Faits Divers – Abidjan (1) : CRIME DOMESTIQUE

    0

    L”épouse du fonctionnaire de l’Union européenne abattu à Abidjan au début de ce mois a été écrouée vendredi dernier à Paris. Pour assassinat.

    La nouvelle avait défrayé la chronique. Dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 février, Michel Édouard Niaucel, un diplomate français de l’Union européenne (UE), avait été retrouvé mort dans sa résidence au Plateau. Cette maison est située dans une cité exclusivement réservée aux fonctionnaires de l’institution internationale. L’homme avait été foudroyé d’une balle tirée en pleine poitrine.

    La vérité sur sa mort commence à se faire jour, si elle n’est pas déjà dévoilée. Les événements se sont précipités dans la soirée de vendredi dernier. Selon des sources proches du dossier, l”épouse du défunt, Carine née Blane, a été mise en examen et écrouée dans la prison parisienne de Fleury-Mérogis. Elle est inculpée d’assassinat. La prévenue est monitrice de sport. Elle est née le 11 mars 1967, à Saint-Jean de Luz en France.
    C’est le juge Alain Cadet, dit-on, qui lui a communiqué le justificatif des poursuites engagées contre elle, pendant sa garde à vue. En s’alignant donc sur les réquisitions formulées par le parquet, nos sources notent que le juge des libertés et de la détention a fait alors écrouer Carine Blane. La tournure que prennent les choses, donne raison à la Police criminelle ivoirienne. Elle avait privilégié le mobile du crime privé, excluant la thèse du crime politique ou du suicide. Les enquêteurs ivoiriens avaient relevé certains indices concluant à un assassinat perpétré par un proche et non par des mains venues de l’extérieur.

    En effet, il n’y avait pas de traces d’effraction. Les trois molosses du maître des lieux avaient été rendus inoffensifs par une drogue qu”on leur a administrée. Les policiers n”ont relevé aucune trace d’escalade sur la clôture de la résidence hautement sécurisée. Elle est située dans une cité bénéficiant d’importants dispositifs sécuritaires à même de décourager tout criminel venant d’ailleurs. L’arme du crime, un revolver de calibre 357 Magnum, appartenant à la victime, avait été retrouvée dans un sac rouge dans le placard de la douche. Les limiers avaient été intrigués par la présence d”un tabouret ayant servi à un individu de petite taille à remettre l’arme à sa place sur l’étagère.

    Il se trouve que c’est Carine qui est de petite taille dans cette maison à part leur fillette de 13 ans. Les enquêteurs professionnels n”ont pas trouvé d”explication rationnelle à la curieuse attitude de gentillesse du présumé tueur. Il a épargné Carine, alors qu’elle constituait, de toute évidence, un témoin gênant qu’il aurait été opportun de tuer également.

    La Police criminelle ivoirienne, munie de tous ces indices, avait interpellé Mme Niaucel avant de la placer en garde à vue dans ses locaux. La dame avait nié être l’assassin ou avoir une quelconque collusion avec ce dernier. Elle avait toujours expliqué que celui qui avait tué son mari était un homme de race noire. Mais au vu des indices relevés dans la maison du crime, la Police criminelle, sûre de son affaire, n’avait jamais cru les dénégations de l”épouse accusée aujourd”hui d”assassinat.

    (source : Cote d”Ivoire Presse)


    Abidjan (2) : COUPS DE GRÂCE

    Chaque soir après la fermeture partielle de la Maison centrale arrêt d”Abidjan (MACA), les prisonniers assurant la garde de leurs codétenus communément appelés "les Requins" et les gardes pénitentiaires, attendent le fourgon cellulaire qui ramène les prévenus du parquet. Ils procèdent ensuite à la fermeture complète du pénitencier. Cette routine qui intervient vers 18 heures 30 a accusé un retard jeudi dernier. Le fourgon étant rentré à 19 heures 30, la fermeture complète n’a été entamée que peu après 20 heures.

    C’est alors que quatre prisonniers occupant le bâtiment C où sont internés les bandits de grand chemin se sont fondus dans le noir pour se retrouver dans le corridor faisant face à la mosquée. A l’aide d’une clé double, les gangsters ont ouvert les portes de ce mirador gardé par des éléments du service de sécurité pour se retrouver hors du mur d’enceinte. Mais manque de pot pour ces candidats à l’évasion, un garde pénitentiaire du Corridor 3 a aperçu des silhouettes humaines aux contours légèrement estompées par la pénombre. Il a donné l’alerte par des tirs en rafales. Deux des fugitifs ont pu se fondre dans la nature. Il n’en sera pas de même pour les deux autres qui, dans leur chute, ont été grièvement blessés, avant d’être exécutés froidement par un élément du service de sécurité de la prison.

    Pour démêler l’écheveau de cette évasion qui s’est terminée, en partie, dans le sang, des témoins de la scène ont accepté de parler. Selon des informations recueillies sur les lieux, cette évasion a été rendue possible par la complicité de certains éléments surveillants de prison. Déjà jeudi, un sergent de la gendarmerie a remis à un ancien prisonnier du Camp pénal de Bouaké, le double de la clef du Mirador. Les quatre prisonniers ont pu accéder à ce Mirador avant de sauter par dessus la clôture. Mais dans leur chute deux se sont blessés. L’un a eu une fracture au pied et l’autre s’est brisé les reins.

    "Quand nous nous sommes déportés sur les lieux, on a été rejoints par les éléments de sécurité placés sous le commandement d”un officier subalterne", ont confié des gardes pénitentiaires qui ont requis l’anonymat. D’ailleurs, ces derniers sont très remontés contre le service de sécurité (CECOS) qui est venu donner le coup de grâce aux deux fuyards. "Nous étions en train d’arracher des aveux aux deux prisonniers. Ils nous ont confié que le double de la clé du corridor leur avait été donné par un élément du CECOS. C’est sur ces faits que le CECOS nous a rejoints pour les abattre à bout portant. Pourtant, nous leur avions dit qu’on devrait conduire les fuyards à l’infirmerie", se sont indignés nos interlocuteurs. Ils estiment que cette attitude du CECOS trahit une certaine complicité dans cette évasion.

    (source Cote d”Ivoire Presse)

    Commentaires via Facebook :

    PARTAGER