L'Algérie défend "l'intégrité territoriale du Mali"

07 Avr 2012 - 02:30
Mis à jour: 15 ans
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Vous connaissez bien le problème du Mali et des Touareg, pour avoir été un médiateur de ce dossier par le passé. Quelle est votre analyse de la situation ? [caption id="attachment_59029" align="aligncenter" width="540" caption="Le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, jeudi 5 avril, au siège du gouvernement à Alger."][/caption] Ahmed Ouyahia : La situation est très, très préoccupante. C'est un foyer de tension important, à nos frontières, et qui a plusieurs dimensions. Il y a d'abord un problème entre les gens du Nord, les Touareg, et l'autorité centrale au Mali, lié au sous-développement et à la faiblesse d'un Etat à prendre en charge toute la problématique de son territoire. Nous sommes pour une solution qui passe par le dialogue. L'Algérie n'acceptera jamais une remise en cause de l'intégrité territoriale du Mali. Et puis il y a l'autre volet, qui est le terrorisme. Cette mouvance déclare avoir pris les armes pour instaurer la charia et un Etat islamique au Mali -le fondement même de ce que l'Algérie a eu à subir et à combattre pendant plus d'une décennie et que nous appelons la tragédie nationale. C'est une réalité que nous condamnons. Nous avions averti des conséquences potentiellement tragiques de tout ce qui partait comme armement de la Libye voisine, hors de tout contrôle. Ce que nous vivons à présent au Mali en est malheureusement la parfaite illustration. Une région entière du Mali a échappé au contrôle de Bamako. Quel niveau de menace cela représente-t-il pour l'Algérie ? C'est sans aucun doute un gros souci. D'abord, c'est notre voisinage immédiat, sur près d'un millier de kilomètres. Ensuite, je le répète, cela se double d'une dimension terroriste. Le MNLA [Mouvement national de libération de l'Azawad], mouvement porteur des revendications cycliques des populations touareg du Nord, s'est fait chasser des villes qu'il occupait par les forces terroristes du groupe Ansar Dine. Nous avons toujours été partisans d'une solidarité internationale contre le terrorisme, dont nous disons depuis 1994 qu'il ne connaît ni frontières ni nationalité. Le terrorisme se combat. Notre doctrine est la suivante : 1. Traitement par l'assèchement du soutien au sein de la population. 2. Lutte implacable de l'Etat, avec toute la rigueur de sa loi et de sa force. C'est ce qui nous permet de temps en temps de mettre la main sur un groupuscule et d'abattre ceux qui n'acceptent pas de se rendre. 3.Une vigilance permanente. Cette menace est une réalité que nous gérons chaque jour du nord au sud de notre territoire. Cela ne veut pas dire que le terrorisme est encore une démarche puissante en Algérie : il y a très peu de pays dans le monde qui ne soient pas en état de vigilance permanente. Un attentat-suicide a tout de même été commis, le 3 mars, à Tamanrasset, contre une garnison de gendarmerie ? Oui, cet attentat est le premier survenu dans cet espace du Sud profond. Le dispositif en place autour du site du commandement de la gendarmerie a empêché le terroriste d'y pénétrer, ce qui fait qu'il n'y a pas eu de morts, mais une quarantaine de blessés. Cela a été un choc. En même temps, l'enchaînement des événements -Tamanrasset le 3 mars, puis, un mois plus tard, la situation tragique au Mali- montre qu'il y a un lien et qu'il nous faut redoubler de vigilance au Sud. Le président du Mali a été chassé du pouvoir par une rébellion militaire. Qu'advient-il alors du Centre d'état-major commun antiterroriste (Cemoc) créé à Tamanrasset, en Algérie, avec le Mali, le Niger et la Mauritanie ? L'Algérie demande le rétablissement de l'ordre constitutionnel au Mali. Le Cemoc est toujours actif, il se réunira dans les prochains jours à Nouakchott [en Mauritanie]. Le Mali y sera-t-il ? Je ne saurais vous le dire. Mais la présence des militaires maliens dans ce cadre est impérative. Qu'il y ait des putschistes au pouvoir ou le régime républicain, il y a une armée qui existe en tant qu'institution. Que peuvent faire les pays occidentaux ? Chaque fois qu'un acteur étranger joue un rôle essentiel, c'est un dérapage programmé, immédiat ou six mois plus tard : les exemples sont nombreux. Mais il faut aider le Mali à faire face à ses problèmes de développement et à renforcer son armée. S'il y a une leçon à tirer de la situation au Mali et des menaces de propagation qu'elle fait peser, et pas seulement sur l'Algérie, c'est qu'il faut plus de rigueur dans la lutte contre le terrorisme. Il faut, en particulier, qu'un terme soit mis au paiement des rançons pour les otages. Nous l'avons tragiquement subi chez nous et nous avons tragiquement résisté, nous avons perdu des civils. C'est une poulie qui tourne et alimente les criminels. La deuxième leçon, c'est de continuer à intensifier cette coopération internationale et sous-régionale du Cemoc pour maîtriser le terrorisme dans cet espace terriblement vaste, terriblement vide, qu'est le Sahel. Un peu plus d'un an après le début des révoltes arabes, quelle évaluation faites-vous de ce mouvement ? Il serait très prétentieux de vouloir tirer la conclusion d'un phénomène de cette ampleur et qui ne remonte qu'à quatorze mois. Je dirais, entre guillemets, que c'est le "Mai 68 du monde arabe" -au-delà de la France, Mai 68 a affecté plusieurs pays d'Europe et même les Etats-Unis. La compréhension de ce phénomène a pris du temps. Ici, il y a aussi cet aspect. Quant à l'Algérie, sa situation est différente : la tragédie nationale qu'ont vécue les Algériens fait qu'ils connaissent le prix de l'anarchie. Et, en matière de pluralisme, nous avons peut-être tardé, mais nous prétendons être dans le peloton de tête. Vous pensez donc que l'Algérie sera épargnée par la vague des révolutions arabes ? Si cette vague est synonyme de violence, celle que nos amis arabes viennent de vivre ne constitue pas le dixième de ce que nous avons subi. Ce n'est pas que nous sommes épargnés : nous avons déjà lourdement payé ! Le chiffre de 200000 morts qui a été avancé est sans doute un peu dopé. Mais le problème n'est pas tant le chiffre que le traumatisme. Maintenant que ce drame est derrière nous, sans aller jusqu'à utiliser l'expression de guerre civile, nous nous sommes quand même battus avec nous-mêmes. C'est Mohammed qui tuait Mohammed. Et dans notre politique de réconciliation, il a fallu entraîner les familles des victimes, auxquelles il faut rendre hommage pour leur hauteur de vues. Mais si l'on parle de contestation populaire ? Je vous renvoie à 1988, et même à janvier 1991 : le pays a déjà connu une vague d'agitation. L'Algérie va-t-elle continuer à abriter les enfants du colonel Kadhafi ? Ils seront là tout le temps qu'ils le souhaitent et je suis heureux de vous dire que nos voisins libyens ont fini par comprendre. Car il n'est pas concevable dans nos traditions que la famille de votre voisin, fuyant un désastre, vienne dans votre maison et que vous la mettiez dehors. Ils sont chez nous en tant que citoyens libyens, étant entendu qu'ils ne se livrent à aucune hostilité ni subversion. Et c'est un contrat que nous arrivons à faire respecter.
Sylvie Kauffmann et Isabelle Mandraud (Alger, envoyées spéciales)   Des diplomates algériens pris en otage à Gao, au Mali Des islamistes armés ont pris en otage le consul d'Algérie et six de ses collaborateurs en poste à Gao, dans le nord du Mali, que contrôle la rébellion depuis une semaine. Alger a confirmé que des assaillants "non identifiés" les ont emmenés "vers une destination inconnue". Le porte-parole du MNLA, principale formation de la rébellion, a condamné cet enlèvement "par un commando terroriste" lors d'une opération qualifiée de "très violente", précisant que son groupe avait tenté en vain de protéger le consulat algérien. - (AFP.) LE MONDE |  

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Commentaires (40)

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D
D 14 ans
Il est vrai que les rebelles touaregs dans le nord de notre pays représentent l'aspect scène de ces chiens errants, mais cette fois pour exterminer tous les mouvements insurrectionnels, et aussi quand vous regardez un rebelles touaregs a dit que le Azawad soi-disant Etat ne reculera pas, cela signifie que certains pays arabes en Afrique et dans le golfe Persique, en particulier Qatar, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis et l'autre qui se tient derrière les rebelles touaregs. Il existe également des mouvements au Niger et les rebelles touaregs, cela déplacera à chacun de Burkina Faso, Sénégal, Afrique du contrôle général des terroristes arabes dirigées par des rebelles touareg sur l'Afrique. Et nous nous demandons pourquoi au Mali et au Niger pour les rebelles touaregs sont déstabiliser la situation au Mali et au Niger et les Touaregs, qui vivent au Burkina Faso sont la réponse opposée, c'est que la République du Burkina Faso ne dispose pas d'une frontière avec un pays arabe, il était donc la situation au Burkina Faso, très bon pour ce raisons pour lesquelles tant de la République du Mali et la République du Niger d'avoir une très mauvaise situation avec les rebelles touaregs. Et le Azawad soi-disant ce n'est pas vrai parce que la ville de Gao et de Tombouctou Ansongo et Kidal et Minika et tout le territoire de la République du Mali a appelé à plus de dix siècles le afin que le Mali a appelé les pays arabes au Soudan parce que ces zones aux Africains seuls sont à la fois au Niger et au Burka Faso et Sénégal et la Guinée Conakry, Mauritanie et une partie de l'ensemble de ce pays Africains. Et pour cela, nous voyons que la lutte jusqu'à ce que ces sortir du mal et soutenu par des terroristes arabes de notre pays dans son ensemble. Remarque: Ces pays appartenant à l'Empire Songhaï et Mandé et Bella et la Djarma et le peul et le bambara et Sarakolé et Mossi et de Bobo et Bozo et d'autres tribus africaines ...
counfoni
counfoni 14 ans
Nous devons nous méfier de l'Algérie comme de tous les autres pays en ne comptant que sur nous mêmes pour résoudre nos problèmes. Je voudrais néanmoins rappeler à ceux qui l'ignorent encore que: -1- l’Algérie est le pays frontalier qui a le plus bénéficié du mali que tous les autres et qui doit même son indépendance au Mali (rappel, dès son indépendance en 1960, de tous les soldats maliens servant dans l'armée française ; facilité accordée en terre malienne aux combattants du FLN pendant la guerre d'Algérie que l'actuel président de ce pays ne peut pas nier)-2- un pays ami n'aurait jamais conçu un accord aussi bâtard que celui de 2006. La signature de cet accord dit "accord d'Alger 2006" a été le summum des bêtises commises par l'état malien. A partir de la signature du "pacte national de 1992", il était simplement irresponsable de la part des autorités maliennes de discuter et encore moins d'accorder d'autres facilités aux touaregs sous peine de mettre en danger la cohésion et l'unité nationale.-3- N'oublions pas non plus que les membres d'AQMI sont avant tout des algériens. Qu'attend ce pays pour s'occuper de ses brebis galeuses ?. Le Mali est en droit d'attendre le retour de l'ascenseur.
Mon cher c'est vous qui venez d'en deduire qu'il s'agit de l'Algerie pas moi, je ne fais que poser une question à savoir à qui tout celà profite. Le renversement de Touré n'a pas donné lieu à des condamnations sinceres ni meme un appelau retour du president dans ses fonctions. Pour l'Azawad les prochains mois nous donnerons un element de reponse. Pour ce qui est du makhzen et de son roitelet incompetent, qu'ils aillent paitres ailleurs et c'est encore moins eux qui vont me renseigner sur les coulisses de ce qui se passe. 8)
Les amis vous etes en train d'assister à un remodelage purement geopolitique dont le Mali fait les frais. Posez vous juste la question de savoir qui à interet à ce qu'un Etat arabo-berbere puisse voir le jours, et avec quels pays il pourra avoir des rapports privilegiés et surtout qui prospectera le sous sol de l'azawad dont ont dit qu'il est petrolifere ou gazifere? Derriere les beaux discours de tout ce beau monde il y a malgre tout des intention sournoise, destiné à causer des nuisances dans la region pour empecher tout progres.
amine 15 ans
merci the morocan ...fallait juste écrire votre nom nous aurions compris que vous nous servirez le copier coller de la version officielle du makhzen et M6 sur l’Algérie :lol: :lol: :lol: .. laissez les maliens hors de votre guéguerre et propagande anti algérienne ils ont d'autres chats à fouetter
Tecoum 15 ans
DEUX POINTS CAPITAUX A TENIR COMPTE DANS LE RETABLISSEMENT DE L'INTEGRITE TERRITORIALE DE LA REPUBLIQUE DU MALI. LE MALI DOIT PRENDRE AU SERIEUX L'INVASION DE SON TERRITOIRE PAR LES 1)TRAFIQUANTS DE DROGUES; 2)LES ISLAMISTES PARTISANS DE L'APPLICATION DE LA CHARIA SUR SON TERRITOIRE;UN VERITABLE POISON POUR TOUTE LA CEDEAO ET L'AFRIQUE; 3)LES AUTONOMISTES TOUAREGUES OPPRESSEURS DES POPULATIONS LOCALES,ET ELEMENTS DE DIVISION ENTRE L'AFRIQUE NOIRE ET L'AFRIQUE ARABE; ET REJETER TOUTE IDEE D'AUTONOMIE ACCORDEE A CES BANDITS ARMES. LA REGION DU NORD EST EN RETARD PAR RAPPORT AUX AUTRES REGIONS DU MALI.C'EST LA RAISON POUR ELLE D' ETRE DECLAREE ZONE SOUS DEVELOPPEE DU MALI ET BENEFICIER D'UNE AIDE DE RATTRAPAGE.LES MODALITES D'ADMINISTRATION DE CE PROGRAMME SPECIAL SERA DETERMINEES PAR L'ASSEMBLEE NATIONALE .UNE GESTION COMMUNE ENTRE LES AUTORITES REGIONALES ET LA SOCIETE CIVILE POURRAIT ETRE ENVISAGEE. LA PRESENCE DE TOUTES CES ORGANISATIONS EXTREMISTES DANS LE NORD DU MALI NOUS OBLIGE A RECEVOIR L'AIDE MILITAIRE DE L'UNION AFRICAINE ET DE LA CEDEAO POUR CONTROLER EFFICACEMENT CETTE REGION.SI NOUS NOUS LAISSONS BERNES ENCORE PAR LES ARGUMENTS DE NEGOCIATIONS POLITIQUES ,CEUX QUI AVANCENT CES ARGUMENTS ATTENDRONT QUE LES CHOSES SOIENT TOTALEMENT POURRIES POUR PRENDRE LES CHOSES EN MAIN ET SERVIR PLEINEMENT LEURS INTERETS.IL FAUT BEAUCOUP DE RIGUEUR .IL FAUT PREPARER LA TROISIEME PHASE.LA REVISION TOTALE DE NOS RELATIONS INTERNATIONALES AUSSI BIEN POUR LA SECURITE QUE POUR NOTRE CROISSANCE ET DEVELOPPEMENT.UN SURSAUT EST UN DEPASSEMENT :AU LIEU DE TOMBER ,NOUS DEVONS ACQUERIR UNE VIGEUR SPECIALE.NOUS DEVONS DEVELOPPER LE SENS DE L'ETAT,REJETER LA CORRUPTION,LES CORROMPUS ET SURTOUT LES CORRUPTEURS.NOUS DEVONS NOUS SOUSTRAIRE DES RELATIONS QUI NOUS MAINTIENNENT DANS LA STAGNATION ET TIRER AVEC NOUS TOUTE LA CEDEAO.AINSI NOTRE HUMILIATION SERA-T-ELLE NOTRE VICTOIRE .CAR DANS CE MONDE IL FAUT GAGNER OU PERDRE. UNE NATION DEMANDE UN DEGRE DE LOYAUTE ENVERS L'ETAT.NOUS DEVONS BATIR UN SERVICE SPECIAL DE FONCTIONNAIRES ATTACHES A L'AVENIR DU PAYS ET AU BONHEUR DES POPULATIONS MALIENNES ET DE TOUTE L'AFRIQUE.
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