Ce qu’il faut savoir avant le début des négociations entre Iran et États-Unis

21 Juin 2026 - 21:13
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Ce qu’il faut savoir avant le début des négociations entre Iran et États-Unis

Les négociations de paix entre les États-Unis et l’Iran doivent s’ouvrir dimanche en Suisse en vue de mettre fin durablement à la guerre qui oppose ces deux pays. La délégation iranienne est arrivée avant celle prévue du vice-président américain. Des discussions “préparatoires” ont commencé dès samedi entre diplomates, selon Berne. Le ministère iranien des Affaires étrangères a ensuite annoncé la tenue de discussions “techniques” dimanche entre Iraniens et Américains, en présence de représentants du Qatar et du Pakistan, pays médiateurs.

Les négociateurs de Téhéran sont arrivés samedi soir en Suisse, selon le ministère suisse des Affaires étrangères. Parmi les membres de la délégation figurent le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf (également président du Parlement), le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati, a annoncé la télévision d’État iranienne. Côté états-unien, le vice-président américain JD Vance doit rejoindre l’émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, pour mener ces discussions.

Le protocole d’accord signé mercredi entre les parties prévoit le lancement de tractations d’une durée de 60 jours en vue de parvenir à un accord final. Ces pourparlers seront centrés sur le programme nucléaire iranien. Fin mai, Israël - qui ne prend pas part aux discussions en Suisse mais dont le comportement au Liban est scruté, Téhéran insistant pour que cet accord de paix régional englobe la fin des hostilités contre son allié libanais Hezbollah - avait déclaré que “tout accord final avec l’Iran devait éliminer entièrement la menace nucléaire. Cela signifie démanteler les installations d’enrichissement d’uranium de l’Iran et retirer de son territoire les matières nucléaires enrichies”.

Protocole “en danger”

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a néanmoins prévenu samedi les États-Unis que le protocole serait “en danger” si ses clauses n’étaient pas appliquées rapidement, une allusion à la situation au Liban où les affrontements se sont poursuivis entre Israël et la milice chiite Hezbollah. Le protocole prévoyant une fin des hostilités sur l’ensemble des fronts, y compris au Liban, Téhéran a donc encore insisté sur ce dernier point.

En représailles aux attaques israéliennes des derniers jours au Liban, Téhéran a annoncé samedi “fermer” à nouveau le détroit d’Ormuz. L’armée iranienne a également menacé “d’autres mesures” si nécessaire “pour contraindre l’ennemi à respecter ses obligations” contractées dans le protocole d’accord.

De son côté, Donald Trump a menacé d’appliquer un péage dans le détroit en cas d’échec des discussions avec l’Iran. “Il n’y aura AUCUN PÉAGE dans le détroit d’Ormuz pendant les 60 jours de la période de cessez-le-feu, et il n’y aura AUCUN péage après l’expiration de la période de 60 jours, à moins qu’il ne soit imposé par les Etats-Unis d’Amérique, si un accord n’était pas trouvé, pour les services rendus comme ange gardien des pays du Moyen-Orient et à des fins de remboursement des coûts passés, présents et futurs”, a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social. Téhéran a également évoqué la possible mise en place de “frais” de service maritime pour les navires voulant y transiter.

L’Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant un emballement des cours du pétrole. La réouverture du détroit a constitué l’un des pointsclés du protocole d’accord.

Situation au Liban

Malgré le texte américano-iranien et une nouvelle annonce de cessez-le-feu vendredi, Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah s’affrontent depuis deux jours dans le sud du Liban, où les opérations israéliennes ont fait au moins une trentaine de morts samedi. “La peur domine chez tout le monde”, a ainsi témoigné auprès de l’AFP Fadi Zayat, un habitant du village méridional de Tayr Debba.

L’armée israélienne a annoncé pour sa part qu’un de ses soldats avait été tué samedi lors de combats dans le sud du Liban, portant à cinq ses pertes dans le pays depuis la conclusion de l’accord préliminaire irano-américain. Israël, qui occupe une partie du sud, a affirmé viser des positions du Hezbollah en représailles à des attaques contre ses troupes. Un responsable militaire israélien a cependant affirmé samedi que l’armée avait reçu l’ordre de la direction politique du pays de cesser les affrontements avec le Hezbollah dans le sud du Liban, tout en continuant à y opérer “de manière défensive”.

De son côté, le Hezbollah a affirmé qu’Israël était “totalement responsable” des violations de la trêve. Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars, en tirant des roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué lors des frappes américano-israéliennes sur Téhéran qui ont déclenché la guerre le 28 février.

Source: https://www.7sur7.be/