Association de malfaiteurs, vol qualifié et coups et blessures volontaires : Fousseyni Kéïta écope de 5 ans d’emprisonnement et paye 350 000 F CFA de remboursement

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    Agé de 20 ans, Fousseyni Kéita est élève domicilié à Niaréla. Il a comparu à la barre des assises le mercredi 5 octobre 2022 pour association de malfaiteurs, vol qualifié et coups et blessures volontaires. Reconnu coupable, il a pris 5 ans d’emprisonnement et doit 350 000 F CFA à la victime.

    Les magistrats avaient une affaire complexe sur leur table. Il s’agit d’association de malfaiteurs, vol qualifié et coups et blessures volontaires. Dans la plupart de ces cas, il y a deux ou plusieurs accusés, mais l’exception confirmant la règle, Fousseyni Kéita était tout seul à la barre.

    Dans la nuit du 27 mai 2020, aux environs de 3 h, au sortir du studio d’enregistrement musical de Lil Ben, sis au quartier Bolibana, Mountaga Bagayoko et Kandra Coulibaly, à bord d’une motocyclette ont rencontré deux individus suspects, également sur une motocyclette.

    Contre toute attente, les deux malfrats les ont menacés à l’aide d’une arme à feu et d’un couteau obligeant ainsi Kandra Coulibaly à se débarrasser de sa mobylette, pendant que son compagnon Mountaga Bagayoko recevait des coups de poignards. Ils ont réussi à s’enfuir pour retrouver le reste de la bande à N’Tomikorobougou. Suite aux cris d’alerte des victimes, les gens se sont lancés à leur poursuite où ils ont rattrapé un des bandits, qui se révéla plus tard être Fousseyni Kéita, l’auteur des coups de poignard sur Mountaga Bagayoko. Les autres sont parvenus à s’éclipser dans la nature. Par la suite, Fousseyni Kéita, a dénoncé Abdoulaye Diaby dit Papza, Louis, Amadou et Modibo, comme étant ses coauteurs complétant en effet, la liste de la bande de malfaiteurs.

    Sur le non-lieu à suivre

    Considérant qu’à l’issue de l’enquête diligentée par les éléments du commissariat de police du 14e arrondissement et, par réquisitoire introductif en date du 3 juin 2020, le parquet du Tribunal de grande instance de la Commune III du district de Bamako ouvrait alors une information judiciaire à l’encontre des susnommés pour des faits d’association de malfaiteurs, de vol qualifié et de coups et blessures volontaires.

    Tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur, Fousseyni Kéïta, reconnaissait sans ambages l’entièreté des faits qui lui sont reprochés. En dépit des recherches effectuées, Abdoulaye Diaby dit Papza, Louis, Amadou et Modibo, sans autres renseignements, dénoncés par Fousseyni Kéita comme étant ses coauteurs n’ont pu être retrouvés. Il y a donc lieu d’appliquer les dispositions de l’article 211 du code de procédure pénale.

    Fousseyni Kéita à la barre divaguait dans ses propos. Lors de sa première comparution, il a reconnu les faits et à la deuxième comparution, il s’est rétracté. A la barre, il a déclaré reconnaitre les faits. Le président lui a demandé laquelle de ces trois propos est véridique, il a répondu : ce que je suis en train de dire ici, ça c’est la vérité. Pourquoi racontes-tu donc que c’est ton compagnon ? Tu nous prends pour des imbéciles ? Fousseyni d’insister : c’est mon ami qui conduisait et lorsqu’il s’est arrêté pour braquer, je lui ai demandé d’arrêter ces choses, mais il ne m’a pas écouté. Vu que la moto sur laquelle vous étiez vous appartenait, pourquoi tu n’es pas parti ? Il a dit : parce que je ne maitrise pas le coin.

    Le ministère public soulignera qu’il ne sait pas sur quel propos se tenir tant Fousseyni Kéïta disait des choses différentes.

    Selon la défense, à la lecture des dispositions combinées des articles 175, 252 et 255, ces infractions s’analysent en une entente formée entre deux ou plusieurs personnes dans le dessein formel de préparer ou de commettre des attentats contre les personnes ou les biens et à mains armées. L’avocat a indiqué que son client est seul, alors qu’il faut plusieurs personnes pour commettre ces infractions.

    Pour le ministère public, Fousseyni n’était pas seul, mais c’est parce que ses coaccusés n’ont pas été retrouvés.

                     Marie Dembélé 

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