Les emissaires de la junte en visite dans la sous-region: Les militaires ont-ils lâché Choguel ?

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Plusieurs émissaires maliens, ces derniers temps, ont été dépêchés auprès des chefs d’Etat de la sous-région. Si rien n’a filtré autour de ce soudain ballet diplomatique de Bamako, certains observateurs n’écartent pas une probable fin de parcours pour le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, cristallisant aujourd’hui tous les récents quiproquos politico-diplomatiques que le pays a connus.

C’est un véritable ballet diplomatique qui se déploie de Bamako vers les capitales ouest-africaines : le président du CNT, le colonel Malick N’Diaw, est en visite à Ouagadougou, tandis que le ministre de la Défense, le colonel Sadio Camara, lui, est en mission auprès du président ivoirien, Alassane Ouattara, à Abidjan.

En si peu de temps, des barons de la junte militaires sillonnent certaines capitales ouest-africaines pour porter officiellement des messages du président de la transition, le colonel Assimi  Goïta, à ses homologues de la sous-région. Le fait diplomatique est inhabituel pour passer inaperçu, en raison justement du contexte particulier dans lequel se déroulent ces visites diplomatiques bien ordonnées.

En effet, le contexte diplomatique est tendu entre le Mali et plusieurs pays de la sous-région, suite à l’expulsion du représentant de la Cedeao au Mali par les autorités maliennes. Si, à en croire les informations très crédibles des milieux diplomatiques, ce dossier était en voie d’un règlement pacifique entre les autorités maliennes et burkinabé (tout le processus du dénouement heureux du remplacement du diplomatique burkinabé en cause était pratiquement clos), beaucoup d’acteurs politiques de la sous-région n’ont pas apprécié la soudaine tournure, jugée brutale et extrême, qu’a prise cette affaire à Bamako.

D’où le point de départ, dans la sous-région, de plusieurs incompréhensions, ayant cristallisé les rapports entre Bamako et de nombreuses capitales ouest-africaines. A voir également que le sommet des chefs d’Etat de la Cedeao est déjà programmé pour ce dimanche, et qu’il est annoncé comme celui de la dernière chance pour la transition malienne, on comprend alors bien pourquoi les autorités maliennes dépêchent des émissaires dans la sous-région, dans le but certainement d’aplanir certains malentendus.

Une volonté d’ouverture vers la communauté des autorités de la junte qui n’est pas sans intérêt dans le contexte actuel, marqué par une certaine hostilité contre la Cedeao, entretenue dans la rue. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le ministère des Affaires étrangères, ces derniers temps, a jugé utile de publier un communiqué officiel, dans lequel il apporte un démenti cinglant sur les propos prêtés au chef de la diplomatie malienne, justifiant un retrait probable du Mali de la Cedeao.

S’il est de bon ton d’admettre que le Premier ministre Choguel K. Maïga, pour des raisons qui lui sont propres, est désigné comme étant le catalyseur de toutes ces controverses diplomatiques, nées, on le sait, depuis ses accusations en règle contre certains partenaires du Mali, comme la France, et qui se sont poursuivies avec la décision du gouvernement de la transition d’expulsion du représentant de la Cedeao au Mali, il est évident qu’il risque d’en essuyer les conséquences immédiates.

Désaveu du CNT

L’autre actualité brûlante, à l’interne, qui n’est pas sans conséquence directe sur les relations entre les institutions de la République, et qui risque d’assombrir l’aura du Premier ministre, c’est bien sûr la récente résolution prise par le CNT dans l’affaire de Kaou N’Djim, 4ème vice-président du CNT, interpellé et écroué à la prison centrale de Bamako par le juge du tribunal de la commune IV pour « atteinte au crédit de l’Etat et troubles à l’ordre public ».

A y regarder de près, cette résolution du CNT, suite aux travaux de la commission ad hoc, ayant demandé la suspension de la détention de l’intéressé, est un véritable désaveu politique vis-à-vis du gouvernement de la transition. Un acte de grande déviance que le Premier ministre doit absolument assumer les conséquences.

Dans leurs récriminations, les membres du CNT, d’une écrasante majorité de voix, ont désapprouvé la procédure judiciaire ayant conduit à l’incarcération d’un des leurs, estimant, en toute connaissance de cause, qu’il y a eu violation de la loi, en ce sens que l’intéressé, comme membre du CNT, bénéficie absolument de l’immunité. Une grosse entorse à la loi, si opportunément révélée par une institution de la transition qui reste comme une grosse épine dans le pied du chef du gouvernement.

Si ce n’est pas un nouveau bras-de-fer qui éclate ainsi au sein des institutions du pays, jetant le trouble dans la marche d’une transition qui peine à focaliser sur elle toutes les énergies politiques nationales, c’est quand même une situation bien malaisée entre cet organe législatif de la transition et le gouvernement qui aura certainement des répercussions immédiates.

Pour toutes ces raisons, et bien pour beaucoup d’autres, liées à la brûlante actualité politique se rapportant sur les conditions difficiles d’organisations des prochaines assises nationales, dont le caractère d’inclusivité est mis en mal, plusieurs analystes politiques ne vendent plus cher la peau du Premier ministre Choguel Maïga, qui a pensé un moment qu’il peut, lui, se faire une place au soleil en se mettant dans le clivage et dans la stigmatisation tous azimuts.

Il peut en faire aujourd’hui les frais d’autant que les militaires de la junte, eux, ballotés par les nombreuses menaces qui s’entassent sur la transition, pourront très rapidement opter pour une solution, toute pratique, de se décharger d’un Premier ministre, devenu encombrant et problématique, pour tenter une certaine ouverture politique, bien nécessaire en vue de mettre le cap sur une transition moins orageuse et plus consensuelle.

Oumar KONATE     

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3 COMMENTAIRES

  1. Bonsoir,

    Ce n’est pas le moment de fagiliser davantage la transition par des querelles internes et des suspicions. Les Maliens doivent rester soude’s pour contribuer au sursaut national.

    Les explications sur la transition donne’es par le PM Choguel Maiga, son’t e’difiantes mais il convient de ne pas allonger Les e’changes car ils pourront ressembler a un Bras de fer face a la CEDEAO et la France. Compte-tenu des liens strategiques avec ces derniers, ils pourront faire plus mal a un pays fragile comme le Mali.

    La CEDEAO se trompe en sanctionnant autant de Maliens pour une de’cision a laquelle ils n”ont pas contribue’ a e’galite’.

    En plus le retard accumule’ n’est pas du a eux seuls mais aussi a la lenteur de la communaute” internationale, en particulier la CEDEAO, dan’s la prise de decisions et pour les synchronisations.entre membres.

    C’est pourquoi, la CEDEAO et la communaute’ internationale doivent etre sanctionne’es comme je l”avais propose’ pour l’accord de paix a Travers le pacte pour la paix.

    Pensons a l’e”galite’ des acteurs pour avancer ensemble de facon e’quilibre’e et juste.

    Dr Anasser Ag Rhissa
    Expert TIC, Gouvernance et Se’curite’
    Email : [email protected] fr

  2. Apparemment, l’offensive médiatique initiée par la France au travers de journalistes locaux en mission et soutenue par des politiciens maliens qui pensent que leur heure est venue, bat son plein. La focalisation et la cristallisation de toutes les récriminations sur la seule personne de Choguel Maiga montre bien que le souci de ces affidés du néocolonialisme n’est pas la situation du Mali ou le sorty des Maliens ou même ce qui pourrait arriver au Mali: il s’agit d’abord et avant tout de liquider un et un seul individu: Choguel Maiga pour pouvoir espérer prendre sa place. Pour la France, Choguel est le condensé de ses problèmes en raison de son background soviétique. Pour la France Choguel est l’empêcheur de tourner en rond et celui qui favorise la rapprochement tant craint avec Moscou car ce rapprochement signifierait la fin de la mise sous tutelle du Mali et l’obtention par le Mali des moyens de se défendre sans avoir recours à Paris pour qui la faiblesse de l’armée malienne (qu’elle entretient en empêchant le Mali d’accéder aux équipements qui lui permettraient de se défendre) est la condition même de sa présence sur le territoire malien qu’elle occupe militairement. Il s’agit pour la France de mettre les Maliens dans l’incapacité de se défendre de façon efficace pour justifier son occupation du territoire malien sous prétexte de lui apporter de l’aide. Choguel est donc devenu l’homme à abattre avant que les militaires russes foulent le sol malien et que les petites astuces de filou déployées par la France ne soient révélé à la face du monde.

    C’est une aubaine pour certains politiciens de l’intérieur motivés par la jalousie et d’autres raisons moins avouables. Ces politiciens tels que l’opportuniste notoire Tiébilé Dramé pensent qu’il faut profiter de cette situation pour débarquer Choguel et se hisser à sa place. Ils sont donc les alliés objectifs de la France dans sa tentative de maintenir les Maliens en esclavage. C’est pourquoi ils s’agitent et sautillent comme des cabris diabolisant le Premier ministre sans aucune raison objective car personne ne voit ce qu’ils lui reprochent concrètement quand il s’agit des problèmes réels auxquels le Mali fait face. Ces problèmes sont le cadet des soucis de ces Maliens et ces politiciens opportunistes et carriéristes ne les évoquent jamais. Aucun contraire, ils se lancent dans des attaques personnelles par l’intermédiare de certains journalistes et intellectuels payés pour mentir.

    C’est toujours la même vieille stratégie de diviser pour régner. C’est ce que de Gaulle appelait, dans ses mémoires, la discorde chez l’ennemi. Semer la discorde au sein du gouvernement de transition est donc devenu le leitmotiv de la France et des ennemis du Mali, y compris ceux qui agissent à l’intérieur. En séparant Choguel de Goita, en faisant le vide autour de Goita, on l’abattra plus facilement car ces politiciens pensent à tort que Choguel est la tête pensante de la transition, que Goita n’est qu’un militaire qui pour eux ne réfléchit pas et que ce sera un jeu d’enfant que de s’en débarrasser une fois Choguel écarté. Donc, feu sur Choguel, de tous les côtés et sans restriction. Goita est à la croisée des chemins. Il ne faut pas se le cacher. Il faut se dire la vérité telle qu’elle est: les ennemis du Mali sont décidés à se débarrasser de ce gouvernement. D’une manière ou d’une autre. Ce n’est donc pas le moment pour Goita de se séparer de ses plus fidèles alliés et de ses plus loyaux collaborateurs, ceux à qui son destin est irrémédiablement attaché. C’est une fausse solution de facilité et le plus court chemin vers la catastrophe. Je dis aussi ceci: il ne nous reste plus beaucoup d’options. La seule garantie absolue pour le Mali est que le pays obtienne la signature de cet accord avec les Russes pendant qu’il est encore temps. C’est une urgence. Les hésitations et le manque de résolution ne sont pas de mise car nos ennemis eux n’hésitent pas et avancent leurs pions. A bon entendeur, salut.

    • Oui MODIBBO, la France et la Russie n’ont d’autres soucis que de s’affronter à cause de ton pays de merde, exportateur de misère, de pauvreté, de clandestins et de merde. Tu peux continuer dans ton fantasme mais la Russie ne va pas se mettre la France à cause d’un pays qui ne lui sert à rien. Pour ta gouverne, la puissante Russie a besoin de la France pour pouvoir se doter du matériel militaire que elle-même ne sait plus fabriquer. C’est pourquoi depuis 2015 elle attend désespérément que la France lui rende ses deux MISTRALS. La France était sur le point de rendre à la Russie les deux sous-marins nucléaires que celle-ci avait commandé. Les militaires Russes étaient même en formation sur les MISTRALS quand la Russie a envahi l’Ukraine. La France et les pays sérieux ont tous décrété un embargo sur la Russie. Elle a résilié le contrat et remis à la Russie ses 17 milliards de dollars.

      Il n’y a rien de merveilleux dans ce monde que les humains fabriquent et que la France ne fabrique pas. Toi Africain, tu es assis sur 60% des terres cultivables sur la planète tout en étant la terre de la famine. Tuproduis du cacao sans avoir les moyens d’acheter du chocolat pour tes enfants. Tu produis du coton pour te contenter de porter la friperie. Tu produis du manganèse pour te contenter de regarder dans le ciel les avions que les autres fabriquent avec. Tu produis du Coltan pour ceux qui font des smartphones, des ordinateurs que tu ne peux pas acheter. Tu es riche et eux ils sont pauvres, n’est-ce pas ? Sans le Mali la France crèvera de faim, n’est-ce pas ? Dieu sait bien faire les choses, ton ignorance et ta connerie sont la richesse des autres….

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