Turbulences du Programme de Vérification des Importations (PVI) : LES MINISTRES TRAORE ET MAIGA BIENTOT A BAGADADJI

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Le Ministre de l’Economie et des Finances et son collègue en charge du Commerce et de l’Industrie seront entendus par des députés de l’Assemblée nationale, pour fournir toutes les clarifications nécessaires concernant la gestion du Programme de Vérification des Importations (PVI). Sans nul doute, les agissements scandaleux de Moussa Balla Coulibaly passeront à la trappe des parlementaires décidés à y voir plus clair sur la destination des milliards collectés chaque année au titre de ce même programme au nom duquel le patron du CNPM se tape en douceur des centaines de millions de CFA chaque année.

Nos dernières sorties concernant la gestion scandaleuse du Programme de vérification des Importations ont eu des échos favorables. Les réactions sont venues du côté de l’Assemblée Nationale où des députés ont interpellé Aboubacar Traoré et Choguel Maïga, respectivement ministre de l’Economie et des Finances et ministre de l’Industrie et du Commerce. Nos députés viennent de poser ainsi un acte républicain en demandant à ces deux représentants du gouvernement de s’expliquer face à la nation entière, aux fins de dissiper l’opacité qui entoure les milliards collectés au titre du PVI.
Cette interpellation fait suite au verdict du Tribunal administratif de Bamako qui a donné raison à la Cotecna opposée au choix de Bivac comme son remplacement en tant qu’opérateur du PVI au Mali. A l’appui de sa contestation, la Cotecna avait soulevé moult griefs et incohérence qui ont révélé que les dés étaient vraiment pipés en faveur de BIVAC. Pourtant cette dernière ne remplissait pas toutes les conditions requises. La seule et unique chance de BIVAC est d’être parrainée par le boss du CNPM dont le marché du PVI est bien une aubaine.

Mais malgré la décision de justice ayant cassé le marché d’attribution du PVI à BIVAC, et nonobstant l’interdiction du Premier ministre, le ministre des Finances et le patron du CNPM ont poursuivi des négociations avec cette même société, en violation flagrante de la loi. Indignés par cette situation, beaucoup de représentants d’organismes internationaux avaient commencé à se poser des questions sur l’avenir des affaires au Mali avec pareilles pratiques. Surtout que cette bévue survient au moment où le volubile Ousmane Thiam vient de terminer son méga-show sur la promotion des investissements dans notre pays.

C’est à croire que dans l’entourage du Président ATT on a du mal à lier les déclarations aux actes. On se plairait peut-être à poignarder le Chef de l’Etat dans le dos, au moment où les vautours, encagoulés en auteurs anonymes, cherchent de la matière pour assouvir leurs besoins de destruction démoniaque de l’image du Mali en général et de celle de nos dirigeants en particulier.
Heureusement que dans ce pays il y a encore des gens honnêtes, intègres et qui, en véritables patriotes, refusent de hurler avec les loups dans les bergeries ou de participer joyeusement au festin des hyènes. En effet, ils sont légion ceux qui nous ont écrits ou appelés après notre série d’articles sur le PVI, pour nous encourager et nous féliciter.

Mais quand un Gouvernement choisit de braver la justice, faisant fi des arrêts du temple de Thémis, l’Assemblée Nationale a beau jeu de voler au secours des citoyens pour rechercher la vérité. De toute façon, les deux ministres précités vont se soumettre au feu roulant des questions embarrassantes des députés. Il ne faut pas s’y méprendre car vu les contours de ce dossier épineux, aux relents d’une caverne d’Ali Baba, la pertinence ne manquera certes pas aux élus de la nation.

Qu’on ne pense pas que cette séance d’interpellation est une simple mascarade ou un one-man-show à ranger au placard des sorties maladroites de Cheikh Hamala Bathily. Non, il s’agit en fait du premier acte d’une grande enquête initiée par les parlementaires pour lever le voile sur des pratiques maffieuses entretenues autour du PVI par une caste d’affairistes sans foi ni loi pendant près d’une décennie. Demander des éclaircissements, disons des comptes aux deux ministres ne suffit pas, les députés veulent aller au fond du dossier pour déceler les mic-macs et autres tours de passe-passe qui ont gracieusement enrichi Moussa Balla Coulibaly et sa bande pendant que les Maliens broient du noir. Une commission d’enquête parlementaire sera en effet mise en place pour passer au peigne fin (maliweb . net vous livrera la suite) la gestion du dossier PVI ces dernières années et s’informer en même temps sur la destination de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA engrangés par ce même PVI.

De toutes les façons, nous sommes à l’aise de rappeler qu’il ne fallait jamais laisser cette tontine à la seule disposition de Moussa Balla Coulibaly, au nom d’une prétendue subvention consécutive à la responsabilité du CNPM au sujet de la gestion du PVI. Sous d’autres cieux, ce fait aurait constitué un délit puni sévèrement et auquel répondraient tous ceux qui, de près ou de loin ont voulu bénéficier du beurre, de l’argent du beurre et du sourire de la crémière.

En affectant des fonds à une organisation privée, sans compter les dessus et dessous de table maquillés par la passion qui entoure l’attribution de ce marché, comme en 2003, un précédent dangereux a été créé dans un pays où foisonnent les associations professionnelles. En plus, au niveau du Patronat, des voix se sont élevées après notre série d’articles pour nous demander de nuancer les propos car mettre toute cette organisation dans le même panier de crabes serait outrageant pour des membres, voire des vice-présidents du CNPM qui ne se sentent pas interpellés, et pour cause : il se susurre que Moussa Balla Coulibaly gère seul ce butin, il n’a de compte à rendre à personne. Les rares personnes au fait de la destination de ces fonds sont à rechercher dans son entourage, disons sa garde rapprochée, où chez un Dg d’une société de fabrication de piles qui a le temps ou l’outrecuidance d’exercer un trafic d’influence sur le ministre de l’Economie et des Finances.

En attendant la comparution des ministres devant les députés – c’est un vrai tribunal du peuple- Moussa Balla continue son chantage subtil, en se faisant passer pour le médiateur incontournable du secteur privé que lui seul prétend pouvoir rassembler. Le pouvoir sera-t-il alors dupe pour tomber dans ce vieux jeu qui ne fait plus florès ? Moussa Balla n’est pas un bon médiateur encore moins un rassembleur car il a été actif dans la division au niveau du secteur privé et plus précisément au niveau de la CCIM. Tout comme ses jeux politiques savamment orchestrés entre lui et ses proches, voire son fils, ne font plus mouches. Le dossier PVI a emporté Bassari Touré alors que les vrais faux bénéficiaires continuent à sévir. Comme le dit bien un adage, une chose reste sûre : « Tous les jours appartiennent au voleur, sauf un et un seul ». Alors, comme disent les Bambaras : Kambé.

A D

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