À la rencontre du héros de «Radisson blu» : «Hélas, Hawa est morte dans mes bras ! »

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«Je ne suis pas un héros !  Vous aussi, aurez certainement fait la même chose… Et puis après tout, d’autres sur place ont également risqué leur peau pour sauver des vies…». De son vrai nom Amadou Dembélé, ses intimes des quartiers Koulouba et Médina-Coura dans le District de Bamako le surnomment «Zôtô». Il est Brigadier (Caporal) des FAMAs, membre du Bataillon Sport et Vice-champion du Mali en lancer de javelot. Nous l’avions rencontré.

C’est au quartier Médina-Coura en commune II du District que nous l’avions rencontré mardi dernier, soit 72 jours après les tristes  événements de l’Hôtel Radisson. Rencontré ? Disons plutôt, presque ! Par modestie ou craignant certainement une réaction de la hiérarchie surtout en ces temps qui courent, notre interlocuteur ne s’est nullement  montré bavard. Mais les membres de son  «Grin» sur la fameuse  «Rue 14» ne se sont pas privés.

Le jeune-homme est de la trentaine et bien solide. Sportif dans l’âme, il est vice-champion du Mali en lancer de javelot. Ce vendredi noir, il ne faisait officiellement  pas partie des éléments des forces spéciales envoyés sur le terrain. En tenue correcte, il passait là quand un personnel de l’Hôtel en fuite le mit au parfum et demanda son assistance. L’homme qui avait précipitamment quitté l’Hôtel ne put donner d’explications précises. «Dans la cuis… cuisine… la cuisine ! », continuait-il à marmonner avant de poursuivre son chemin en courant. C’est certainement le mot «cuisine» qui resta dans la mémoire du Soldat. Sur les lieux, il fonça  dans le tas à la recherche de… la cuisine !

Des clients de l’Hôtel et personnel avaient trouvé refuge là. Le fuyard n’avait donc  pas tort.  Gisaient, en effet là, des corps sans vie et des blessés en sang grièvement atteints par balles. Zôtô ne se posa pas trop de question. Il fallait les évacuer de là avant que les agresseurs ne les découvrent et achèvent leur sale besogne. Il commença donc à les transporter sur son dos (la photo a fait le tour du monde). Le premier blessé avait perdu beaucoup de sang. Il fallait donc faire vite. Une fois cette victime mise en lieu sûr, il s’engouffra encore dans l’Hôtel, toujours dans la cuisine. Une femme était là, baignant dans son sang. Il la prit et courut et rejoint l’extérieur. Mais hélas, la malheureuse n’était plus de ce monde.

Est-elle morte dans vos bras, avions-nous demandé ? «Hélas ! », marmonna-t-il comme toute réponse. La victime répondait au nom de Hawa et ce sont les complaintes des autres membres du personnel qui permirent de le savoir : «Ils ont tué Hawa ! », ne cessaient-ils de dire. Hawa était serveuse à l’hôtel Radisson.

«Et savez-vous que vous êtes un héros», le taquinons-nous dans le but de le faire parler ? Et bingo !

«Je ne crois pas… Vous aurez certainement fait la même chose … Et puis après tout, d’autres sur place ont également risqué leur peau pour sauver des vies…», lança-t-il avant de s’en aller !

Modeste, certes ! Mais seulement, lui Amadou Dembélé dit Zôtô n’était pas armé et n’était pas obligé d’intervenir à la différence des «autres» et à la seule demande d’un rescapé fuyard ! Là commence l’héroïsme ! Il mérite bien respect et reconnaissance aussi bien pour son mérite que dans le souci de motiver les autres, civils et militaires. Les sociétés ont besoin de héros auxquels elles s’identifient.

B.S. Diarra

 

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6 COMMENTAIRES

  1. depuis le début de l’année combien de personnes ont elles été tuées lors d’attentats islamistes dans le Monde ???? difficile de faire l’addition ,et il n’y a pas un mort qui vaut plus qu’un autre ,une vie humaine reste une vie humaine quelque soit la race ou la nationalité . Cette jeune Hawa est morte et Amadou ne l’a pas sauvé ,voilà tout meme si son geste partait d’une bonne intention .

  2. Trop amateur, n’encourageons personne à agir de la sorte dans des situations pareilles.

  3. Ce n’est que de le récit d’une invraisemblable a légende. Cette narration est qu’un montage grotesque . Votre héros aurait dû se taire que de vous raconter ragots.

  4. On ne peut faire d’omelettes sans casser des oeufs!
    Pour la réussite d’une mission, il faut toujours que quelqu’un aille tirer les marrons dans du feu!

  5. Sans être rabat-joie, ce monsieur a peut être l’instinct d’être serviable, mais objectivement a t-il été raisonnable. Il s’agissait d’un attentat et les terroristes n’étaient pas encore clairement identifiés: ni leur nombre, ni leur position dans le bâtiment. Quelle idée de transporter les gens sur son dos, des personnes non physiquement blessées. Cela aurait pu au contraire faciliter la tâche à un tireur embusqué. Bref, oui on a senti le courage, mais on a aussi senti hélas le grand amateurisme. Désolé de voir les choses comme ça, mais ce sont les faits. J’espère que les responsables sur la question sécuritaire oseront une analyse moins subjective sur le déroulement des choses pour que les choses s’améliorent. Vive le Mali.

  6. Si ces faits sont avérés, la moindre des recompenses qu’on doit lui décerner, c’est la médaille de sauvetage

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