Plus de la moitié des Britanniques estiment que le Brexit était une erreur
Alors que près de 52% des Britanniques ont voté le 23 juin 2016 en faveur d’un retrait de l’Union européenne, la tendance est aujourd’hui bien différente, ressort-il de divers sondages menés ces dernières années outre-Manche. Ils ne sont plus que trois sur dix à soutenir aujourd’hui le Brexit.
La victoire du “Leave”, analysée comme un repli identitaire et un espoir de renaissance économique, apparaît amère pour les Britanniques, à lire les analyses récentes publiées par la presse locale. Si les sondages montraient en 2020 et 2021 une approbation relative autour de la sortie de l’UE, les sondages livrés depuis 2022 montrent qu’une majorité des Britanniques estime que ce retrait était une mauvaise idée. Le dernier coup de sonde mené début juin par Statista auprès de plus de 2.100 habitants montre que seulement 30% des répondants estiment que cette décision de quitter l’UE était juste, alors que 57% pensent le contraire.
Dans ce contexte, le gouvernement britannique, mené depuis 2024 par les travaillistes de Keir Starmer, a opéré un revirement et semble souhaiter se rapprocher du continent, sans toutefois envisager un éventuel retour.
En septembre dernier, le Premier ministre a ainsi dénoncé “ces politiciens qui ont menti au pays, ont déclenché le chaos et se sont enfuis après le Brexit”, sans les nommer. “Il apparaît de plus en plus évident que, face à un monde qui devient toujours plus volatil, notre intérêt national à long terme exige un partenariat plus étroit avec nos alliés européens et l’Union européenne”, a-t-il ajouté en avril dernier.
“Erreur catastrophique”
Le secrétaire d’État britannique au Commerce Chris Bryant a été plus loin, en mai, disant espérer que le Royaume-Uni réintègre l’Union européenne “de (son) vivant”. “Nous avons besoin d’une nouvelle relation spéciale avec l’UE, parce que l’avenir du Royaume-Uni se trouve en Europe, et un jour, au sein de l’Union européenne”, a-t-il ajouté, après avoir qualifié le Brexit d’“erreur catastrophique”.
Ces déclarations ont été accompagnées de nouveaux accords entre Londres et Bruxelles. Un partenariat stratégique, notamment autour du commerce des denrées alimentaires, a été élaboré. Une collaboration plus étroite en matière de défense et de sécurité est dans les tuyaux, et un accord a été trouvé concernant le programme d’échange Erasmus, permettant la réintégration du Royaume-Uni dans celui-ci en 2027. Autant de rapprochements qui n’ont toutefois pas la même valeur qu’un retour dans l’union douanière et au sein du marché unique.
Encore faudrait-il d’ailleurs que Bruxelles accepte un tel revirement. L’instabilité politique du Royaume-Uni et la montée en puissance du parti d’extrême-droite du virulent Nigel Farage poussent effectivement les institutions européennes à concevoir toute réconciliation avec Londres avec prudence.
Source: https://www.7sur7.be/