Meurtre de deux journalistes de RFI au Mali en 2013 : le premier témoignage d’un officier français

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« J’ai un geste de rage, car je comprends qu’ils sont morts » : le témoignage inédit d’un officier français sur le meurtre de deux journalistes de RFI au Mali en 2013

Le chef du détachement de liaison de l’armée française à Kidal a été entendu par le juge d’instruction du pôle antiterroriste, Jean-Marc Herbaut, chargé de l’enquête. « Le Monde » a pris connaissance du contenu de cet échange.

C’est un témoignage de grande importance : celui d’un officier français qui a tenté en vain de sauver les journalistes de Radio France Internationale (RFI), Ghislaine Dupont et Claude Verlon, enlevés et tués par des hommes liés à Al-Qaida, le 2 novembre 2013 à Kidal, au Mali. Le lieutenant-colonel S. a été auditionné en juin par le juge d’instruction du pôle antiterroriste Jean-Marc Herbaut, chargé de l’enquête. Le Monde a pris connaissance du contenu de cet échange.

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Fin 2013, S. commande le détachement de liaison et d’appui (DLA) de l’armée française présent à Kidal avec « 26 hommes, 5 véhicules de l’avant blindés (VAB) et 1 petit véhicule protégé » dans le cadre de l’opération « Serval » – 2 800 soldats à l’époque. Dans la grande ville touareg du Nord stationne aussi un bataillon de la force de l’ONU au Mali, la Minusma, protégé par une compagnie d’infanterie française.

« Le DLA est la première force arrivée sur les lieux du crime », selon l’officier S.

Ce 2 novembre, les reporters de RFI sont kidnappés en ville vers 13 heures, en sortant du domicile d’un chef touareg, Ambéri Ag Rhissa, qu’ils viennent d’interviewer. L’officier S. affirme être alerté une demi-heure plus tard, à 13 h 30. Puis être arrivé le premier, à 14 h 25, sur les lieux du drame, à 10 km de Kidal vers l’est, sur la route de Tin-Essako. Il découvre alors les deux reporters gisant près du véhicule des ravisseurs, à l’arrêt. « J’ai un geste de rage, car je comprends tout de suite que les deux journalistes sont morts. » Au magistrat instructeur, il assure : « Le DLA est la première force arrivée sur les lieux du crime. »

De nouveaux détails

Cette version s’oppose à l’enquête publiée par la rédaction de RFI en juillet 2019, qui évoque la présence d’un hélicoptère des forces spéciales. La radio a révélé que ce sont ces dernières, présentes à Kidal dans le cadre de la mission « Sabre » avec l’unité du commandant « Charles » (un surnom), qui se sont lancées aux trousses des ravisseurs dans les premières minutes. C’est en effet « Charles » que le chef Ag Rhissa a prévenu en premier, à 13 h 10. Le militaire a averti aussitôt la Minusma pour qu’elle boucle les sorties de la ville, a précisé RFI. Les hommes de « Charles » ont bondi dans leur 4 × 4 et, selon la radio, seraient partis avec un hélicoptère.

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