Polémique autour de la reforme des jeux de hasard : Les religieux préparent la contestation contre les machines à sous

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    Après les péripéties de l’adoption du code de la famille et des personnes qui ont failli embraser la République, un autre projet de loi, le projet de loi portant réforme des jeux de hasard  au Mali dont l’examen est prévu fin  novembre début décembre par l’Assemblée Nationale est encore dans la ligne de mire des religieux maliens.

    C’est l’introduction des machines à sous dans le projet de loi portant révision de loi N°030 25 du 21 juillet 2003 autorisant les courses de chevaux et certains jeux de hasard qui serait fortement contestée tant dans les milieux religieux que les cercles de défense des valeurs socioculturelles maliennes.

    « Les jeux d’argent, quels qu’ils soient ne me semblent pas compatibles avec l’éthique chrétienne, car dans ce cas nous cessons de nous confier à Dieu pour nos ressources en faisant confiance au dieu hasard » nous expliques un farouche défenseur de la morale chrétienne. Quant au saint Coran, il mentionne clairement «  O les croyants le Vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une domination, œuvre du diable. Ecartez vous en, afin que vous réussissiez » (Verset 219 de la sourate 2).

    Autant d’arguments qui font croire aux leaders musulmans et religieux que l’introduction des machines à sous au Mali est une provocation de la part du régime en place. Selon eux, l’adoption de ce projet de loi pourrait susciter  une fois de plus les tensions entre la communauté musulmane et le régime.
    Pour beaucoup d’observateurs avisés de la place, ce projet de loi est une bombe politico- religieuse qui peut exploser à tout moment.

    La question est aujourd’hui de savoir si le président de l’Assemblée Nationale et moins candidat à l’élection présidentielle de 2012 accepterait une fois de plus de se brouiller avec la communauté musulmane pour faire plaisir au Président ATT. Tout comme les députes qui s’apprêtent à briguer le suffrage des électeurs maliens.

    Ce qui est sûr aujourd’hui à l’Assemblée Nationale du Mali, l’électricité est dans l’air.

    Pour le gouvernement, initiateur de ce projet de loi N° 03-025 du 21 juillet 2003 autorisant les courses de chevaux et certains jeux de hasard sont trop limitative dans sa formulation actuelle. Elle est en déphasage avec l’évolution actuelle de la société. C’est pourquoi il faut l’ouvrir, l’élargir à d’autres jeux. Des garde- fou ont été pris à travers la modification des 1er et 2ème articles de la loi de 2003 pour autoriser les machines à sous et permettre à la société PMU- Mali d’organiser son exploitation et d’autres parts, de  supprimer les articles 4 à 8 anciens et proposer en lieu et place un nouvel article ainsi rédigé « accès aux machines à sous sont interdit aux mineurs de moins de 18 ans aux militaires et assimilé de tout grade et de toute nationalité en uniforme qui ne sont pas en service commandé, à tout civil porteur d’arme à feu ou d’arme blanche , à toute personne en état d’ivresse ou susceptible de provoquer des scandales ou incident »

    Est-il besoin de rappeler que la première loi sur les jeux de hasard a été adoptée le 6 Mai 1994. Il s’agit de la loi N°94-020 AN- RM autorisant les paris sur les courses des chevaux, puis le 8 février 1995, la loi N° 95- 014 AN-RM autorisant les jeux de millionnaire du loto sportif à été adoptée.
    En juillet 2003, sous l’impulsion du président ATT, une loi unique comportant 8 articles fut adoptée. La loi N° 03-025 du 21 juillet 2003 autorisant les courses de chevaux et certains jeux de hasard.
    Abdoulaye Niangaly

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