Financement du secteur eau, hygiène et assainissement dans les communes de Samabogo et de Dialakorodji : Une étude de l’ONG Amasbif révèle l’absence de ligne budgétaire dans les deux localités

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Les dirigeants de l’ONG Amasbif étaient le week-end dernier face à la presse pour lui présenter les résultats de son étude réalisée sur les budgets alloués à l’eau l’hygiène et l’assainissement dans les communes de Samabogo et de Dialakorodji respectivement dans les cercles de Bla et de Kati.

Cette conférence de presse était animée par la présidente de l’ONG Amasbif, Mme Barry Aminata Touré, qui avait à ses côtés le directeur de programme, Djembéré Alamir Touré.

Réalisée avec le soutien financier de l’ONG britannique Water Aid, cette étude a porté sur les  budgets alloués aux circonscriptions citées pour les périodes 2016, 2017 et 2018 dans le domaine de  l’eau, l’assainissement et l’hygiène.

Pour la conférencière, cette initiative se justifie par le fait que le gouvernement du Mali s’est engagé en avril 2014 à allouer davantage de financements (au moins 5 % du budget national à l’assainissement et à l’eau) dans le cadre de l’initiative SWA (eau et assainissement pour tous) à partir de 2015.

A la conférence AfricaSan4, tenue à Dakar (Sénégal) en 2015, a-t-elle expliqué, les ministres africains dont celui du Mali en charge de l’Hygiène et l’Assainissement ont envisagé de “réaliser un accès universel aux services appropriés et durables d’hygiène et d’assainissement et mettre fin à la défécation à l’air libre d’ici 2030 à travers le respect des engagements”.

Il s’agit, entre autres, de mettre l’accent sur les plus pauvres, les plus marginalisés et les personnes n’ayant pas accès aux services d’hygiène et d’assainissement. Ce, dans le but de réduire progressivement les inégalités d’accès aux services Aepha et à mettre en œuvre des stratégies locales et nationales mettant l’accent sur l’équité et la durabilité. Et faire suivre des lignes budgétaires dédiées à l’hygiène et l’assainissement qui augmentent annuellement afin d’atteindre l’objectif minimum de 0,5 % du PIB d’ici 2020 et à mettre en œuvre des stratégies locales et nationales mettant l’accent sur l’équité et la durabilité, établissement et le suivi des lignes budgétaires dédiées à l’hygiène et l’assainissement qui augmentent annuellement afin d’atteindre l’objectif minimum de 0,5 % du PIB d’ici 2020.

Les résultats de l’analyse

A l’analyse de ces résultats, a poursuivi Mme Barry, il existe un Programme de développement économique, social et culturel (Pdsec) bien détaillé de la Commune de Dialakorodji couvrant la période de 2017-2021. “Le champ de l’étude, selon les termes de références, couvre la période 2016-2018. Ce Pdsec prévoit sur 2017-2021 des réalisations pour l’eau à 507,3 millions de F CFA et pour l’hygiène et l’assainissement à 110,2 millions de F CFA. Les seules réalisations connues sont celles de l’ONG Amasbif concernant l’hygiène et l’assainissement pour un montant de 13,5 millions de F CFA en 2017”, a précisé Mme Barry.

Pour le cas de la Commune de Samabogo, la situation n’est pas aussi reluisante, car malgré un Pdsec qui couvre la période 2016-2020 avec des prévisions de plus de 400 millions F CFA pour l’assainissement  et l’eau, les visites sur le terrain ont révélé que plusieurs réalisations ont été faites dont pour les adductions d’eau dont des pompes à motrice humaine dans la Commune de Samabogo, dans les villages de Bogoni, Kokasso, Dossorosso-Dossorosso, Kolomosso, Nougoual…

“Ces réalisations ont été faites par les ONG Aprofem et Alphalog”, a-t-elle soutenu. Ce qui fera dire à la présidente que l’analyse des budgets des communes de Dialakorodji et Samabogo montre que les principes d’exécution du budget ne sont pas respectés et que les questions d’eau, hygiène et assainissement, bien que prévues dans les Pdsec, ne sont pas traités dans les budgets. “En effet, l’assainissement et l’hygiène constituent une seule ligne dans le budget et cela doit être revu pour que les communautés puissent vivre dans un environnement sain”, a suggéré la conférencière.

Cette étude fait plusieurs recommandations adressées aux communes, au gouvernement et aux partenaires.

Elle invite les communes à appliquer les règles d’exécution du budget communal, planifier des budgets eau, hygiène et assainissement pour satisfaire les besoins des usagers, améliorer la qualité des documents et leur accessibilité aux citoyens, adapter la nomenclature budgétaire de l’Uémoa aux budgets des communes pour une lisibilité des budgets de l’assainissement et insérer dans les budgets  les planifications et réalisations des tiers dans la commune.

Le même document invite le gouvernement à améliorer la qualité des documents budgétaires pour le rendre accessible aux citoyens, à faire appliquer la nomenclature budgétaire de l’Uémoa et transférer les ressources budgétaires conformément aux textes des collectivités territoriales.

Aux ONG, l’étude demande de faire ressortir le coût des réalisations eau et assainissement afin de les intégrer dans les budgets des communes d’intervention, car selon le document, le manque de financements et la non-traçabilité des budgets de l’Aepha sont nuisibles à l’atteinte des objectifs de développement dans le secteur.

                             Kassoum Théra

 

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1 commentaire

  1. C’est quand tu te promène dans la commune de Dialkorodji que tu rend compte d’énormes difficultés que ses populations font face sur ces collines arides. Des milliers de familles sont littéralement déconnectées du reste de Bamako …pas d’eau, pas d’accès aux centres de santé, pas électricité, pas de magasins, pas de bon lotissement. Or, les maires incompétents de cette commune ont vendu chaque cm2 autour….., avant de se construire des ecoles privées, de belles maisons avec forages, de parcelles a locations etc. Tu ne pourras jamais trouver une autre zone urbaine aussi entassée, délabrée et poussiéreuse que les alentours du marché de Dialakorodji; les gens y vaguent comme des cafards qui sortent des poubelles. C’est le sommet de l’incompétence et la médiocrité municipale qu puisse être. De toute l’Afrique je ne croie pas qu’une avenue plus sale et plus anarchique que celle qui lie Banconi a Dialakorodji. Cette route est littéralement envahie par une caravane de charrettes d’ânes, des vendeurs de rues, de bricoleurs, de moto taxi katakatani, de piétons etc..

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