Transition et crise sécuritaire : Le péril terroriste sème la désolation dans le pays

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L’on avait pensé qu’avec l’avènement des militaires à la tête de l’Etat et de l’appareil administratif à divers endroits, le climat sécuritaire du pays allait s’améliorer significativement. Après, un an de transition, le constat est plutôt décevant.

-maliweb.net- Si l’on avait reproché au régime IBK de ne pas avoir suffisamment agi pour juguler la crise sécuritaire, l’on avait espéré que les colonels putschistes devraient prendre le taureau par les cornes pour faire reculer le péril terroriste. Mais, plus d’un après l’avènement du régime des colonels, Assimi Goïta et ses frères d’armes semblent…se chercher. C’est un saupoudrage qui a été orchestré à Farabougou, dans le cercle de Niono, où le colonel chef de l’Etat s’est rendu en chef des opérations militaires, mais sans aucun succès. Ce n’est qu’un arrangement prohibitif de certaines libertés qui a été finalement signé sous l’égide du Haut Conseil islamique pour un semblant de paix ou plutôt un calme précaire… Idem pour les blocus terroriste de Dinangourou, de certaines localités de Djenné, dans la région de Mopti. Ici et là, les populations sont malmenées et contraintes à fuir leurs habitations sous les sévices et violences des terroristes et extrémistes de tout acabit. Pendant ce temps, les dirigeants, sous le leadership des officiers de l’armée semblent simplement prendre plaisir au confort de rutilants véhicules 4×4 et bureaux climatisés pour des réunions interminables sans impact majeur sur le quotidien des populations meurtries et traumatisées.

C’est par rapport à cette situation inquiétante que le parti pour la renaissance nationale (PARENA) vient de publier son mémorandum appelant le chef de l’Etat à prendre la juste mesure du drame que vit la population à divers endroits du territoire national. « Il ne se passe un seul jour sans qu’un drame ne se produise quelque part sur le territoire: villages assiégés, villageois expulsés de leurs foyers, champs brûlés, enlèvement de milliers de têtes de bétail, ponts et puits dynamités, policiers exécutés, exactions en tous genres contre les civils, attaques contre les détachements et convois de l’armée, militaires et donsos tués. Le sang coule presque chaque jour au Mali (Marébougou/Djénné, Siby-Niono, Songo, les villages de la plaine de Sabalibougou », lit-on dans le document. Cette description, qui peint la réalité de la situation aujourd’hui sur le terrain, suscite des interrogations. Qu’est-ce que le pouvoir militaire fait concrètement pour reculer cette invasion de terroristes ? Depuis la prise du pouvoir par le Colonel Assimi Goïta et ses amis, quelle partie du territoire hier occupée par ces hordes de jihadistes est aujourd’hui reprise sous le contrôle de l’Etat ? Rien ? Quel aura été l’apport des aéronefs acquis récemment pour l’Armée de l’air pour nettoyer les nids de terroristes qui sèment la terreur dans le pays ? L’absence de réponse à ces questions conforte le PARENA à peindre un tableau très noir du bilan sécuritaire des colonels Assimi Goïta, Sadio Camara, le ministre de la Défense et autres. « Les populations sont abandonnées à elles-mêmes dans les cercles de Niono, Ké-Macina, Ténenkou, Youwarou, Djenné et dans des secteurs entiers du cercle de Mopti. Sur « le Plateau », les cercles de Bandiagara, Bankass, Douentza et Koro ploient sous la loi des Katiba du Macina et Serma ».

Avec cette situation qui frôle la désolation et la déception totale, l’on se demande si le régime des colonels pourra, même en deux ou trois ans, faire recul le péril terroriste et laisser le payss dans un état plus sécurisé que celui dans lequel ils l’avaient trouvé. Et c’est cela qui inquiète une partie de la classe politique qui estime que les auteurs du coup d’Etat d’août 2020 n’avaient que la boulimie du pouvoir. « Ils sont incapables de mieux gouverner et ne sont mus que par des intérêts et des règlements de compte politiques » ; confient des responsables du Caadre d’échange des partis et regroupements politiques pour une transition réussie. Ceux-ci ne cessent alors d’exiger la tenue, à brève échéance des élections générales, pour transmettre le pouvoir à des autorités élues susceptibles de remettre le pays sur les rails. Non sans avoir travaillé sérieusement à nettoyer la vermine terroriste qui l’a dangereusement infecté.

Boubou SIDIBE

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