu’il avait été radié du corps des Gardes depuis 2017. Donc, ne disposant d’aucun revenu pour rembourser les prêts contractés, il a usé de faux cachets qu’il a fait fabriquer. Il résulte donc de l’information charges suffisantes contre Soungalo Konaré pour des chefs d’infraction prévus et punis par les articles 102, 103, 104, 252 et 257 du Code pénal et pouvant donner lieu à l’application des peines criminelles. Par ces motifs, sa mise en accusation a été prononcée. Il a été renvoyé devant la Cour d’assises pour y être jugé conformément à la  loi.

    A la barre, devant les juges, Soungalo Konaré a reconnu sans ambages les faits qui lui sont reprochés. Il est revenu sur ses explications devant le juge d’instruction. Pour le juge, après sa radiation, Soungalo Konaré s’est adonné au banditisme. Et comment comptait-il rembourser les prêts de Kafo Jiginew ? Il a répondu qu’il comptait sur les rappels de son salaire pour rembourser la caisse d’épargne. Pressé par les questions, il reconnaîtra qu’il a fauté et qu’il regrette son comportement.

    Dans son réquisitoire, le Ministère public dira que l’accusé a joué de son intelligence  et l’ignorance de ses camarades de corps pour arriver à ses fins avec l’utilisation de faux cachets. Selon le Parquet, en plus du faux et usage de faux, Soungalo Konaré a fait aussi des contrefaçons des Sceaux de l’Etat en fabriquant de faux cachets de la Garde nationale, des faits qui sont aussi punis par la loi. Il a invité les juges à tenir compte de cette infraction. Il a requis 3 ans de prison.

    Pour l’avocat de Kafo Jiginew (partie civile), les faits contre Soungalo Konaré sont avérés, avoués et reconnus. Il a plaidé l’application de la loi contre l’accusé dont l’avocat a sollicité la clémence de la Cour.

    Dans son réquisitoire, la Cour a reconnu Soungalo Konaré coupable des faits qui lui sont reprochés mais avec des circonstances atténuantes. Dans sa délibération, la Cour a condamné Soungalo Konaré à la peine de 5ans d’emprisonnement. En Arrêt civil, Soungalo a été condamné  au remboursement des 2 391 000 Fcfa et au paiement de 750 000 Fcfa  de dommages et intérêts. Comme pour dire que le bien mal acquis ne profite point.

       Siaka DOUMBIA

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