Lettre à grand-père : Un si timide 26 Mars au Mali…
Cher grand-père, c’est avec une grande tristesse démocratique et républicaine que je t'écris cette 344ème lettre.
Je vais mal cher grand-père et je sais que beaucoup d’autres Maliens, démocrates et républicains, vont mal aussi. Je suis sûr qu'une fois que vous aurez les nouvelles, vous vous sentirez mal, quand pas bien. Car je sais combien, la Démocratie t’est chère.
Oui grand-père, on confond vitesse et précipitation. On confond démocratie et développement. Et on juge la démocratie sur le très mauvais banc d’accusation. Elle est accusée à la place de l’absence de leadership, de travail et de bonne gouvernance qui sont les socles indispensables au développement. La démocratie, elle, qui est aussi, un défi à part entière, reçoit des coups de partout.
Hélas ! Cher grand-père, combien de fois ici, nous avons expliqué que le développement n’est pas le propre d’un régime démocratique, dictatorial ou autre. Bon nombre de fois, nous avons vu des dictatures développer leur pays et les démocraties appauvrir les siens. Des fois aussi, nous avons été témoins des dictatures qui n’ont pas pu mieux faire que les démocrates qu’ils ont chassés.
Est-ce possible cher grand-père de vivre au Mali entre 1968 et 1991 et prétendre que le Mali était mieux géré qu’entre 1991 et 2020 ? Ou encore, vivre au Mali entre 2013 et la date que nous savons tous et dire que le Mali prospère mieux aujourd’hui qu’avant ? Est-ce possible de dire cela seul face à Dieu et en toute franchise ?
Certes la démocratie reste un idéal et très généralement imparfaite mais cher grand-père, il est impossible de convaincre même les absents que Mali se sentait mieux sous Moussa qu’avec la démocratie. Cela ne peut même pas être un test clinique psychiatrique à fortiori un débat intellectuel. Impossible d’en convaincre qui que ce soit.
Oui, le 26 Mars peut passer inaperçu et timide. Oui on va chanter les rimes qui séduisent les princes du jour. Oui on va raconter des histoires pour en exciter certains, mais, il est impossible de changer les faits. Que ce soit le passé ou le présent, les faits ne changeront point. Et plus le temps file, plus on est face à des évidences qui n’ont plus à être prouvées. A mardi prochain. Inch’Allah !
Lettre de Koureichy