Clément Dembélé : « On m’a accusé de fomenter un coup d’Etat contre le président du Mali »

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Le président de la Plateforme contre la corruption et le chômage, ex-candidat à la présidentielle de 2018, a été arbitrairement placé en détention durant quinze jours.

Clément Dembélé, 45 ans, est une figure montante de l’opposition malienne. Professeur des universités, il est aussi président de la Plateforme contre la corruption et le chômage au Mali (PCC). En 2018, il a été candidat à l’élection présidentielle. Le 9 mai 2020, il a été enlevé en pleine rue, sans que son arrestation ne soit publiquement confirmée par les autorités, laissant libre cours à de nombreuses suppositions, avant sa libération quinze jours plus tard.

Que s’est-il passé exactement le 9 mai ?

Clément Dembélé A 13 h 32, alors que je rentrais de la ville, deux 4 x 4 ont bloqué mon véhicule dans le quartier de Bankoni à Bamako. Une vingtaine d’hommes cagoulés et armés m’en ont sorti de force en me frappant avec la crosse de leur fusil. Ils m’ont cagoulé, menotté et jeté dans l’un des 4 x 4. Ils ont aussi pris mes téléphones et mon ordinateur. Je suis resté quatre heures debout dans une pièce.

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Un homme nerveux m’a accusé de fomenter un coup d’Etat contre le président Ibrahim Boubacar Keïta. J’ai répondu que le coup d’Etat est contraire à mon éthique. L’homme s’est énervé : « Vous n’êtes rien ici. Que vous mourriez ou que vous viviez, on s’en fout complètement. Vous faites chier tout le monde au Mali. Vous quittez la France avec vos diplômes pour venir nous emmerder ici. Retournez en France. A cause de vous, le vieux [surnom du président] n’arrive même plus à dormir ». Ont suivi des insultes et menaces de mort.

Savez-vous à ce moment où vous vous trouvez ?

Je comprends durant l’interrogatoire que je suis dans les locaux de la DGSE (Direction générale de la sécurité d’Etat) et que la voix qui me parle est celle d’un colonel. Après l’interrogatoire, on me rase le crâne et on m’amène dans une grande pièce où sont retenus vingt présumés djihadistes. On me jette parmi eux. Puis on me transfère au sous-sol, dans une cellule de 8 m2.

Avez-vous été victime de torture durant votre détention ?

Il y a des moments où on te crie dessus et on t’insulte. Je suis cagoulé en permanence, menotté pieds et poings. Jamais je ne vois le visage de mes interrogateurs. La nuit, on fait des bruits de chaînes à côté de ta cellule, on vient te réveiller, on ouvre la porte et on pose des questions à tout heure pour t’empêcher de dormir. C’est de la torture psychologique.

Que se passe-t-il les quatorze autres jours de votre détention ?

Tous les jours, il y a des interrogatoires où l’on me pose les mêmes questions. On m’accuse de conspiration, de désobéissance civile. J’ai annoncé vouloir lancer un grand mouvement pour questionner la gouvernance du Mali et réfléchir à un système de partage économique fiable.

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On me reproche une vidéo publiée le 8 mai dans laquelle j’appellerais les militaires à désobéir et à renverser le président. Mais c’est tout l’inverse. Des manifestations ont eu lieu dans tout le pays pour protester contre le couvre-feu imposé par les mesures anti-coronavirus. J’appelle la population à respecter les forces de l’ordre et celles-ci à faire attention aux bavures, alors qu’un vieil homme est mort étouffé dans sa maison par des gaz lacrymogènes et que des jeunes ont été tués par les balles de la police à Kayes et Sikasso.

Pendant votre détention, avez-vous pu joindre vos proches, un avocat ?

Non, c’est seulement après treize jours passés dans une cellule sans fenêtre, avec les mêmes vêtements, sans une douche, un seul bol de riz par jour que, finalement, on me sort pour me mettre à la disposition de la justice. Je suis emmené au camp 1 de la gendarmerie, où je suis pris en charge par le commandant en chef du Service d’investigation judiciaire. Il reprend tout à zéro et fait un procès-verbal. Je subis seize interrogatoires en une journée. Puis le procureur instruit mon dossier avant de me libérer.

Vous attendez votre procès fixé au 1er juillet. Quelles sont les charges retenues contre vous ?

Je suis poursuivi pour appel à la désobéissance civile, atteinte à la sûreté de l’Etat, cybercriminalité et utilisation abusive des réseaux sociaux. J’ai appelé à manifester, ce qui est un droit constitutionnel. Mais je refuse la violence. On ne m’empêchera pas d’accompagner le peuple malien pour dire non à la mauvaise gouvernance et à la corruption.

Pensez-vous que votre arrestation soit liée à votre activité de lutte anticorruption ?

Oui, j’ai été interrogé sur les enquêtes que j’ai menées dans les quartiers riches de Bamako. On a recensé des maisons, en vérifiant l’origine des revenus de leurs propriétaires lorsqu’elles appartenaient à des fonctionnaires. On prépare une liste de dénonciations pour le procureur anticorruption. Les personnes qui m’ont interrogé voulaient voir les noms sur cette liste. Il a aussi été fait mention à de nombreuses reprises de l’affaire de l’avion présidentiel. C’est un important dossier qui touche à plusieurs ministres et proches du président. Il s’agit de commissions pour l’achat de l’avion présidentiel et d’équipement militaire pour un total de surfacturation de 29,5 milliards de francs CFA [quelque 44,5 millions d’euros]. On soupçonne des détournements.

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A-t-il aussi été fait mention de votre volonté de poursuivre le président Ibrahim Boubacar Keïta devant la CPI pour mauvaise gestion de la crise liée au Covid-19 ?

Oui, plusieurs fois. Je reproche au président d’avoir organisé les élections législatives des 29 mars et 19 avril 2020 en pleine pandémie, alors que le Mali est incapable d’organiser un processus transparent et d’assurer la sécurité de ses électeurs.

Vous ont-ils interrogé sur vos ambitions politiques ?

Ils m’ont posé beaucoup de questions sur ma relation avec la France. Ils voulaient savoir si la France me soutient dans mes ambitions présidentielles. J’ai passé plus de vingt ans en France, j’y ai fait toutes mes études. J’ai un attachement culturel, humain et intellectuel avec ce pays. Ils m’ont demandé ce que je pense de l’ingérence de la France dans les affaires du Mali. Je dis qu’il n’y en a pas. Soit nous sommes des enfants incapables de gérer nos problèmes, soit nous cherchons un bouc émissaire pour nous cacher de nos faiblesses. D’un côté ou de l’autre, le problème est malien. Les 250 milliards de francs CFA [quelque 380 millions d’euros] que l’on vole par la corruption, ce n’est pas la France.

Qu’attendez-vous de votre procès le 1er juillet ?

Tout ce que je demande, c’est qu’on visionne cette vidéo et que la justice fasse son travail. Si je dois être inculpé sur la base de la vérité, j’accepterais la décision. Mais je suis sûr que ce que l’on me reproche n’apparaît nulle part dans la vidéo. J’attends que la justice malienne fasse preuve d’équité et qu’elle s’affranchisse de l’exécutif.

Vous avez aussi annoncé vouloir porter plainte…

Oui, pour enlèvement et séquestration. J’ai des avocats en France et aux Etats-Unis qui sont en train de constituer le dossier. Après ça, le plus important, c’est de poursuivre la lutte contre la mauvaise gouvernance et la corruption, le mensonge d’Etat et l’insécurité. Je vais élargir mon combat pour essayer de donner aux Maliens ce qui leur appartient, le respect de la Constitution et de notre devise : un peuple, un but, une foi. Ma vie n’aura de sens que si je mène ce combat.

Propos recueillis par 

Source: https://www.lemonde.fr/afrique

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16 COMMENTAIRES

  1. Sans aucun mandat judiciaire, la DGSE se permet d’enlever, séquestrer et torturer un citoyen MALIEN pendant 2 semaines…
    Imaginez-vous si ce Monsieur était décédé suite à cette maltraitance extra judiciaire, nous ne l’aurions jamais su. Il serait enterré incognito, loin de ses parents. Ce qui m’emmène à croire qu’il pourrait exister plusieurs autres cas similaires dans notre pays.
    Le ministère de la justice sera complice s’il ferme les yeux sur ces comportements abusifs de la part de l’Exécutif.
    Comment peut-on s’attendre à la sécurité dans notre pays si les individus en charge de notre sécurité sont eux-mêmes des délinquants.
    Ce régime me fait vomir. Quelle honte !

  2. Si, je peux me permettre d’analyser les agissements du ” PROF CLÉMENT” , je commencerai à demander aux uns et aux autres de se poser les vrais motivations du sieurs . Juste , un petit rappel,au début, il était politique avec son parti politique,alors qu’a t-il fait de se dernier et du jour au lendemain monsieur est redevenu société civile comme un hasard.J’ai rien contre lui et je suis loin d’être un “IBKISTE” mais, je me pose des questions réelles et véritables sur ses ambitions.Alors s’il s’avère réellement qu’il est politique, de ce fait y’a t-il ou y’aura il une différence entre lui et les autres???. Ensuite, qui sait ou connait son vrai travail, ses activités professionnelles réelles????.Perso, j’aurais cru qu’il était prof à kitibougou ‘ipr) mais avec ses interventions multiples et diverses a t-il dispensé une fois des cours dans ce établissement??. IL dit qu’il était prof en France OK , vous imaginez un malien prof en France qui laisse tt tomber pour venir enseigner au mali réellement je vous pose simplement la question.

    • Il est difficile de croire que tu n’es pas un “IBKISTE” ! Ne nous prends pas pour des gamins !

      Par ailleurs, les “questions réelles et véritables” à se poser ne concernent pas, à ce stade, les ambitions et les professions de Clément Dembélé.
      Rien de ce qu’il pourrait être reproché à Clément ne justifie qu’il fasse l’objet au Mali d’un enlèvement, d’une détention arbitraire et de torture ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants.
      Notre Constitution et les Conventions internationales auxquelles le Mali est lié les interdisent de manière absolue.

      La question pertinente est plutôt celle-ci : comment se fait-il que ceux qui s’en sont pris à Clément, la DGSE selon l’intéressé, pour le compte de l’État, ignorent ou fassent semblant d’ignorer des droits fondamentaux aussi importants des Maliens ?
      N’ont-ils pas en leur sein des agents qui aient lu la Constitution ou se croient-ils au dessus des dispositions de la Constitution et des Conventions internationales ?

      • Merci beaucoup Fanga, car cet allan ou ALLAN est un laveur de tete de singe, il se croit malin comme un Malien, mais il se trompe de loin car nous n’achetons pas ses mensonges!

  3. Et les avocats maliens alors, ne sont-ils pas assez compétents à vos yeux Mr clément?.Engager un ou des avocats français et américains n’est pas facile financièrement, alors, ma question est la suivante, comment comptez-vous les payer et d’ou proviennent vos moyens de financement, pas personnel, j’imagine.???????.

  4. je crois que c’est une bonne chose que Mr Dembelé fait en poursuivant la DGSE malienne pour kidnaping , sequestration et torture. Autant que je sache ,il n’avait pas ete convoquer et pourquoi tout ce deploiement d’agents dans les rues Banconi ? J’espere qu’en portant plainte contre la DGSE , il va obliger la justice malienne de montrer son independance au vu et su de tout le monde .

    • Tres bien dit, belle analyse et un tres bon conseil, il faut arreter la barbarie et les acts contre les droits des citoyens.

    • En effet ce regime dictatorial, nepotiste et corrompu de Boua le ventru IBk va bientot tomber sous son propre poids.

  5. Merci Fanga pour ces précieuses références qui suffisent à prouver que seul l’arbitraire justifie l’arrestation et les conditions de détention de Clément.
    Cet acte, parmi bien d’autres, est digne de l’ère de la dictature militaire CMLN et doit interpeller tous les patriotes sur l’impératif de contrer les dérives autocratiques de l’actuel régime.

  6. Comme j’ai eu à le dire ailleurs avec d’autres, ce que le régime actuel et son bras armé, la DGSE Mali, ont osé faire subir à un membre actif de la société civile et politique de l’envergure de Clément Dembélé est l’une des pires atteintes aux droits, libertés et valeurs démocratiques garantis à tous les Maliens par notre Constitution actuellement en vigueur.

    Si nous n’y prenons garde, nous risquons de perdre tout ce qui fait l’essence d’un État démocratique et de la nation malienne.

    Je republie plus bas une courte réflexion inspirée des événements récents attentatoires droits et libertés fondamentaux des Maliens.

    La DG Sécurité d’État du Mali pose actuellement au moins deux grands problèmes : un problème de manque d’efficacité opérationnelle et un problème de respect des droits fondamentaux des citoyens.

    1. Problème d’efficacité
    La DG Sécurité d’État en est arrivée à concevoir sa mission comme étant celle d’une organisation destinée à lutter contre toutes les personnes qui sont défavorables au président de la République et à quelques autres individus qui gravitent autour du chef de l’État.
    De ce fait, une énergie et des moyens considérables sont utilisés inutilement par cette direction pour traquer des personnes, la plupart étant des opposants politiques, dans la capitale alors que Bamako est déjà surprotégé en termes de moyens sécuritaires par rapport au centre et au nord du pays.
    Mettre tout le monde sur écoute téléphonique et surveillance électronique à partir de bureau climatisés à Bamako n’est pas faire preuve d’efficacité. Encore moins procéder à des enlèvements et des détentions arbitraires.
    Faire preuve de courage et d’efficacité serait, par exemple, que la DG Sécurité d’État, en ces temps de terrorisme et d’occupation du territoire national par des rebelles, déploie ses hommes sur le terrain dans le centre et le nord pour infiltrer et éliminer les chefs des groupes armés terroristes et rebelles.

    2. Problème de respect des droits fondamentaux des citoyens maliens garantis par la Constitution et les Convention internationales
    Il y a un problème d’une gravité extrême concernant la manière dont la DG Sécurité d’État opère.
    Les membres de cette direction générale semblent croire que la loi de 1989 qui a crée la DGSE (Loi n°89-18/AN-RM portant création de la Direction Générale de la Sécurité d’État du 1er mars 1989 et Décret n°89-0114/P-RM fixant le cadre général de l’organisation de la Direction Générale de la Sécurité d’État du 22 avril 1989) et le fait que leur DG soit rattachée à la présidence de la République (Décret n°2016-0863/P-RM du 08 novembre 2016 fixant l’organisation de la Présidence de la République) équivalent à un blanc-seing les autorisant à agir sur tout le territoire national en toute impunité, y compris en violation des droits fondamentaux des citoyens garantis à la fois par la Constitution du Mali et les Conventions internationales de protection des droits de l’Homme.
    A titre d’exemple, si on se fie aux témoignages récents de Clément Dembélé et aux traces de blessures visibles sur son corps, ce monsieur a subi des tortures et des traitements inhumains et dégradants. Il a aussi fait l’objet d’une détention arbitraire.
    Or ces faits sont prohibés de manière absolue par notre Constitution nationale et les Conventions internationales qui s’appliquent pleinement au Mali tels que la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples de 1981, ainsi que la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants de 1984.

    La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants de 1984 est l’instrument qui définit très clairement ce qu’est la torture dans son article premier :
    « 1. Aux fins de la présente Convention, le terme “torture” désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d’obtenir d’elle ou d’une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d’un acte qu’elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d’avoir commis, de l’intimider ou de faire pression sur elle ou d’intimider ou de faire pression sur une tierce personne, ou pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu’elle soit, lorsqu’une telle douleur ou de telles souffrances sont infligées par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite. Ce terme ne s’étend pas à la douleur ou aux souffrances résultant uniquement de sanctions légitimes, inhérentes à ces sanctions ou occasionnées par elles.
    2. Cet article est sans préjudice de tout instrument international ou de toute loi nationale qui contient ou peut contenir des dispositions de portée plus large. »

    Cette Convention ajoute plus loin :

    Article 2
    « 1. Tout État partie prend des mesures législatives, administratives, judiciaires et autres mesures efficaces pour empêcher que des actes de torture soient commis dans tout territoire sous sa juridiction.
    2. Aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu’elle soit, qu’il s’agisse de l’état de guerre ou de menace de guerre, d’instabilité politique intérieure ou de tout autre état d’exception, ne peut être invoquée pour justifier la torture.
    3. L’ordre d’un supérieur ou d’une autorité publique ne peut être invoqué pour justifier la torture. »

    Article 4
    « 1. Tout État partie veille à ce que tous les actes de torture constituent des infractions au regard de son droit pénal. Il en est de même de la tentative de pratiquer la torture ou de tout acte commis par n’importe quelle personne qui constitue une complicité ou une participation à l’acte de torture.
    2. Tout État partie rend ces infractions passibles de peines appropriées qui prennent en considération leur gravité. »

    Article 10
    « 1. Tout État partie veille à ce que l’enseignement et l’information concernant l’interdiction de la torture fassent partie intégrante de la formation du personnel civil ou militaire chargé de l’application des lois, du personnel médical, des agents de la fonction publique et des autres personnes qui peuvent intervenir dans la garde, l’interrogatoire ou le traitement de tout individu arrêté, détenu ou emprisonné de quelque façon que ce soit.
    2. Tout État partie incorpore ladite interdiction aux règles ou instructions édictées en ce qui concerne les obligations et les attributions de telles personnes. »

    Article 11
    « Tout État partie exerce une surveillance systématique sur les règles, instructions, méthodes et pratiques d’interrogatoire et sur les dispositions concernant la garde et le traitement des personnes arrêtées, détenues ou emprisonnées de quelque façon que ce soit sur tout territoire sous sa juridiction, en vue d’éviter tout cas de torture. »

    Article 12
    « Tout État partie veille à ce que les autorités compétentes procèdent immédiatement à une enquête impartiale chaque fois qu’il y a des motifs raisonnables de croire qu’un acte de torture a été commis sur tout territoire sous sa juridiction. »

    Article 13
    « Tout État partie assure à toute personne qui prétend avoir été soumise à la torture sur tout territoire sous sa juridiction le droit de porter plainte devant les autorités compétentes dudit Etat qui procéderont immédiatement et impartialement à l’examen de sa cause. Des mesures seront prises pour assurer la protection du plaignant et des témoins contre tout mauvais traitement ou toute intimidation en raison de la plainte déposée ou de toute déposition faite. »

    Article 14
    « 1. Tout État partie garantit, dans son système juridique, à la victime d’un acte de torture, le droit d’obtenir réparation et d’être indemnisée équitablement et de manière adéquate, y compris les moyens nécessaires à sa réadaptation la plus complète possible. En cas de mort de la victime résultant d’un acte de torture, les ayants cause de celle-ci ont doit à indemnisation.
    2. Le présent article n’exclut aucun droit à indemnisation qu’aurait la victime ou toute autre personne en vertu des lois nationales. »

    Article 15
    « Tout État partie veille à ce que toute déclaration dont il est établi qu’elle a été obtenue par la torture ne puisse être invoquée comme un élément de preuve dans une procédure, si ce n’est contre la personne accusée de torture pour établir qu’une déclaration a été faite. »

    Article 16
    « 1. Tout État partie s’engage à interdire dans tout territoire sous sa juridiction d’autres actes constitutifs de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants qui ne sont pas des actes de torture telle qu’elle est définie à l’article premier lorsque de tels actes sont commis par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel, ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite. En particulier, les obligations énoncées aux articles 10, 11, 12 et 13 sont applicables moyennant le remplacement de la mention de la torture par la mention d’autres formes de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
    2. Les dispositions de la présente Convention sont sans préjudice des dispositions de tout autre instrument international ou de la loi nationale qui interdisent les peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, ou qui ont trait à l’extradition ou à l’expulsion. »

    Au regard des dispositions constitutionnelles et conventionnelles, il est clair comme l’eau de roche que certains des agissements des membres de la DG Sécurité d’État du Mali posent actuellement des graves problèmes de légalité et d’atteinte aux droits fondamentaux des citoyens maliens.

    Dès lors, quelques propositions peuvent être faites pour remédier aux problèmes constatés et accroître l’efficacité de la DG Sécurité d’État.

    1. Mettre sur pieds une Commission parlementaire d’enquête concernant le travail de la DG Sécurité d’État pour identifier les lacunes en termes de violation des droits fondamentaux des citoyens et d’efficacité de son travail.

    2. Adopter une loi au niveau de l’Assemblée nationale pour actualiser et moderniser le cadre juridique de la DGSE qui remonte à une loi de 1989 adoptée sous Moussa Traoré.
    La nouvelle loi doit mettre en concordance les missions de la DGSE avec l’exigence absolue et indérogeable de respect des droits fondamentaux des citoyens maliens contenus dans la Constitution de 1992 et dans les Conventions internationales que j’ai citées plus haut.
    La nouvelle loi doit également préciser le champs d’application personnelle et géographique prioritaire de la DGSE. De la mission de protection de la personne du chef de l’Etat à Bamako, la mission de cette direction doit être réorientée prioritairement vers la lutte contre les terroristes et les séparatistes dans le centre et le nord du Mali. Notre pays étant menacé dans son existence et au vu des maigres ressources de notre pays, il faut concentrer l’effort sur des questions prioritaires difficiles. Tous les chefs d’Etat qui se succéderont ont vocation à quitter un jour le pouvoir. Le Mali, notre pays, doit quant à lui doit survivre sur le temps long.

    3. Adopter rapidement un code éthique et déontologique basé sur le respect de la réglementation en vigueur au Mali auquel devront se soumettre tous les agents travaillant pour les DG Sécurité d’État.
    Tous ces agents devront également être obligés de suivre des formations en matière de respect des droits fondamentaux, particulièrement concernant le respect de la vie privée et familiale, les arrestations arbitraires, ainsi que l’interdiction de la torture et des traitements inhumains et dégradants.

  7. Ces jeunes de vrais de vrais pourritures.
    Bavards bla bla bla. Au lieu de dénoncer il faut agir. Un jeune c est pas le bavardage c est agir agir agir……
    On a pas besoin de tes histoires mais ses actions

    • Au debut du monde il y avait le verbe, souviens-toi Barou! Les vieux sont plus pourris car depuis 1968 ils (GMT, AOK, ATT, IBK) dirigent le Mali et c’est le sous-development total et dans tous les domaines.

  8. “Un homme nerveux m’a accusé de fomenter un coup d’Etat contre le président Ibrahim Boubacar Keïta. J’ai répondu que le coup d’Etat est contraire à mon éthique. L’homme s’est énervé : « Vous n’êtes rien ici. Que vous mourriez ou que vous viviez, on s’en fout complètement. Vous faites chier tout le monde au Mali. Vous quittez la France avec vos diplômes pour venir nous emmerder ici. Retournez en France. A cause de vous, le vieux [surnom du président] n’arrive même plus à dormir ». Clement j’aime tres bien ce paragraphe car le vieux dort 22 heures sur 24 alors tu nous rends vraiment sevice car maintenant Boua le ventru IBK va un peu travailler comme il ne peut plus dormir! Mille merci Clement que le bon Dieu te benisse.

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