Convoitises autour du poste de premier ministre : Et si on suivasit l’exemple sénégalais et béninoi

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Le Premier ministre est-il devenu dans nos démocraties tropicales un déversoir de colères, caprices et humeurs des plus politiciens ? Ne sied-t-il pas de réfléchir à l’avenir de ce poste dont l’architecture institutionnelle peut se passer ?

 C’est surtout avec la polémique actuelle autour du locataire de la primature que certains observateurs estiment qu’il serait pertinent d’envisager, dans un futur proche, la suppression de ce poste tant convoité.

En effet, véritable fusible prêt à sauver à chaque difficulté de la gouvernance, le poste de Premier ministre est souvent l’objet de toutes les suspicions. Politiques et acteurs de la société civile déversent régulièrement leur colère et autres états d’âmes sur le pauvre chef du gouvernement, qui n’a pas souvent la marge de manœuvre nécessaire pour actionner à sa guise l’action du pouvoir exécutif. Il n’a pas tous les leviers du pouvoir pour faire et défaire les choses, mais à moindre difficulté, l’opinion s’en prend plus à lui qu’au véritable patron à bord. « le présidentialisme, voilç l’ennemi » s’écriait de façon répétitive l’ancien Secrétaire général de l’OUA et homme politique togolais, Edem Kodjo. C’est ce que vient de comprendre le Sénégal ? Alors que le Bénin avait déjà transformé ce poste stratégique en simple …super ministre !

 

En effet, le Sénégal va, bientôt, supprimer le poste de Premier ministre pour adopter un régime présidentiel dans le cadre d’une réforme constitutionnelle. Le président sénégalais Macky Sall, réélu fin février pour un nouveau mandat de cinq ans, a reconduit samedi son Premier ministre sortant, Mahammed Boun Abdallah Dionne, tout en le chargeant de préparer la suppression du poste du chef de gouvernement pour adopter un régime présidentiel, a récemment annoncé la présidence sénégalaise. «Le chef de l’État a jugé approprié de reconsidérer le niveau intermédiaire de transmission gouvernementale que constitue la fonction de Premier ministre, pour être lui-même au contact direct avec le niveau administratif […]. Le président de la République a décidé de nommer un Premier ministre qui, cumulativement avec ses charges, assumera les fonctions de secrétaire général de la présidence de la République», avait indiqué Maxime Jean Simon Ndiaye, ministre-secrétaire général du nouveau gouvernement.

Selon M. Dionne, la réforme «passera par la suppression de l’échelon intermédiaire de Premier ministre». Le gouvernement sera ainsi directement dirigé par chef de l’État, au pouvoir depuis 2012. M. Dionne a en outre été nommé secrétaire général de la présidence et cette fonction «prendra le dessus» après la disparition du poste de Premier ministre, a-t-il expliqué. Rappelons que ce n’est pas la première fois qu’un président du Sénégal supprime le poste de Premier ministre. Léopold Senghor et Abdou Diouf l’ont fait après la crise de 1962, avec l’éviction de Mamadou Dia, alors président du Conseil et en 1983, avec le départ d’Habib Thiam.

Kassoum TOGO

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1 commentaire

  1. Je pense qu’il faut supprimer tous les postes de ministres. L’élection au suffrage universel, partout au monde, a montré que les ministres ne sont rien. Ils sont justes des marionnettes entre les mains du président.
    Si on doit les garder, je propose que cela soit assorti des garanties, notamment le nombre de ministres, leur profil et missions institutionnalisés.
    Les ministres ne seront plus nommés par le président, mais par un organe indépendant, qui, sauf incompétence avérée, transcende le mandat du président, choisis uniquement parmi les fonctionnaires de l’état.
    Comment un seul homme peut décider, en tout cas dans le système français, de nommer à la pelle?
    Même les soi-disant députés ne représentent pas le peuple.
    Ce que veut le président, c’est la seule chose qui passe.
    En France, où l’élection a reconduit la monarchie, on compare un président élu à un roi. Triste non!
    L’état, avec les connaissances acquises de nos jours, n’a plus besoin de président, des députes, de ministres; les fonctionnaires recrutés suffisent pour gérer; nous avons maintenant plusieurs corps de contrôle qui doivent nous éviter de jeter l’argent du public dans les procurations par élections.

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