Comité exécutif de l'Association africaine des services d'emploi publics (AASEP) dont le Mali assure la présidence
Oumou Sall Seck préside la 6e session à Genève
En marge de la 114e session de la Conférence internationale du travail, Mme le ministre de l'Entrepreneuriat national, de l'Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sall Seck, a présidé, le vendredi 5 juin 2026 à Genève (Suisse), les travaux de la 6e session du comité exécutif élargi de l'Association africaine des services d'emploi publics (Aasep).
La cérémonie d'ouverture, organisée au Centre international Cointrin, a enregistré la présence du ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Dr. Fassoun Coulibaly, de Son Excellence M. Gaoussou Cissé, ambassadeur du Mali auprès de la Confédération suisse, du président d'honneur de l'Aasep, ainsi que de Me Kadidia Sangaré, présidente de la Commission emploi et travail du Conseil national de transition.
Dans leurs interventions, plusieurs personnalités, notamment le président d'honneur et la secrétaire exécutive de l'Aasep, la représentante de la présidente de l'Association mondiale des services d'emploi publics (Amsep), ainsi que le directeur général de l'ANPE du Mali, par ailleurs président de l'Aasep et vice-président mondial de l'Amsep, ont salué les importantes avancées enregistrées depuis que le Mali assure la présidence de cette organisation qui regroupe une vingtaine de pays africains.
Au cours de la session, un protocole d'accord a été signé entre l'Aasep et l'Amsep. Ce protocole vise à mobiliser des ressources issues de la Responsabilité sociétale des Entreprises (RSE) auprès de grandes entreprises internationales, notamment celles cotées sur les principales places boursières mondiales, afin de soutenir les initiatives en faveur de l'emploi et de l'insertion professionnelle en Afrique.
La veille, sous le leadership de Mme le ministre Oumou Sall Seck, le directeur général de l'ANPE du Mali avait accordé une interview consacrée aux défis et enjeux de l'employabilité des jeunes en Afrique, aux progrès réalisés par l'Aasep, aux perspectives en cours, aux efforts des chefs d'Etat africains dans la mise en œuvre des politiques publiques en matière d'emploi et de formation professionnelle, ainsi qu'aux innovations technologiques mises au service des demandeurs d'emploi.
Cette 6e session est consacrée à l'examen de plusieurs dossiers stratégiques, notamment les modalités de création d'un cadre de concertation des ministres des pays membres, initiative portée sous la présidence du Mali, les rapports d'activités 2025 et 2026, le budget de l'organisation, ainsi que la certification de la formation des conseillers emploi.
Dans son allocution d'ouverture, Mme le ministre Oumou Sall Seck a transmis à l'assemblée les salutations fraternelles des plus hautes autorités du Mali, Son Excellence le général d'armée Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l'Etat, et le général de division Abdoulaye Maïga, Premier ministre, chef du gouvernement, ainsi que celles du peuple malien. Elle a mis en exergue les efforts déployés pour accompagner les pays membres et les nombreuses initiatives novatrices engagées ces dernières années par l'Aasep en vue d'améliorer l'efficacité des services publics de l'emploi, de renforcer leur capacité d'adaptation aux réalités nationales et de dynamiser davantage les marchés du travail. Dans un contexte marqué par les mutations technologiques et numériques, la forte croissance démographique de la jeunesse africaine et la nécessité d'améliorer les mécanismes d'orientation et d'intermédiation sur le marché du travail, Mme le ministre a notamment cité le programme de développement des emplois verts, l'Académie africaine des services d'emploi publics et son pôle régional, la mise en place d'un secrétariat permanent ainsi que la création d'un cadre de concertation des ministres en charge de l'emploi et de la formation professionnelle, dont la réunion inaugurale est prévue en décembre prochain au Gabon. Mme le ministre Oumou Sall Seck a également salué avec satisfaction la solidarité manifestée par les pays membres de l'Aasep à l'endroit du Mali dans un contexte marqué par certaines distorsions informationnelles visant des pays en transition, notamment ceux de l'AES, au moment où ceux-ci ont souverainement choisi d'assumer leur destin à travers des solutions endogènes au bénéfice de leurs populations.
A travers le dynamisme reconnu de sa présidence de l'AASEP et de sa vice-présidence de l'Amsep, le Mali, sous l'impulsion du ministère de l'Entrepreneuriat national, de l'Emploi et de la Formation professionnelle, confirme son leadership sur les questions d'emploi, de formation professionnelle et de coopération africaine dans ces domaines stratégiques.
La pertinence des résultats obtenus et la qualité des initiatives portées ont ainsi valu au Mali le renouvellement de la confiance des pays membres de l'Aasep pour un troisième mandat, qui se poursuivra jusqu'en 2028.
Indéniablement, le chemin parcouru depuis la première réunion du Comité exécutif tenue à Bamako en 2019 est unanimement salué comme considérable. Affiliée à l'Association mondiale des services d'emploi publics (Amsep), l'Aasep s'affirme aujourd'hui comme un cadre africain de référence pour la promotion de l'emploi, le partage d'expériences et le renforcement des capacités des services publics de l'emploi.
Conférence internationale du travail à Genève :
Le Mali présente sa vision d'un avenir du travail inclusif, innovant et centré sur l'humain.
La déclaration du Mali a été prononcée par le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Fassoun Coulibaly, en présence de sa collègue, Mme Oumou Sall Seck, ministre de l'Entrepreneuriat national, de l'Emploi et de la Formation professionnelle, ainsi que des représentants du gouvernement, des employeurs et des travailleurs du Mali. Ci-dessous, la synthèse de l'intervention du Mali sur les rapports du directeur général et de la présidente du conseil d'administration de l'OIT.
Dans le cadre de la 114e session de la Conférence internationale du travail, qui se tient actuellement à Genève, en Suisse, le gouvernement du Mali a livré, cet après-midi au Palais des Nations, une importante déclaration à l'occasion du débat général consacré aux rapports du directeur général du Bureau international du travail et de la présidente du conseil d'administration de l'Organisation internationale du travail (OIT). La déclaration du Mali a été prononcée par le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Fassoun Coulibaly, en présence de sa collègue, Mme Oumou Sall Seck, ministre de l'Entrepreneuriat national, de l'Emploi et de la Formation professionnelle, ainsi que des représentants du gouvernement, des employeurs et des travailleurs du Mali.
Dans son intervention, le ministre Fassoun Coulibaly a souligné que l'examen du rapport du directeur général, intitulé "A l'heure des choix : mettre l'intelligence artificielle au service du travail décent", renvoie directement aux engagements contenus dans la Déclaration du Centenaire de l'OIT pour l'avenir du travail. Il a rappelé qu'en 2019, la Conférence internationale du travail s'était engagée à façonner l'avenir du travail selon une approche centrée sur l'humain.
Le ministre a indiqué que le développement rapide de l'intelligence artificielle et de la numérisation soulève d'importants défis en matière de gouvernance, d'éthique et d'inclusion. A cet égard, il a plaidé pour un renforcement des institutions publiques et du dialogue social afin de prévenir l'aggravation des inégalités et de la fracture numérique. Selon lui, une gouvernance efficace de cette transformation constitue une opportunité majeure pour la création d'emplois décents et durables.
Présentant les efforts engagés par le Mali, le ministre a rappelé que l'adoption de la Vision Mali Kura 2063 ainsi que de la Stratégie nationale pour l'émergence et le développement durable (Snedd) 2024-2033 traduit la volonté du gouvernement de renforcer le capital humain, de promouvoir l'emploi décent et de réduire la fracture numérique. Il a également souligné que la digitalisation des services publics demeure une priorité nationale, illustrée notamment par la mise en œuvre du système Trésor-Paie. Le ministre Fassoun Coulibaly a ensuite mis en lumière plusieurs réformes majeures engagées par le gouvernement pour répondre aux défis de l'emploi et du développement des compétences. Il a notamment cité : l'adoption de la Stratégie nationale de l'entrepreneuriat et de son plan d'actions 2026-2030 ; l'élaboration du Programme à impact rapide pour la réduction du chômage et la relance de l'emploi ; la finalisation d'une nouvelle Politique nationale de l'emploi ; l'élaboration d'une nouvelle Politique nationale de formation professionnelle ; la mise en œuvre des recommandations du Salon international de l'entrepreneuriat de l'AES et du Symposium national sur l'accroissement des opportunités d'emploi au Mali.
Il a également évoqué les avancées enregistrées dans le domaine de la formation professionnelle et de l'insertion socio-économique, notamment : la construction, la réhabilitation et l'équipement de neuf centres de formation professionnelle ; l'élaboration en cours d'un cadre national de certification ; la mise en œuvre des chantiers-écoles à haute intensité de main-d'œuvre (Himo) ; la réalisation d'une étude nationale sur la transition de l'économie informelle vers l'économie formelle.
Abordant la question du dialogue social, le ministre a rappelé les progrès réalisés dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte de stabilité sociale et de croissance, signé le 25 août 2023 sous la haute présidence de Son Excellence le général d'armée Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l'Etat.
A ce titre, il a mis en exergue plusieurs acquis majeurs, notamment : le renforcement du secteur privé ; l'adoption de la Politique nationale de sécurité et santé au travail et de son plan d'actions 2025-2029 ; la revalorisation progressive du point d'indice des fonctionnaires, qui passera de 400 à 470 F CFA à l'horizon 2030 ; l'adoption d'un nouveau Statut général des fonctionnaires instituant notamment une indemnité de départ à la retraite, un congé de paternité et une réduction du nombre d'échelons de la grille salariale ; l'extinction des procès-verbaux de conciliation ; l'organisation prochaine des élections professionnelles ; l'élaboration en cours du Programme pays pour le travail décent (PPTD) 2026-2030.
S'agissant de la protection sociale, le ministre a indiqué que le Mali a réalisé, au cours de l'année 2025, plusieurs études stratégiques en vue de la mise en place d'un socle national de protection sociale, conformément à la Recommandation n°202 de l'OIT.
Ce dispositif vise à renforcer la résilience des populations, à réduire la vulnérabilité et l'exclusion sociale, tout en garantissant une protection minimale aux différentes catégories de la population.
Enfin, le ministre Fassoun Coulibaly a informé la Conférence de la création de l'Observatoire pour la paix et la réconciliation nationale, une initiative destinée à consolider la paix, renforcer la cohésion nationale et préserver les acquis de la souveraineté retrouvée du Mali.
Par cette intervention, le Mali a réaffirmé son engagement en faveur d'un monde du travail plus juste, inclusif et résilient, fondé sur le dialogue social, l'innovation, le développement du capital humain et la promotion de l'emploi décent. La déclaration malienne a été favorablement accueillie par plusieurs délégations, qui ont salué les réformes engagées ainsi que la vision portée par les autorités maliennes pour relever les défis du travail dans un contexte de profondes mutations économiques et technologiques.