Droit de l’Homme : IPAO et ASF/ Mali forment 20 acteurs défenseurs des droits humains en techniques de plaidoyer et de mobilisation citoyenne
Dans le cadre leur projet conjoint de renforcer l'Espace Civique et Promouvoir les Droits Humains au Mali (ECDH), l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO), et Avocats Sans Frontières Mali organisent un atelier de formation en techniques de plaidoyer et de mobilité citoyenne du 20 au 22 novembre 2025 à Bamako.
Cet atelier vise à renforcer les capacités de 20 jeunes défenseurs des droits humains, des activistes , blogueurs et des leaders religieux et traditionnels en développement de stratégies de plaidoyer et de mobilisation citoyenne, en vue de promouvoir les droits humains, la liberté d'expression, et la participation active à la vie démocratique du Mali.
Le projet ECDH vise à renforcer, de façon significative, l'État de droit et les libertés fondamentales au Mali, en adoptant une approche holistique. II se concentre sur la promotion de l'espace civique, en offrant une formation pratique aux journalistes et aux activistes, en les dotant des outils nécessaires pour défendre les droits humains et la liberté d'expression. Parallèlement, il sensibilise les décideurs politiques et les autorités judiciaires sur l'importance de l'État de droit et des libertés fondamentales pour une société démocratique. De plus, le projet facilite l'accès à la justice, en particulier pour les femmes, les jeunes, les activistes et les journalistes.
Pour Birame FAYE, Coordonnateur Régional Mediaş à IPAO, l’'atelier qui durera 3 jours sera interactif par des exposés théoriques avec la contribution d’experts, les participants partageront leurs expériences et de co-construire des solutions. De sessions pratiques (exercices pratiques, simulations) permettront de mettre en situation les participants et de les amener à mesurer les défis en matière de plaidoyer.
En croire Me Doumbia, Président Avocats Sans Frontières Mali depuis plus d’une décennie, le Mali est confronté à des crise sécuritaire, politique et humanitaire. Parallèlement, les restrictions de l'espace civique se sont renforcées, avec des arrestations arbitraires, des fermetures et intimidations de médias, la suspension des partis politiques, etc. Entre 2012 et 2025, le Mali est passé de 99e à 119e place dans le classement de Reporters Sans Frontières. De plus, la marginalisation des femmes et des jeunes, ainsi que les dysfonctionnements du système judiciaire, contribuent à une atmosphère alarmante d'exclusion et d'injustice. Plusieurs rapports relatifs à la situation des droits humains pointent du doigt une dégradation continue de l’exercice des libertés publiques au Mali Par ailleurs, les femmes, les jeunes et les leaders religieux, bien qu'étant des acteurs clés dans leurs communautés, manquent souvent des compétences et des outils nécessaires pour s'engager efficacement dans le plaidoyer et la mobilisation citoyenne. Ces lacunes limitent leur capacité à influencer positivement les politiques publiques et à protéger les espaces civiques contre les restrictions croissantes. Plusieurs facteurs contribuent à cette situation : un accès limité à l'éducation formelle et à des programmes de formation sur le plaidoyer et la faible capacité des défenseurs des droits humains à s'engager efficacement dans des discussions politiques et des décisions qui les concernent. De plus, les normes socioculturelles affectent la participation des femmes et des jeunes dans des rôles de leadership, limitant ainsi leur voix dans des processus de prise de décision. Enfin, l'absence de réseaux solides et de partenariats avec d'autres organisations restreint les opportunités d'apprentissage et de collaboration entre les différents acteurs. La faible participation des femmes, des jeunes et des leaders religieux dans les processus décisionnels au Mali affaiblissent considérablement l'efficacité de leurs efforts de plaidoyer pour défendre leurs droits. Ils sont souvent exclus des espaces de prise de décision politique et communautaire, en raison de normes socioculturelles restrictives. Cette marginalisation affaiblit leur capacité à contribuer pleinement au développement de leurs communautés, car les programmes et les politiques mis en place ne reflètent pas leurs besoins spécifiques, limitant leur impact et leur durabilité à long terme.
En réponse à ce contexte, le Président ASF/Mali dira que le consortium Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO), Article 19 Afrique de l’Ouest et Avocats Sans Frontières Mali mène un projet intitulé « Renforcer l'espace civique et promouvoir les droits humains au Mali : Vers une société démocratique et inclusive » (ECDH). Ce projet, d’une durée de 3 ans, est soutenu par l’Union Européenne. L’initiative vise à renforcer l'État de droit et les libertés fondamentales au Mali, en adoptant une approche globale qui favorise l'espace civique, la liberté d'expression et l'accès à une justice équitable. L’un des objectifs spécifiques (OS1) de ce projet est le renforcement des compétences des acteurs clés dans la défense de l'espace civique et des libertés fondamentales. Ce présent atelier s’inscrit ainsi dans cette dynamique.
Bokoum Abdoul Momini/maliweb.net