France : Emmanuel Macron salue une convergence retrouvée entre Européens et Américains sur l’Ukraine

- « Pour la première fois depuis la nouvelle administration américaine, nous avons reconvergé entre Américains et Européens sur la position à l'égard de l'Ukraine », a déclaré le président français

19 Juin 2026 - 19:47
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France : Emmanuel Macron salue une convergence retrouvée entre Européens et Américains sur l’Ukraine

Le président français Emmanuel Macron a salué vendredi une convergence retrouvée entre Européens et Américains sur l'Ukraine, plaidé pour un renforcement des sanctions contre la Russie, rejeté les projets de centres de retour pour migrants dans des pays tiers et appelé l'Union européenne à renforcer sa souveraineté économique et industrielle, à l'issue d'un Conseil européen dominé par les crises internationales et les défis économiques.

Lors d'une conférence de presse à Bruxelles, Macron a estimé que le sommet du G7 puis le Conseil européen avaient permis de consolider une position commune entre les alliés occidentaux sur le conflit ukrainien.

« Pour la première fois depuis la nouvelle administration américaine, nous avons reconvergé entre Américains et Européens sur la position à l'égard de l'Ukraine », a-t-il déclaré, évoquant un soutien militaire réaffirmé à Kiev, l'aide aux infrastructures énergétiques ukrainiennes et une coordination accrue des sanctions contre Moscou.

Le chef de l'État français a également souligné que les Vingt-Sept avaient adopté à l'unanimité des conclusions sur l'Ukraine, une première depuis décembre 2024. Selon lui, l'Union européenne poursuivra ses efforts pour renforcer les capacités de défense ukrainiennes, notamment dans le domaine de la défense antiaérienne, tout en soutenant la résilience énergétique du pays.

Macron a indiqué que les Européens entendaient accroître la pression sur la Russie en ciblant davantage la « flotte fantôme » utilisée pour les exportations pétrolières russes ainsi que les mécanismes financiers alternatifs, notamment les cryptomonnaies, employés pour contourner les sanctions occidentales. Il a évoqué une adoption rapide d'un 21e paquet de sanctions visant les secteurs pétrolier et gazier russes.

Le président français a par ailleurs annoncé la tenue à Paris, le 13 juillet prochain, d'un sommet de la « coalition des volontaires » soutenant l'Ukraine, avant les cérémonies du 14 juillet auxquelles participeront également des représentants des forces armées ukrainiennes.

Abordant les perspectives de paix, Macron a insisté sur le fait que les Européens ne se considéraient pas comme des médiateurs dans le conflit, mais qu'ils devraient être associés à toute future négociation.

« Les Européens devront être autour de la table parce qu'il en va des intérêts de l'Europe », a-t-il affirmé, jugeant que la priorité restait aujourd'hui le renforcement du soutien à Kiev​​​​​​​ et la poursuite de la pression sur Moscou.

Sur le Moyen-Orient, le président français a salué le mémorandum d'entente conclu entre les États-Unis et l'Iran, estimant qu'il permettait la fin des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et la reprise des négociations en faveur d'une stabilité durable dans la région.

Il a indiqué que l'Union européenne était prête à contribuer à la mise en œuvre de cet accord, notamment pour garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz grâce à une mission militaire multilatérale déjà préparée.

Concernant le Liban, Macron a réaffirmé le soutien européen à un cessez-le-feu, au retrait israélien du territoire libanais et au renforcement du monopole de l'État sur les armes.

Il a annoncé l'organisation prochaine à Paris d'une conférence internationale destinée à mobiliser des financements pour les forces armées libanaises et la reconstruction du pays, en coordination avec les autorités de Beyrouth.

Au sujet de Gaza, le président français a jugé la situation humanitaire « inacceptable » et a appelé à l'acheminement massif de l'aide humanitaire. Il a également dénoncé la poursuite de la colonisation en Cisjordanie, estimant qu'elle compromettait la perspective d'un État palestinien et d'une solution à deux États.

Sur la question migratoire, Macron a confirmé qu'un débat stratégique aurait lieu en octobre au niveau européen mais a clairement pris ses distances avec les propositions défendues par plusieurs États membres visant à créer des centres de retour pour migrants dans des pays tiers.

« Cette politique-là, la France ne la soutient pas », a-t-il déclaré, estimant qu'elle n'était « ni efficace » ni conforme aux principes sur lesquels l'Union européenne a été construite. Il a également indiqué qu'il s'opposerait à toute utilisation du budget européen pour financer de tels dispositifs.

Le président français a toutefois réaffirmé son soutien à une politique européenne plus ferme contre l'immigration irrégulière, rappelant les avancées du pacte européen sur l'asile et la migration et la nécessité d'accélérer les procédures de retour pour les personnes n'ayant pas vocation à rester sur le territoire européen.

Sur le plan économique, Macron a appelé l'Union européenne à réagir face aux déséquilibres mondiaux et à la concurrence jugée déloyale de la Chine.

Il a plaidé pour un renforcement des instruments européens de défense commerciale, une réduction des dépendances stratégiques et une application plus rapide des mesures de protection face aux pratiques de dumping.

Selon lui, les Vingt-Sept affichent désormais une plus grande unité sur ce sujet et ont chargé la Commission européenne d'examiner de nouveaux instruments permettant de répondre plus rapidement aux distorsions de concurrence.

Le chef de l'État a également défendu la préférence européenne dans les secteurs stratégiques, notamment la défense, les technologies spatiales, l'intelligence artificielle, le quantique et les technologies vertes.

Enfin, évoquant les négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel de l'Union européenne pour la période 2028-2034, M. Macron a appelé à préserver les politiques traditionnelles de l'Union, notamment la politique agricole commune et la politique de cohésion, tout en augmentant les investissements destinés à la souveraineté et à la compétitivité européennes.

Il a estimé que cette hausse des dépenses devait s'accompagner de nouvelles ressources propres afin de stabiliser les contributions nationales des États membres et parvenir à un compromis budgétaire équilibré.

Source: https://www.aa.com.tr/fr