«Arbitrairement arrêtés» : Abdoulaye Fotigui Berthé et Soumaïla Berthé libérés sous caution…

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    Les membres du Syndicat de l’enseignement privé laïc  (Sepl) et du (Snec) étaient en meeting la semaine surpassée, suite à la libération provisoire de leurs camarades, Abdoulaye Fotigui Berthé et Soumaïla Berthé, «arbitrairement arrêtés par les promoteurs du Complexe scolaire Doulaye Baba et de Fraternité de Doumanzana».

     

    Accusés d’avoir institué un comité syndical au sein desdits établissements, la Brigade de gendarmerie de Sangarébougou et le tribunal de la première Instance de la commune I, en complicité avec les promoteurs desdites écoles, ont procédé à une «arrestation arbitraire de deux enseignants syndicalistes», le 6 avril dernier. C’est dans cette optique, que le Sepl a organisé ce meeting regroupant ses militants et sympathisants. C’était le samedi 23 avril 2016 à la Bourse du travail.

     

    C’est suite au licenciement abusif et aux arrestations «arbitraires» de certains enseignants par les promoteurs desdites écoles que les membres du Syndicat de l’enseignement privé laïc  (Sepl) de Bamako ont organisé ce meeting pour dénoncer l’indifférence des autorités face à cette situation préoccupante. Selon eux, il a fallu de gros efforts des uns et des autres pour l’obtention d’une liberté provisoire pour leurs camarades «arrêtés arbitrairement et victimes d’une séquestration de la gendarmerie jusqu’au tribunal».

     

    Pour le porte-parole du Comité syndical du Sepl, Mamadou Kouyaté, leurs camarades ont été libérés grâce à la conjugaison des efforts de l’honorable Oumar Mariko, de Maouloud Ben Kattra de l’Untm et de certaines personnes de bonne volonté. «L’ensemble des enseignants syndiqués du Sepl se sont retrouvés pour dénoncer farouchement les conditions de détention de leurs camardes et ont menacé de porter plainte contre les promoteurs de ces écoles, la Brigade de gendarmerie de Sangarébougou et le juge d’instruction du dossier de leurs camarades», a-t-il affirmé.

     

    Quant à Oumar Diarra, membre du Sepl, il était impossible d’imaginer les conditions de détention de leurs collègues, Abdoulaye Fotigui Berthé et Soumaïla Berthé, à la Maison centrale d’arrêt de Bamako. «Il a fallu qu’on paye de l’argent pour qu’ils puissent avoir une chambre confortable», a-t-il révélé. Et à Abdoulaye Fotigui Berthé, furieux, de lancer : «Je ne vais jamais pardonner, car malgré un avis favorable de l’Inspection du Travail pour me rendre à l’école pour y travailler, et à la grande surprise de tous, j’ai été exposé à une atteinte à ma liberté de travail et du coup, j’ai subi une arrestation rocambolesque de la part des gendarmes de Sangarébougou, à la solde de ces promoteurs d’école, Mamadou Bolozogola et Kassim Sidibé. Devant mes élèves, ils m’ont amené manu militari au Commissariat».

     

    «J’ai subi une humiliation nationale et une séquestration à la gendarmerie de Sangarébougou par les éléments de la Brigade de gendarmerie, qui m’ont attaché à une chaise et à une Jakarta durant toute la nuit, avant que je ne sois déféré à la Maison centrale d’arrêt de Bamako-Coura», a-t-il ajouté, au bord des larmes.

     

    Après leur placement sous contrôle judiciaire la semaine surpassée, dévoile Soumaïla Berthé, ils continuent à subir des menaces et des moqueries de la part des véreux promoteurs d’école, Mamadou Bolozogola et Kassim Sidibé.

     

    Quant au Secrétaire général adjoint du Sepl et du Snec, Aba Diagouraga, il s’indigne face à ces répressions impitoyables, inhumaines, anti-démocratiques. Par ailleurs, il lance un vibrant appel à l’endroit de tous les citoyens de bonne foi, qu’ils soient enseignants, parents d’élèves, syndicalistes ou acteurs de l’école, à se dresser comme un seul homme pour trouver une solution idoine à cette crise et mettre fin, une fois pour toutes, aux violations de la liberté syndicale qui, de plus en plus, deviennent des pratiques courantes dans notre pays. «Nous demandons à nos plus hautes autorités de réagir immédiatement pour finir, une bonne fois, avec ces pratiques illégales des promoteurs d’écoles, afin d’assainir les lieux scolaires», déclare-t-il.

     

    Pour les enseignants libérés sous caution, il faut cette fois-ci une justice transparente pour laver leur affront. Le Sepl et le Snec comptent aller plus loin pour se faire mieux entendre sur ce dossier de violation du droit syndical.

     

    Ousmane DIAKITE/stagiaire

     

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