Un militant du rpm à propos des accords d’Alger : «Halte à la manipulation de l’opinion»
Au RPM, sans passion, mais avec beaucoup d’objectivité, nous disons non à cette aventure institutionnelle qu’est l’Accord d’Alger dont la finalité serait de travestir la vérité, de s’arranger avec l’histoire, de complicité avec certaines presses immondes...
Au RPM, sans passion, mais avec beaucoup d’objectivité, nous disons non à cette aventure institutionnelle qu’est l’Accord d’Alger dont la finalité serait de travestir la vérité, de s’arranger avec l’histoire, de complicité avec certaines presses immondes et des journaux à scandales, de s’appuyer sur une société civile instrumentalisée et par finir, de trahir la constitution. Au RPM, lorsque nous disons faire la politique autrement c’est le refus d’adhérer à une alliance dont l’aboutissement serait la perversion des institutions politiques.
Au RPM, toutes nos actions et toutes nos prises de position sont en harmonie avec l’article 28 de la Constitution de la République du Mali, et l’article 39 de la charte des partis politiques. C’est ici que la déclaration du Bureau Politique National du RPM sur l’Accord d’Alger trouve toute sa signification.
Au RPM, nous convenons que le droit des Maliens à la vérité est inaliénable. C’est d’ailleurs au nom de ce droit et de cette vérité que les lecteurs, l’opinion nationale et internationale ont pu constater qu’au lieu d’un débat franc et loyal avec les autres institutions de la République, les partis politiques, les organisations syndicales et la société civile éclairée, les médiats d’Etat sont utilisés pour faire passer le bien fondé de l’Accord d ‘Alger. Cette manipulation de l’opinion publique nous rappelle l’époque konaréenne, où ce dernier avait voulu par la même méthode imposer une révision constitutionnelle au peuple malien.
Le champ politique du Mali, à travers les accords d’Alger, est devenu un véritable festival d’où les récitals organisés sont pour des mélomanes de véritables régals. Dès lors l’Etat malien n’est plus qu’un vaste champ de course pour le pouvoir. C’est la ruée vers le pouvoir et l’érosion de la légitimité de l’Etat.
Pour certains responsables de partis politiques, le multipartisme intégral a un contenu bénéfique : leur transformation très rapide en grands rentiers d’Etat.
Contrairement à certains partis politiques, le Bureau Politique National du RPM a estimé que le 5 juin 2005, loin d’être l’occasion pour exprimer un soutien quelconque au Président de la République, a attiré l’attention de ce dernier sur des difficultés, singulièrement au plan économique : «le pays a connu un taux de croissance négatif en 2004 de l’ordre de 2,7 %. Un nombr:e significatif de Maliens, notamment dans le septentrion du pays souffrent d’une crise alimentaire grave, comparable à celle de 1973. L’augmentation continue des prix des denrées de première nécessité, des hydrocarbures et autres produits interpelle le Gouvernement».
Ce conseil est une sincérité, une loyauté, un acte patriotique qui ne saurait être un bellicisme. Contrairement, à des partis politiques dont la légitimité est proportionnelle à leur allégeance à Koulouba, par rapport aux accords d’Alger, le Bureau Politique National du RPM s’est assumé devant l’histoire. Dans sa déclaration nous lisons : «Tout le processus qui a conduit à «l’Accord» dit d’Alger s’est déroulé de façon monarchique. Le fait du prince n’est pas acceptable dans une démocratie. A moins que notre régime politique n’ait changé».
Le septentrion du Mali a toujours été le souci de tous les Maliens. C’est l’occasion de rappeler : «qu’en fin de l’an 1959, la première bombe atomique française explose au Sahara à Reggan. Malgré l’opposition de feu Modibo Kéïta (paix à son âme), les membres de la communauté ont donné leur accord à la France pour cette expérimentation, ailleurs les réactions sont plus ou moins vives. Le Ghana gèle les avoirs français ; le Maroc, qui considère Reggan comme partie du territoire national rappelle son ambassadeur à Paris et dénonce l’Accord diplomatique de 1956». (Voir Philippe Gaillard, la courte marche vers l’indépendance, Jeune Afrique n°1303‑1304 des 25 décembre 1985/janvier 1986 pages 55 et 56).
La main qui écrit, après avoir écrit, tourne la page. Comme en histoire il faut aussi tourner la page, mais, sans la déchirer. Le 22 septembre 1960, la République du Mali a tourné cette page de Reggan. Mais hélas! Au mois de mai 1966, six ans après l’indépendance, feu le Président Modibo Kéïta, (paix à son âme), a reçu dans son bureau à Koulouba, l’envoyé spécial de Jeune Afrique, Monsieur Justin Vieyra.
Pendant trois heures d’horloge, dans ce dialogue plus qu’interview la question centrale que Monsieur Vieyra cachait derrière celle de la bombe chinoise, le Président l’avait comprise et lui avait répondu dans un langage simple, clair et direct : «... en ce qui concerne la bombe française, nous avions à l’époque protesté, non pas parce que c’était une bombe française, mais parce que l’explosion se faisait en terre africaine, au Sahara» (voir Justin Vieyra, Modibo Kéïta parle, Jeune Afrique n°280 du 8 au 21 juillet 1966, page 8).
Le RPM n’est pas et ne saurait être l’ennemi du Général Amadou Toumani Touré. En patriotes sincères et en démocrates convaincus nous ne demandons pas au Président Amadou Toumani Touré de fonder une République, nous lui demandons simplement de conserver la République. Donc d’exercer pleinement son pouvoir, mais dans le strict respect de la Constitution. Cela ne peut faire de nous des bellicistes.
En 1992, certains leaders politiques se sont installés avec un grand bruit s’affichant ainsi comme les meilleurs de la scène politique. Mais hélas, comme le disait le poète français: «Tout passe. L’espace efface le bruit» (Victor Hugo, les Orientales).
La déclaration, du Bureau Politique National du RPM dérange aujourd’hui, cependant l’histoire nous enseigne que lorsque les mandataires d’un peuple n’ont de compte à rendre à personne de leur gestion, ce peuple n’a point de Constitution, il assiste à la mort de la République. A ce stade du débat, permettez moi de poser trois questions aux intellectuels maliens :
l°) Comment les intellectuels maliens restent‑ils en dehors de la vie du pays au moment où l’avenir de l’intégrité du territoire est menacé.
2°) La Constitution fut un idéal du 26 mars 1991, comment les intellectuels maliens soutiennent-ils aujourd’hui la banqueroute de cet idéal ?
3°) Où est la place et le rôle des intellectuels dans la conservation de la République ?
Somita KEITA
Rue 364 porte 150
Dravéla