Du dialogue avec des bandits armés à la guerre de libération du Mali : Quand une cacophonie entretenue vient pourrir l’atmosphère

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Certaines informations ont circulé à Bamako en ce début de semaine faisant croire que la délégation officielle malienne, qui s’est rendue à Ouaga, le lundi 3 décembre pour  un début de dialogue avec les groupes armés et terroristes du MNLA et d’Ançardine n’est pas mandatée par le Gouvernement du Mali. On ne peut que tomber des nues en apprenant de telles allégations. Lorsque ces opinions proviennent du Directeur de Cabinet du Premier ministre, on ne peut que conclure que le ver est dans le fruit !

Pr Oumar Kanouté, Directeur de cabinet du PM

La délégation malienne comprend le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Tiéman Hubert Coulibaly, le  Haut fonctionnaire de défense auprès du ministère de la Défense, le Colonel-major Ali Camara, représentant le ministre de la Défense, le colonel-major Yamoussa Camara, l’ancien ministre des Affaires étrangères Tiébilé Dramé, très engagé sur le dossier du Nord à travers plusieurs colloques (organisés par son parti, le PARENA et la Coalition pour le Mali dont il est le 1er vice-président,), l’ancien Gouverneur de Kidal et natif de cette région, Al Hamdou Ag Illiène, Consul général du Mali à Niamey au Niger, maîtrisant le dossier du nord malien.

Ainsi, la délégation est conduite par le chef de la diplomatie malienne, département de haute souveraineté, sollicité dans tout processus de réaffirmation des positions d’un Etat moderne dans le concert des nations. Le titulaire de ce portefeuille est véritablement le ministre chargé de gérer les questions concernant la place et la forme d’un Etat en Droit international. Or, l’enjeu de la crise sécuritaire du Nord du Mali porte aujourd’hui sur l’existence même de l’Etat malien. Et le ministre des Affaires étrangères est toujours très proche du président de la République, dépositaire de la souveraineté internationale. C’est apparemment le chef de l’Etat qui pilote cette délégation, en partenariat avec le médiateur, le président du Faso, Blaise Compaoré. Le représentant du ministre de la Défense a également toute sa partition à jouer dans ce début de dialogue. Comment face à ces représentants de l’Etat malien des voix peuvent-elles s’élever pour dire que cette délégation n’est pas mandatée par le Gouvernement ? Lorsque ces rodomontades proviennent du Cabinet du Premier ministre et relayées dans la presse, on se perd en conjectures. Le chef du Gouvernement veut-t-il être personnellement le chef de la délégation avant de reconnaître la légitimité de celle-ci ? En faisant croire que le Gouvernement malien n’est pas représenté par cette délégation, le Directeur de cabinet du Premier ministre, certainement mandaté par son mentor, le chef du Gouvernement, commet une faute grave. Il discrédite encore l’Etat malien à l’extérieur de ses frontières.

Selon plusieurs observateurs, le Mali ne pouvait constituer une délégation restreinte de meilleure expertise que celle-là. Surtout que cette équipe dépêchée à Ouagadougou par le chef de l’Etat n’y est pas allé pour entamer des négociations avec les bandits armés ; mais seulement pour officiellement rencontrer et écouter les égarés et fous de Dieu, en présence du Médiateur.  En clair, il n’est question pour aucun membre de cette délégation de prendre un quelconque engagement au nom de l’Etat malien. Le ministre Tiéman Coulibaly a, du reste, été clair à ce propos. ” Nous sommes venus dans le cadre de la Constitution de la République du Mali ” qui prône clairement l’unicité et la laïcité du pays. ” Nous sommes là pour réaffirmer la souveraineté du pays sur chaque centimètre carré du territoire national “, avait martelé un autre membre de la délégation. Comme pour dire que cette démarche diplomatique équivaut quasiment à une mise en demeure à l’endroit des terroristes et islamistes afin qu’ils déposent les armes et retournent au sein de la République.

Se rendre dans la capitale burkinabé pour prendre le pouls des bandits armés du MNLA et d’Ançardine ne sera, pour le Gouvernement malien, qu’une prise à témoin de la communauté internationale sur la bonne foi de l’Etat malien à régler cette crise par la voie diplomatique. Mais, comme rien ne semble bouger dans le camp des criminels si ce n’est la renonciation à la charia sauf à Kidal et l’autonomie à la place de la sécession, il y a fort à parier que l’ultime solution sera irrémédiable.

Au moment où tous les interlocuteurs demandent que les “ Maliens parlent d’une seule et même voix “, les autorités maliennes gagneraient à savoir raison garder, taire leurs petits égos pour sauvegarder la face du pays. Surtout en ces moments cruciaux de prise de contact avec les ennemis de la République. Et dire que c’est en ce mardi de prise de langue que les dernières armes et équipements militaires bloqués au port de Conakry, en Guinée, sont accueillis avec ferveur à Bamako ! Que Dieu aide le Mali !

                                  Bruno D SEGBEDJI

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7 COMMENTAIRES

  1. Lorsque qu’une revolution est inachévée, elle ouvre la voie à toutes les aventures. C’est le cas de la révolution populaire de mars 1991 qui a balayé le régime autocratique et dictatoriale du généralissime GMT et sa clique. Cette revolution a été recupérée par une frange de l’armée plutôt à la solde du régime déchu, si bien qu’au lieu d’une purge dans l’administration, on assistera plutôt au retour sur la scène d’anciens UDPMiste dans les hautes sphères de l’Etat. Et aujourd’hui force est de reconnaitre que cette bande de revanchards de l’ex-UDPM seuls et unique bénéficiaires de la démocratie qu’ils ont pourtant combattu pensent que le Mali est leur propriété privée si bien que toute délégation n’émanant pas d’eux n’est pas officielle. Quelle camouflet pout ceux qui ont fait sortir nos enfants en 1991 et qui se terrent aujourd’hui. Où est Oumar Mariko, Mountaga Tall, Ali Nouhoum Diallo, Hamidou Diabaté…

  2. NE PAS ACCEPTER L’IMPUNITÉ, RENDRE JUSTICE ET ÉVITER LES AMALGAMES, LES INSULTES, LA HAINE ET LE RACISME (POUR CERTAINS) POUR RENDRE POSSIBLE LES NÉGOCIATIONS ET LES CONCERTATIONS NATIONALES

    Bonjour,
    Des amalgames, la haine, le racisme et des insultes réciproques entre certains Maliens et le MNLA, ainsi que l’impunité en ne rendant pas justice comme il le faut, risquent de retarder, voire de rendre impossible, les négociations et les concertations nationales.

    Il convient que le ping pong d’accusations et d’insultes s’arrête, de part et d’autre, pour que les Maliens se retrouvent à travers les concertations nationales et les négociations, fassent leur autocritique et envisagent un avenir meilleur en ouvrant leurs cœurs.

    Comme vous le dites, T.Sankara, les Maliens sont fatigués avec ces crises cycliques et des revendications qui se répètent.

    Comment y mettre fin en REFUSANT l’impunité ?

    Concernant les projets de développement au Nord Mali, dans le cadre du pacte national et du programme décennal de développement des régions nord, beaucoup d’argent a été injecté dans ces projets, mais, malheureusement, mal géré et inégalement réparti entre les zones du Nord Mali mais aussi entre les communautés et les habitants de ces zones.

    Certains, cas de certains Touaregs, ont en beaucoup profité tout en laissant la majorité, constitué d’autres touaregs et des membres d’autres communautés, souffrir à côté d’eux.

    C’est à cause de tout cela et pour une gestion équitable des ressources que j’ai proposé dans la lettre ouverte au Président et aux Maliens, afin de garantir la réussite de la restauration de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale, un développement équitable de TOUTES LES RÉGIONS DU MALI et l’intégration équitable de TOUTES LES COMMUNAUTÉS dans un cadre démocratique, décentralisé et sécurisé, ainsi que le bonne gouvernance de la décentralisation.

    Bien sûr, tout cela ne se fera pas d’un coup mais un ordonnancement et une planification rigoureuse, consensuels, seront nécessaires.

    La discrimination positive pourra être appliquée pour certaines zones (au Nord tout comme ailleurs au Mali).

    En se basant sur le guide et la plateforme de concertations nationales et de négociation pour une sortie durable et honorable pour tous de la crise Malienne, que j’ai proposés en ligne sur internet (maliweb, essor, agora21, facebook, …), au Président du Mali et aux Maliens, ils trouveront un cadre d’entente établissant la CONFIANCE ENTRE MALIENS et permettant la RÉSOLUTION EFFICACE DE LEURS PROBLÈMES ET LE BIEN-ÊTRE DE TOUS.

    Bien cordialement
    Dr ANASSER AG RHISSA
    Expert TIC et GOUVERNANCE
    E-mail: [email protected]

  3. Les Maliens qui ne sont pas plus belliqueux que d’autres, savent absolument tout de la négociation avec les dirigeants du MNLA et d’Ançardine pour l’avoir pratiquée jusqu’à l’indigestion depuis des décennies. Il est vrai que les rebelles d’alors – dont nombre sont toujours là – étaient engagés sous d’autres étiquettes, dans des configurations d’alliances différentes mais le résultat a été invariable : ni les accords, ni les concessions, ni la décentralisation, encore moins l’impunité tacite octroyée n’ont réussi à empêcher les mêmes protagonistes de tirer tout le profit possible des avantages concédés puis de reprendre les armes à la moindre occasion et de tuer pour imposer des vues de plus en plus maximalistes jusqu’à cette ultime fiction d’un Etat indépendant sur un territoire où ils sont ultra-minoritaires.

    A lire obligatoirement l’analyse de Solo dans l’Essor: http://www.essor.ml/analyse-la-guerre-a-tout-prix.html

  4. Belle analyse M. Bruno.
    Les autorités maliennes gagneraient à s’unirent dans la forme que dans le fond. J’ai été écoeuré de lire ces choses. Je me suis demandé comment un ministre des affaires étrangères peut-il sur sa propre initiative se rendre pour la cause malienne sans l’aval du chef du gouvernement. Je vous en supplie,le monde vous regarde. L’histoire retiendra de chacun ce qu’il aurait fait en bien ou en mal pour ou contre le Mali. Car ces agissments qui entravent l’ouverture franche de dialogue entre les frères a des conséquences incommensurables sur le vecu quotidien des peuples du Nord-mali. Que chacun à son niveau joue sa partition dans l’unité.

    Que Dieu bénisse le Mali

    Un burkinabé qui aime ce pays

  5. c est dioncounda qui est fautif car réfusant d’assumer ses responsabilités

  6. Il faut carement et simplement écarter Oumar Kanouté des affaires de ce pays. Il roule pour l’ancien régime (GMT). C’est à cause de lui que les concertations nationales n’ont pas eu lieu à la première date proposée puisque les documents préparés par lui étaient contre l’intérêt général du peuple malien. Qu’il dégage !!!

  7. CMD est un apatride!!!!!!!!!! Qu’il dégage sa sale carapace d’hippo 👿 👿 👿 👿

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