Pour remettre ses clients dans leurs droits : La Sifma-SA a démoli une dizaine de maisons et va porter plainte contre des maires et la Préfecture de Kati

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Plus d’une dizaine de maisons ont été démolies, mardi  dernier, par la Sifma-SA sur son site de Missabougou derrière l’hôpital du Mali, suite à une décision de justice. “Sur cette affaire la justice n’a pas transigé et a été très claire par rapport à notre droit de propriété sur le domaine, mais malgré tout nous avons privilégié la négociation, chose que certains occupants ont réfuté catégoriquement donc force devrait rester à la loi. Ce qui a abouti à la démolition”. Ce sont les premiers mots du premier responsable de la Sifma-SA, Mamadou Guedjouma Coulibaly, après le passage des bulldozers sur les maisons concernées.

L’espace en question, faut-il le rappeler est situé juste derrière l’hôpital. A en croire le premier responsable de la Sifma-SA, Mamadou Guedjouma Coulibaly, ces parcelles sont des titres fonciers de leur société issus d’un titre-mère de l’Etat du Mali à savoir  le TF 4482 de Bamako qui a été créé le 1er juin 1982, avec une contenance initiale de 770 hectares. Ce même titre-mère  (4482), a-t-il ajouté, provient d’un TF colonial, le TF 239 immatriculé le 25 mai 1918.

“Nous avons eu l’autorisation de lotissement depuis octobre 2004. Et nous avons viabilisé la zone afin de vendre les parcelles à nos clients dont des Maliens de l’extérieur. Mais à notre grande surprise, nous avons vu des gens sur le même site faire des réalisations sous prétexte qu’ils auraient eu les parcelles à partir des morcellements de la mairie du district de Bamako et de la commune VI” a regretté le patron de la Sifma-SA. Avant de poursuivre qu’aussitôt après ce constat, leur société a attaqué les documents délivrés par les maires au niveau du tribunal administratif.

“Cette juridiction a annulé toutes les attributions faites par ces maires. C’est partant de cela que nous avons commencé un long feuilleton judiciaire qui a duré plus de 15 ans, mais j’ai pris soin d’informer tous ceux qui ont eu des parcelles dans ces zones de faire attention car nous savions que même si c’est 100 ans après nous, un jour ces concessions illicites seront démolies car ce sont nos propriétés qui ont été vendues à d’autres Maliens comme eux”, a ajouté notre interlocuteur.

Pour lui, toutes les voies de recours ont été épuisées, même le rabat d’arrêt. “Nous avons notre grosse d’expulsion et de démolition depuis plusieurs années, mais malgré tout nous avons toujours privilégié la négociation.

Certains ont compris et ont coopéré, par contre d’autres nous ont traité avec mépris. Pendant ce temps, la Sifma-SA est aussi attaquée par ses clients qui ont acheté ces parcelles et la société était même sous astreinte. Et la seule solution était la démolition des maisons de ceux qui n’ont pas obtempéré” a-t-il précisé.

Une dizaine de maisons devenues des tas de gravats

C’est partant de cette situation qu’environ 150 gendarmes et gardes ont investi l’endroit dans la matinée de mardi dernier, avant que les bulldozers ne rasent  une dizaine de maisons dont un étage de deux niveaux habité (appartenant à un cadre de la Minusma), des villas et des soubassements.

“Nous sommes surpris par cette opération de démolition qui est injuste car nous avons tous les documents en la matière délivrés par les autorités compétentes. Personne ne nous a donné une sommation ou quoi que ce soit”, nous a confié un propriétaire d’une cinquantaine d’années. Sur le champ, ces arguments ont été battus en brèche par un gendarme qui a infirmé ces propos.“Ils ont été tous été informés de la démolition et nos éléments ont été menacés avec des armes par les occupants lorsqu’ils assuraient la protection de ceux qui étaient chargés de la remise de ces sommations”, a confirmé l’agent de sécurité.

En tout cas, pour le Pdg de la Sifma-SA, cette opération n’est qu’une première phase car ces occupations illicites ont causé, selon lui, un préjudice important à leur structure et aux clients.

“C’est pourquoi nous allons réclamer réparation à l’ex maire de la commune VI, Souleymane Dagnon, à la mairie du District et à la Prefecture de Kati”, a révélé le patron de la Sifma-SA. Il faut rappeler que depuis 2015-2016, la Cour suprême avait donné carte blanche à la Sifma-SA pour procéder audéguerpissement-démolition.

              Kassoum THERA

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