Terrorisme et pauvreté, quel degré de corrélation

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Le forum de Dakar est réussi, mais s'achève sur un échange houleux
Le premier Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique (photo archives)

A la réunion des dirigeants africains qui s’est tenue récemment à Dakar sous l’égide du Président sénégalais, on a longuement dialogué sur le terrorisme en Afrique subsaharienne et dans le monde. Les organisateurs se sont beaucoup appesantis sur la pauvreté comme cause principale du terrorisme. Ce qui signifie à contrario qu’il suffit d’annihiler la pauvreté pour mettre fin au terrorisme.

Cette analyse des causes du terrorisme est incomplète vu les hommes et les femmes qui s’engagent dans le terrorisme. Peut-on dire que feu Ben Laden est devenu terroriste par pauvreté comme tant d’autres que l’on qualifie de terroristes. D’aucuns ne peuvent nier que la pauvreté et la précarité sont les unes des causes du terrorisme mais pas les seules.

L’homme ne vit pas seulement de faim et d’eau. D’autres éléments entrent dans sa rébellion contre le monde capitaliste. L’inégalité, le racisme et la discrimination, le népotisme, l’ignorance et l’injustice sociales sont aussi importants que la pauvreté et la précarité matérielles.

Nos sociétés actuelles sont caractérisées par des maux qui heurtent toutes les victimes de ces dysfonctionnements sociaux ” ce qui poussent la plupart à se réfugier dans la religion qui constitue un exécutoire pour eux “. C’est pourquoi, tant que ces maux existent, le taux de croissance à trois chiffres ne mettra pas fin au terrorisme.

L’injustice sociale, le népotisme, le pillage, le gaspillage des ressources communes au profit d’un clan ou d’une communauté répressive conduiront une partie du peuple à entrer en rébellion contre les pouvoirs en place.

La réunion des dirigeants africains à Dakar n’a analysé aucun de ces maux qui minent les pays africains et le monde. De ces faits, aucun de ces pays n’est à l’abri du terrorisme. La cupidité, les comportements négatifs des dirigeants africains sont des terreaux au terrorisme.

La réunion incessante à coûts de millions d’argents n’aboutissent à aucun résultat positif.

Les peuples et les fonds soi-disant secrets que les uns et les autres s’octroient sur les deniers publics et les réunions et voyages, où le bavardage et les approximations l’emportent sur les affaires des peuples, en sont les preuves de la désinvolture des dirigeants africains envers leurs peuples. Ces fonds détournés, s’ils étaient investis dans les domaines sociaux (santé, éducation, …) contribueraient à réduire largement la pauvreté et la précarité et éviteraient beaucoup de femmes et de jeunes à s’engager dans la rébellion.

A ces maux, s’y ajoutent l’inféodation des dirigeants africains, les néocolonialismes occidentaux. Ainsi, très peu de capitaux résultant les efforts des travailleurs africains restent en Afrique. La majeure étant transférée en Occident. C’est pourquoi, nonobstant le taux de croissance ronflant, aucun décollage économique et social n’est amorcé dans ces pays. Il ne peut y avoir de développement sans croissance interne continue auto-entretenue et repartie dans la justice sociale. L’Afrique ne s’est pas résolument engagée dans cette voie. Elle a toujours crié à la victime. Elle a toujours crié à la rébellion sans aucun effort de s’en sortir. En se basant aux constats, elle s’est fi aux diagnostics. Ce qui l’empêche d’entreprendre toute thérapeutie à ces maux. Elle a procédé de la même manière et adopté la même méthode lors de la réunion de Dakar. Il est clair que cette réunion n’aboutira à aucune solution concrète. De ce qui précède le degré de corrélation entre pauvreté et rébellion est inférieur à 1.

 

Tiécoro Diakité – Docteur en Economie du Développement (Paris I) – Diplômé expertise comptable (Paris I)

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1 commentaire

  1. NON je ne suis pas d’accord la LIBYE n’est pas un pays pauvre et L’IRAQ non plus ces les gens des voyous et des criminels c’est tout .

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