Sale temps pour les voleurs de motos : Battu à mort le jeudi, petit «Djo» inhumé le lundi

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    C’est un fils de Bamako comme les autres voleurs de motos qui l’ont brûlé. Il est mort très jeune.

    Le jeune est du vieux Bamako. Il avait rompu avec sa famille et avec l’école pour aller louer une piaule à deux sous à Lassa où on l’avait surnommé Djo. Il vivait de vols.

    Le jeudi 21 avril dernier, Djo évoluait du côté de la mairie de la commune III du District de Bamako, vers les rails et  Darsalam. Un parking se trouve ici et beaucoup de motos se garent dans les environs du centre de couture contigu à la mairie. Un bon terrain de chasse alléchant en somme.

    Le petit voleur succombe à la tentation ce jeudi fatal en plein journée. Mais, mal lui en a pris. Aux cris «au voleur», Djo fut pris par une foule en colère et battu. L’un des «juges» de la vindicte populaire décréta : «il faut le bruler».

    Mais, heureusement, un policier du rond-point proche fut attiré et plaida la cause du petit presque à genou. Le petit lui fut remis dans un mauvais état. Son père, un homme assermenté, vint (par hasard ou informé) constater les faits, remonta dans sa voiture et partit sans occuper de son fils.

    Le petit fut transporté à l’hôpital dans la difficulté car la famille ne voulait pas mettre son argent dans un voleur qui a refusé l’école et qui a déserté domicile paternel. Le petit voleur vomissait du sang «noir» selon les témoins dont l’un d’eux affirma, «l’âme appartient à Dieu, mais Djo ne peut pas survivre. Ou alors, il ne sera plus rien…».

    Les médecins, selon les témoignages, ont enfoncé un tuyau par la bouche de Djo pour aspirer le sang. Mais, le diagnostic de l’homme de la rue s’avéra d’une cruelle et tragique justesse : Petit Djo n’a pas survécu aux coups !

    Le lundi dernier, le petit voleur rendit l’âme. Son corps quitta la morgue directement pour le cimetière et sans passer par la prière de l’imam. Un autre jeune voleur  de motos, des mêmes environs que Djo, avait été pris du côté de Gabriel Touré et tué. Quelques jours après, un autre a été tué et lui aussi venait de la même commune de la Rive gauche.

    Lutter contre l’application de «l’article 320» celui qui «ordonne» de bruler les voleurs, séance tenante, ne sera pas facile.

    Tientiguiba Danté

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    2 COMMENTAIRES

      • @maliko.Moi je pensais que tu cherchais à comprendre seulement e récit! Moi en tout cas j’ai bien compris son message…le reste c’est une affaire de pro! Si les populations continuent avec l’article 320 là, elles vont brûler des innocents (si ce n’est déjà pas le cas) à la place de vrais malfrats.

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