Après la chute d’IBK, quid des rapports avec les Cherif de Nioro ?

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Lors de sa manifestation de soutien à la junte de Kati, vendredi, l’autorité morale du M5-RFP, Mahmoud Dicko, n’a pas manqué d’évoquer le nom du Cherif de Nioro et de rappeler le rôle de premier plan que l’ami Bouyé Haïdara a joué dans la lutte conclue finalement par la chute du régime d’IBK. Mais l’orateur a beau tenter de réconcilier ses masses avec le leader  «hammaliste», l’évocation de son nom n’a pu rencontrer l’enthousiasme et la ferveurs habituels. Et pour cause : quelques jours avant le renversement du régime par les militaires, le mentor de Mahmoud Dicko affichait officiellement sa rupture avec le mouvement contestataire du président de la République, en lui reprochant des propos désobligeants à son égard et à l’égard des siens. Ce n’est pas tout. Il se trouve par ailleurs que le Cherif est pour l’heure le plus grand perdant de l’évolution dramatique de la situation avec notamment l’arrestation des membres du gouvernement restreint. Il s’agit d’une équipe qu’on peut qualifier de «hammaliste» au regard de la présence massive de ministres de son obédience. Les maintenir en état de détention sera sans doute un facteur de rupture entre Kati et Nioro, qui pourrait être extensible à Mahmoud Dicko après qu’il ait applaudi les putschistes en même temps que le M5-RFP.

Les deux langages de Macron 

Emanuel Macron effectue une brillante entrée à l’école des politiques à multiples langages. Il en a été contraint, selon toute évidence, par le malaise auquel est confronté son ami ivoirien Alassane Dramane Ouattara, au secours duquel le patron de l’Elysée a cru bon de voler quant à la polémique qui entoure sa course à un troisième mandat présidentiel. Pour ce faire, le jeune président français a même senti le besoin de trahir ses convictions et son état d’esprit démocratique. Il s’est vu obligé, en clair, de saluer la décision d’ADO de se porter candidat au nom de la continuité alors qu’une année auparavant le même président français assimilait son renoncement à la candidature à une leçon de démocratie administrée par son homologue ivoirien aux Africains. Comme quoi, la versatilité n’est pas l’apanage des seuls politiques du continent.

Ça va chauffer pour ceux qui ont géré l’armée 

Avec l’avènement d’une junte dont les composantes sont frustrées par la gestion de la Loi de programmation militaire, les dossiers de défense risquent de connaître un rebondissement plus spectaculaire que l’effet qu’a voulu leur donner l’ancien ministre Malick Coulibaly. A défaut d’une réactivation de l’affaire des équipements militaires classée sans suite, on peut s’attendre à un réchauffement du sulfureux dossier des hélicoptères cloués au sol, qui a tant défrayé la chronique. L’audit de la manne des 1 200 milliards dédiés à l’armée pourrait aussi réveiller un récent dossier qui pend au nez de la hiérarchie militaire. Les troupes sont en effet persuadées de l’existence d’une tricherie bien huilée à l’intendance militaire et qui a consisté à gruger les éléments par des coupes malicieuses sur leurs salaires. Ils disent avoir découvert le pot aux roses avec l’existence de deux fiches de paie aux contenus différents pour la plupart des cas : une fiche où le salaire des intéressés est majoré et une autre où aucune prime de fonction ne figure. Ils en ont conclu un surplus salarial budgétisé à leur nom et détourné au profit de la plus haute hiérarchie.

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