Résolution du Parlement européen sur le Burkina Faso : Le gouvernement exprime «son dégoût »

Ouagadougou, 22 juin 2026(AIB)- Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Camarade Karamoko Jean-Marie Traoré a convoqué lundi, l’ambassadeur de l’Union européenne, Philippe Bronchain, pour lui signifier, «sa désapprobation, sa déception et surtout son dégoût », à la suite de «la résolution néocolonialiste » de l’Union européenne sur la situation de la liberté d’expression et de la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso.

22 Juin 2026 - 13:48
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Résolution du Parlement européen sur le Burkina Faso : Le gouvernement exprime «son dégoût »

Devant la presse, le chef de la diplomatie burkinabè n’a pas mâché ses mots, dénonçant un texte « cousu d’informations totalement erronées » et fustigeant une ingérence de l’institution européenne.

« Nous avons tenu à convoquer l’ambassadeur de l’Union européenne pour lui faire part de notre désapprobation, de notre déception et surtout du dégoût que cette résolution a suscité en nous », a déclaré le Camarade Traoré à l’issue de l’entretien.

Selon le ministre, le Parlement européen a « totalement violé le droit d’ingérence » et fait preuve de «mépris» à l’égard des efforts consentis par le Burkina Faso, le Mali et le Niger -réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES)-pour endiguer le terrorisme dans la région.

Visant explicitement, sans le nommer, l’eurodéputé le Général Christophe Gomart à l’origine du rapport, Karamoko Jean-Marie Traoré l’a accusé d’avoir « souillé la sacralité du Parlement européen en tenant un tel discours aux relents néocolonialistes ».

Le ministre a fermement réaffirmé la souveraineté de Ouagadougou face aux critiques occidentales portant notamment sur les libertés publiques et la stratégie militaire.

«Le Burkina Faso agit en toute souveraineté en matière de politique intérieure et nous ne sommes pas membres de l’Union européenne. Le Parlement européen ne peut pas se statuer comme un juge pour nous dire ce que nous devons faire en matière de gestion de l’espace civique (ou) en matière sécuritaire », a-t-il martelé.

La diplomatie burkinabè a également profité de cette mise au point pour renvoyer l’Europe à ses propres responsabilités régionales, pointant du doigt l’intervention occidentale de 2011 en Libye, perçue comme la source du chaos sahélien.

« (Ce député) fait abstraction de la responsabilité de l’OTAN qui a déstabilisé la Libye et dont les conséquences ont été portées par nos pays ici. Qu’il vienne en toute aisance parler de la situation sécuritaire au pays, nous pensons que quelque part c’est malsain », a conclu le ministre burkinabè, réitérant que la situation actuelle relevait strictement de la «politique intérieure».

Depuis l’avènement du Camarade Capitaine Ibrahim Traoré à la tête du Burkina Faso, Ouagadougou a fait de la lutte contre le terrorisme, de la défense de sa souveraineté et du respect mutuel, ses priorités.

Agence d’information du Burkina

DNK-ATA/nek

Source: https://www.aib.media/