Réconciliation nationale au Mali : Comment renforcer la dynamique ?

Le contexte socio politique national inspire à s’interroger sur la problématique de la réconciliation nationale dans la crise multidimensionnelle que traverse le pays.

17 Sep 2025 - 02:14
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Réconciliation nationale au Mali : Comment renforcer la dynamique ?

Le lundi 15 septembre 2025 a été marqué par la cérémonie de lancement de la 4ème édition de la semaine nationale de réconciliation. C’était en présence du ministre de la Réconciliation, le Général Ismaël Wagué. Cet événement, qui s’est finalement institutionnalisé attire l’attention sur la nécessité pour le peuple malien de se réconcilier avec lui-même. Ceci s’impose dans la mesure où le pays est fortement marqué par diverses déflagrations sociopolitiques(violences crises), ayant touché ses fondements.

Or, il est incontestable que la cohésion sociale, l’unité nationale, l’intégrité territoriale sont fortement atteinte ou menacées depuis plusieurs années au Mali.

En effet, de nombreuses divergences secouent les forces vivent du pays. C’est ainsi que de fortes dissensions existent entre les hautes autorités de la transition et plusieurs pans de la société. Le pouvoir n’arrive pas toujours à s’entendre avec une bonne franche de la classe politique par rapport aux orientations stratégiques prises par l’Etat. C’est pourquoi la  plupart des réformes politiques et institutionnelles manquent de consensus dans leur conception, dans leur adoption, et dans leurs mises en œuvre. Cela n’a-t ’il pas conduit les pouvoirs publics à prendre la décision de dissoudre les partis politiques en mai dernier ? Ce contentieux n’est-il pas encore pendant devant la justice ?

Cette guéguerre freine la volonté des uns et des autres de sceller une « union sacrée » pour sortir le pays de la crise. Comment alors renforcer une quelconque dynamique de réconciliation nationale ?

En outre, les autorités de la transition, dans leur gouvernance de « lutte contre l’impunité » sont amenées à enregistrées ou favoriser plusieurs procédures judiciaires…ce qui fait qu’aujourd’hui de nombreux cadres politiques sont en détention. Malgré les appels à libérer ces acteurs de la classe politique, rien ne bouge dans ce sens. Cela n’est-il pas aussi un gros défi pour la réconciliation nationale ?

Par ailleurs, le pouvoir du Général Assimi Goita peine à souffler dans la même trompette que les mouvements irrédentistes du nord du pays. Les autorités n’ont-elles pas rejetés l’accord pour la paix et la réconciliation issue du processus d’Alger. Ce qui fait que les ex-mouvements du septentrion malien refuse de déposer les armes. Une situation qui donne l’impression d’avoir jeté de l’huile sur le feu du terrorisme dans le pays. Conséquences : la crise sécuritaire se métastase dans le pays causant d’énormes préjudices aux paisibles populations du vaste territoire malien.

En effet, il ne se passe plus aucune semaine sans attaques terroristes dans diverses zones du pays avec de nombreuses victimes humaines et matériels…

Ainsi le territoire national est occupé par endroits par des hordes de terroristes et de criminels toujours à mettre le pays à feu et à sang. Comment incité alors un peuple aussi meurtri à se réconcilier avec lui-même.

D’un autre côté, les agitations relatives à des tentatives de déstabilisation ne favorise point la volonté de réconciliation formulée par le peuple malien dans son ensemble. Les récentes arrestations opérées au sein des Famas suscitent des interrogations.

Ce qui poussent les observateurs à se demander si la Mali pourra se réconcilier avec lui-même. Car, des faits majeurs de l’histoire du pays (04 ou 05 coups d’Etat) et les récents évènements de l’actualité poussent à être dubitatif sur cette réconciliation nationale que l’on vante tant.

Boubou SIDIBE /maliweb.net