Lutte contre la corruption : le ministre de la justice plaide pour un changement de mentalité de la population

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Le 14 septembre 2022, s’est tenue la 3e édition des journées d’échanges Justice-Presse à la Maison de la Presse de Bamako. Consacrée au thème : « Ethique et Déontologie du Magistrat, Quel impact sur la lutte contre la corruption ? », cette journée était placée sous l’égide du ministre de la Justice, des Droits de l’Homme, Grade des Sceaux, Mamadou Kassogué.

Ces différentes journées, s’inscrivant dans une alliance nouée entre le département de la Justice et les médias, visent à outiller les hommes et les femmes de médias sur la justice pour qu’ils puissent à leur tour donner aux citoyens des informations justes et crédibles sur la justice.

Le ministre de la Justice, dans son intervention, a fait savoir que ce partenariat dynamique entre son département et la presse est une prise de conscience du rôle fondamental de la presse dans l’administration et la distribution de la justice, en tant qu’instrument de conscientisation et de veille contre l’incivisme et son corollaire de comportements déviants, mais aussi de boussole pour l’orientation de l’action judiciaire dans certaines procédures.

La thématique de cette troisième journée, selon lui, est autant un sujet d’actualité que de préoccupation nationale à cause de sa profondeur et de la complexité du phénomène de la corruption dans le pays.  « Nous avons décidé, de façon spécifique, de traiter de la problématique en ce qui concerne les magistrats en raison de l’importance de leur mission dans le combat contre le phénomène » a-t-il expliqué.

Le ministre Kassogué a aussi affirmé que la lutte contre la corruption ne saurait être une réalité que lorsque ceux qui sont chargés d’appliquer la loi aux délinquants économiques et financiers, exercent leur fonction dans la stricte observation des règles d’éthique et déontologiques qui encadrent leur profession.

Il convient selon lui de combattre avec détermination l’impunité et le sentiment d’impunité créés dans les détournements des deniers publics, les missions de contrôle ou de vérification biaisées, les procédures judiciaires inefficaces, l’inexécution des décisions de justice concernant les condamnations pécuniaires, l’inapplication des textes en matière de sanctions disciplinaires.

Pour le chef du département de la justice, la justice constitue un levier fondamental dont l’Etat doit se servir pour garantir la mise en œuvre d’une politique ne laissant aucune place à l’impunité dans la lutte contre la corruption. Il a aussi soutenu que les corrupteurs et corrompus doivent être réprimés sans ménagement mais qu’il faudrait arriver à changer de mentalité et faire comprendre à la population que celui qui corrompt rend un mauvais service au magistrat et à son pays.

  1. Kassogué a expliqué, en outre, que l’échec des mesures prises par les gouvernements successifs dans la lutte contre la corruption, s’explique, pour une large part, par l’incohérence et l’inconstance des politiques en la matière mais aussi par l’inefficacité et l’inadéquation du cadre institutionnel.

Le ministre Kassogué est convaincu que cette alliance dynamique entre la justice et la presse offrira au peuple malien un espace d’échanges favorisant l’éveil des consciences pour une pleine et entière participation de chaque citoyen et chaque citoyenne dans l’œuvre de construction nationale.

Les journalistes ont été édifiés, à travers une conférence-débat, sur la thématique de la journée, animée par Hameye Founé Mahalmadane, magistrat, ancien ministre et membre du Conseil national de transition.

Fadiala N. Dembélé

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