SIBIRIBOUGOU (COMMUNE VI) : La terre appartient aux ancêtres

Selon les coutumes africaines, les terres appartiennent aux ancêtres qui les léguaient à leurs lignées. Elles étaient distribuées et exploitées en respect des règles fixées par eux, explique Broulaye Diarra, chef coutumier à Sibiribabougou en Commune VI...

28 Juillet 2006 - 14:29
28 Juillet 2006 - 14:29
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Selon les coutumes africaines, les terres appartiennent aux ancêtres qui les léguaient à leurs lignées. Elles étaient distribuées et exploitées en respect des règles fixées par eux, explique Broulaye Diarra, chef coutumier à Sibiribabougou en Commune VI.

« Les terres, ici à Sibiribabougou, appartiennent aux ancêtres qui s’y sont établis les premiers. Elles étaient accessibles à tous parce que distribuées équitablement entre les différentes familles et communautés sans contrepartie financière. La responsabilité de la distribution des terres revenait aux chefs coutumiers et aux chefs de villages. Il arrivait que ces responsables du village, dans le désir de voir s’agrandir le village, n’hésitaient même pas à donner un lopin de terre à des fins d’exploitation agricole et d’habitat à l’étranger venu pour s’y installer définitivement »

Le processus d’acquisition de la terre était simple et rapide, note Broulaye. Il suffisait à l’étranger désirant s’installer dans le village de solliciter l’accord des chefs coutumiers qui, après concertation, délimitait une superficie au demandeur. Il revenait au demandeur d’apporter les quelques noix de colas, de la volaille ou encore des caprins ou ovins.

Autres règles à observer par le demandeur de terre : le respect strict des coutumes d’exploitation, qui varient selon les coutumes et les contrées, dit-il. Ces interdits sont, entre autres, la coupe de certains arbres notamment le rônier, le baobab.

Une fois, la terre acquise, il était aussi formellement interdit de la vendre. Cependant, elle pouvait être loué moyennant quelques kilogrammes de céréales à la fin des récoltes. Une fois ces formalités remplies et acceptées, il ne restait plus à l’étranger que d’exploiter son lopin de terre ou bâtir sa maison. Selon notre interlocuteur, de nos jours, cette pratique de cessation de terres demeure encore, mais elle s’étiole de jour en jour.

Notre interlocuteur regrette que la terre soit de nos jours l’objet de différentes spéculations foncières, d’enrichissement personnel. Selon lui, le manque de terres dans certaines de villes est dû au fait qu’une minorité s’accapare de vastes étendues à travers les titres fonciers. Une notion, commente-t-il, qu’on ne connaissait pas avant l’arrivée du colonisateur.

Denis Koné , témoigne Broulaye.