Préaccord d’Alger : Que cache le silence du gouvernement ?

07 Nov 2014 - 03:21
Mis à jour: 12 ans
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[caption id="attachment_568302" align="alignleft" width="300"]Débat à l’ONU sur la situation au Mali : Le ministre Diop demande un renforcement du mandat de la MINUSMA Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop[/caption] Le gouvernement du Mali semble éviter (abandonné) tout débat public sur le contenu du pré-accord, qui a été soumis à Alger par la médiation aux représentants de l’Etat et aux groupes armés. Les parties doivent le partager avec leur base. L’exécutif national a apparemment fait fi de cette démarche ou a-t-il décidé de ne pas révéler aux Maliens les propositions de sortie de crise de la médiation internationale ? Que veut-on cacher aux Maliens ?   A Alger, le gouvernement a fait des amendements sans consulter les populations. A Bamako, il n’a pas non plus révéler aux maliens le contenu du pré-accord pour la sortie de crise. Ses amendements peuvent-ils lui sauver la face ? De toute évidence, la couleuvre sera difficile à avaler pour l’Etat et pour les Maliens. Le document proposé par la médiation internationale préserve tout au moins l'unité nationale, l'intégrité territoriale et de la souveraineté de l'Etat ainsi que sa forme républicaine. Mais la laïcité est mise à rude épreuve. Pour caresser les complices djihadistes du Mnla et alliés dans le sens du poil, la médiation a suggéré une « revalorisation du rôle des Cadis dans la distribution de la justice, notamment en ce qui concerne la médiation civile et pénale, de manière à tenir compte des spécificités culturelles et religieuses ». Si le texte est adopté en l’état, le Mali ne sera plus une République laïque, mais tout simplement une République islamique. Car dans un pays composé à plus de 90% de musulmans, les Cadis seront la plaque tournante de la justice malienne. Voilà le sens dans lequel l’Algérie souhaite entraîner le Mali. Aussi, le pré-accord évoque une éventuelle révision de la constitution de 1992 pour prendre en compte les changements institutionnels. La médiation interpelle les différentes institutions de la République afin de prendre les mesures requises pour la révision de la constitution et pour l’adoption des mesures législatives et réglementaires nécessaires. Notre architecture institutionnelle connaitra un bouleversement important qui oblige l’Etat à réviser la constitution du Mali. Il sera mis en place une « deuxième chambre (Senat), représentant les collectivités territoriales et les notabilités traditionnelles et religieuses, et constituant avec l’Assemblée nationale, le Parlement du Mali. La représentation à l’Assemblée nationale sera améliorée. Le ratio habitants/député qui est actuellement de 60.000 habitants pour les régions du nord, passera à 30.000. La représentation équitable des ressortissants des communautés du nord du Mali dans les institutions et grands services de la République (Gouvernement, diplomatie, société d’Etat, etc.). A cet égard, un nombre minimum de postes ministériels, y compris dans les secteurs de souveraineté, devront revenir à des personnalités issues du Nord, de même que certaines fonctions électives... ». Dans cette dynamique, il y aura la mise en place de collectivités territoriales dotées d’organes élus au suffrage universel, bénéficiant d’un très large transfert de compétences et jouissant des pouvoirs juridiques, administratifs et financiers. Ainsi, la région sera dotée d’une Assemblée régionale élue au suffrage universel direct, dont le président est le chef de l’exécutif et de l’administration de la région. C’est une forme d’autonomie qui ne dit pas son nom. Surtout que le même texte donne la possibilité aux organes élus de changer la dénomination de leur région. Kidal pourra s’appeler « Azawad ». Ensuite, le pré-accord prévoit la création d’une force de sécurité intérieure, appelée police territoriale. Cette police sera placée sous l’autorité des collectivités locales, notamment les maires et présidents des conseils de cercle et de région. N’est-ce pas là une brèche que la médiation ouvre aux groupes armés pour caser tous leurs combattants qui ne seraient pas retenus dans les forces de défense et de sécurité nationales ? La médiation demande au gouvernement de se plier à cette autre exigence des groupes armés, en déconcentrant la fonction publique. « Le gouvernement s’engage à transférer aux collectivités territoriales les services déconcentrés relevant de leurs domaines de compétences ; rendre plus attrayante la fonction publique locale ; déconcentrer le recrutement dans la fonction publique territoriale, dont 50% des effectifs seront réservés aux ressortissants des régions du nord ». Voici, entre autres points (véritables pièges) contenus dans le document remis par la médiation algérienne au gouvernement du Mali et aux mouvements armés pour le partager avec leur base. A y voir de près, certains de ces points attribuent aux régions du nord des compétences dictées par l’autonomie ou le fédéralisme. La délégation gouvernementale, avant de revenir au pays, a certes déposé ses amendements (un document que nous publions dans son intégralité) à propos du texte, mais le gouvernement malien a choisi de garder le silence autour de ce compromettant document qui pourra bouleverser l’architecture institutionnelle de notre pays. Les Maliens ont le droit de savoir ce qui se trame contre eux à Alger. Idrissa Maïga      

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Commentaires (17)

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Sikasso
Sikasso 11 ans
Traitre
endriss
endriss 12 ans
Ce document na rien de noble a bas a tous ce qui vont accepté ce document sans modifications des dispositions ignoble que porte .Ce document doit être publié et débat es en langue national banbara (j'ai écouté un exposer de Mer Modibo keita qui defendais cet texte comme la meilleur)
Emoo
Emoo 12 ans
Le gouvernement veut mettre le peuple devant le fait accompli.... Ce pré-accord ne contient rien de bon... toutes les dispositions vont directement dans le sens de la partition du pays ou tout au moins vers une fédération bon teint et paradoxalement le président IBKONNERIE est muet comme une carpe de Sélingué...
Tibi
Tibi 12 ans
Un Gouvernement Republicain et Democrate devra faire revenir le Mali a la Democratie et a sda place de pays d'avant garde a moins que les defenseurs de la Constitution Republicaine n'intervienne avant. Ou La Cour Conmstitutionnelle,ou l'Assemblee Nationale.ou
tonton
tonton 12 ans
Eléments pour un accord pour la paix et la réconciliation au Mali Préambule – Volonté de parvenir à un Accord pour une paix globale et durable garantissant une solution définitive à la crise qui affecte les régions du nord du Mali, appelées par certains « Azawad »; – Analyse approfondie de la situation du Mali, en général, et en particulier celle des régions du Nord, appelées par certains « Azawad », marquées notamment par une violence cyclique qui à cause des souffrances indicibles, exacerbe l’incompréhension entre communautés et engendre une très grande pauvreté et un retard considérable en, termes de développement socio-économique par rapport au reste du pays, ainsi que le dysfonctionnement des institutions qui n’a pas permis aux populations locales de participer effectivement a la gestion de leurs propres affaires ; – Détermination à éliminer définitivement les causes profondes de la situation actuelle, promouvoir une véritable réconciliation nationale fondée sur une réappropriation de l’Histoire et la reconnaissance des dérives qui ont été à l’origine de la marginalisation d’une composante de notre peuple ; – Nécessité de reconstruire l’unité nationale du pays sur des bases novatrices, qui respectent son intégrité territoriale, tiennent compte de sa diversité ethnique et culturelle et de ses spécificités géographiques et socio-économiques, en même temps qu’elles permettent de valoriser la contribution des différentes composantes de notre peuple à l’édification d’un mali nouveau, dans le respect de son unité et de son intégrité territoriale ; – Nécessité de restaurer sans délai la sécurité, promouvoir durablement la paix et la stabilité dans notre pays et traduire dans la réalité les règles de bonne gouvernance, de transparence dans la gestion, de respect des droits de l’homme, de la justice et de lutte contre l’impunité ; – Impératif de la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée ; – Attachement aux instruments africains et internationaux pertinents, notamment l’Acte constitutif de l’UA et la Charte des Nations unies ; – Ayant à l’esprit les Accords antérieurs, ainsi que les difficultés rencontrées dans leur mise en œuvre et leur suivi ; Titre 1 Principes et engagements généraux Les Principes – Dans l’esprit de la feuille de route, attachement aux principes ci-après: a. respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Etat du Mali, ainsi que de sa forme républicaine et laïque ; b. respect et promotion de la diversité culturelle et linguistique et valorisation de la contribution de toutes les composantes du peuple malien, en particulier les femmes et les jeunes, à l’œuvre de construction nationale ; c. participation effective des populations à la gestion de leurs propres affaires, à travers un système de gouvernance prenant en compte leurs aspirations et leurs besoins spécifiques; d. promotion d’un développement équilibré de l’ensemble des régions du Mali tenant compte de leurs potentialités respectives; e. rejet de la violence comme moyen d’expression politique; f. recours au dialogue et à la concertation pour le règlement des différends ; g. respect des droits de l’Homme, de la dignité humaine et des libertés fondamentales et religieuses; et h. lutte contre le terrorisme, le trafic de drogues et les autres formes de criminalité transnationale organisée. Engagements généraux – Engagement à mettre en œuvre, intégralement et de bonne foi, les dispositions de l’Accord, reconnaissant la responsabilité première des parties cet égard. – les Institutions de l’Etat malien prendront les mesures requises pour la révision de la Constitution et pour l’adoption des mesures législatives et réglementaires nécessaires consacrant les dispositions du présent Accord et sa mise en œuvre – Une Charte nationale pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale sera élaborée, sur une base consensuelle, pour prendre en charge les dimensions mémorielles, identitaires, historiques et culturelles qui constituent les fondements de la Nation malienne ; – les dispositions de portée nationale arrêtées dans l’Accord seront mises en œuvre prioritairement dans les régions du Nord du Mali, sans préjudice des mesures spécifiques convenues pour cette partie du pays, – une période intérimaire s’ouvrira dès la signature de l’accord, – la communauté internationale sera garante du respect de l’Accord et accompagnera effectivement la mise en œuvre de ses dispositions en s’impliquant pleinement dans le mécanisme de suivi et d’évaluation prévu à cet effet. Titre II Questions politiques et institutionnelles Cadre institutionnel et réorganisation territoriale Mise en place d’une architecture institutionnelle et de développement permettant aux populations (du Nord) et du reste du Mali de gérer leurs propres affaires, sur la base du principe de libre administration et assurant une plus grande représentativité de ces populations au sein des institutions
ousmane
ousmane 12 ans
Cela apprendrera au Mali de ne pas avoir de VRAIS HOMMES D'ETAT au service du peuple au lieu d'etre toujour au service de ces petits politiciens sans vision.
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