Attaques du 25 avril : Peur, colère et risques d’amalgame
La population malienne a vécu un moment de trouble et d’angoisse face aux attaques simultanées qui ont frappé plusieurs villes et régions militaires.
Michel Dara témoigne : « J’ai vécu cette attaque comme tout bon Malien. Avec peur, tristesse mais surtout avec une rage et un sentiment d’impuissance. ».
« Quand on entend que plusieurs villes du pays sont touchées, on pense d’abord à sa famille, à ses proches et à sa propre sécurité. Cela crée un choc et une peur, surtout quand la menace se rapproche de la capitale », Un autre citoyen souligne l’impact immédiat :
Au-delà de l’émotion, certains dénoncent un manque de communication officielle. Mohamed Islantou regrette : « Après l’attaque, il y a eu un silence de la part du gouvernement. Aucun communiqué ni sortie publique pour rassurer la population et montrer la présence de l’État. »
Ce vide informationnel a contribué à amplifier les rumeurs et l’inquiétude.
Dans la confusion, des réactions dangereuses ont émergé. Alice Dakouo alerte : « Certaines personnes ont décidé de se faire justice elles-mêmes en s’en prenant à ceux qu’elles pensent être des terroristes. Mais cette réaction sur fond d’amalgame est très dangereuse. Des innocents peuvent être accusés et même tués sans preuve».
Un autre citoyen ajoute que la peur et la colère poussent parfois à des généralisations abusives : « Certains accusent des personnes sur la base de leurs traits physiques, souvent des Peulhs ou des Touaregs, ce qui crée des tensions et des injustices ».
Les attaques ne laissent pas seulement des dégâts matériels ou un climat de peur. Elles engendrent aussi des réactions rapides, parfois injustes, qui menacent la cohésion sociale. Lorsque l’émotion prend le dessus, l’amalgame s’installe facilement, au risque de fragiliser davantage une société déjà éprouvée.
Marie Augustine Togo
(Stagiaire)