Accusé de meurtre : Oumar Gadiaga désarme son avocat et prend la réclusion à perpétuité

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    La première affaire jugée par la Cour d’assises de Mopti le lundi 21 juin 2021 opposait le ministère public à Oumar Gadiaga (berger à Dédougou, cercle de Bankass) inculpé pour le meurtre de Nouhoum Sidibé. Reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés, Oumar Gadiaga a été condamné à la réclusion à perpétuité. Les faits !

    Il ressort du dossier les faits suivants. Le 18 février 2019, à Dédougou, Commune rurale de Fakala, cercle de Djenné, au matin, Oumar Gadiaga se rendit au marigot du village pour une partie de pêche. En cours de route, il a trouvé le jeune garçon Nouhoum Sidibé, âgé de 13 ans environs dans leur jardin. Suite à des échanges de propos tendus entre eux, Oumar Gadiaga administra à Nouhoum Sidibé plusieurs coups de machettes sur divers endroits du corps de celui-ci, notamment les bras, les pieds et la tête.

    Nouhoum se vida de son sang et succomba sur les lieux. Oumar a été conduit par ses frères sur instruction de son père au chef de village. A l’issue de l’enquête préliminaire diligentée par la Brigade territoriale de gendarmerie de Djenné, Oumar Gadiaga fut poursuivi pour assassinat.

    L’inculpé a reconnu sans difficulté les faits incriminés. Il a expliqué qu’il a trouvé le 18 février 2019 le jeune garçon Nouhoum Sidibé dans leur jardin qui, comme à son habitude, s’est mis à l’insulter sans raison valable. Et pour en finir avec lui, il s’est approché de Nouhoum Sidibé pour le poignarder plusieurs fois avec la machette qu’il portait en main. Cet aveu descriptif suffisait pour retenir la responsabilité d’Oumar Gadiaga dans la mort du jeune garçon Nouhoum  Sidibé.

    Oumar a été poursuivi pour assassinat. Mais les circonstances de guet-apens ou de préméditation faisaient défaut. C’est ainsi que les faits ont été requalifiés en meurtre au sens des articles 199 et 201 du code pénal. En conséquence, il a résulté de l’information des charges suffisantes contre Oumar Gadiaga d’avoir à Dédougou, Commune rurale de Fakala, cercle de Djenné, le 18 février 2019, volontairement donné la mort à Nouhoum Sidibé, des faits prévus et punis par les articles 199 al 1 et 201 du Code pénal.

    L’accusé reconnait les faits qui lui sont reprochés

    Au titre de renseignements généraux, le bulletin n°2 du casier judiciaire de l’inculpé ne mentionne aucune condamnation. Les renseignements recueillis sur sa personnalité lui sont favorables.  Mais le médecin expert commis pour procéder à son expertise mentale dans son rapport du 11 décembre 2019 a dit qu’il ne souffre d’aucune anomalie physique ou psychique de nature à infléchir sur sa responsabilité pénale.

    Par ces motifs, la Cour a requalifié les faits d’assassinat en meurtre et a déclaré suffisamment établi à l’égard de l’inculpé Oumar Gadiaga la prévention des faits requalifiés. La Cour a prononcé en conséquence sa mise en accusation devant la Cour d’assises de Mopti.

    A la barre le lundi 21 juin 2021, Oumar Gadiaga, sans ambages, a reconnu les faits qui lui étaient reprochés, compliquant ainsi la tâche à son avocat, Me Simon Légou. Désarmé par son client, ce dernier n’avait d’autre choix que de solliciter la clémence de la Cour. Car, à ses dires, Oumar Gadiaga ne jouit pas de ses facultés mentales.

    “Mon client est malade, il ne jouit pas de ses facultés mentales. Il n’est pas mentalement équilibré. Ayant reconnu les faits qui lui sont reprochés, je sollicite de la Cour la clémence et des circonstances atténuantes”, a-t-il plaidé. Mais le ministère public a enfoncé les clous en affirmant que l’accusé jouit de toutes ses facultés et que son acte a été prémédité. Il a seulement regretté la requalification des faits.

    Les sollicitations de Me Légou n’ont pas été entendues par la Cour qui a reconnu Oumar Gadiaga coupable en le condamnant à la réclusion à perpétuité.

    Siaka Doumbia

    Envoyé spécial à Sévaré

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