PLATE FORME ADP : La démocratie malienne en péril

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En péril.. J’entends déjà les éclats indignés des uns et des autres. Qu’ils se rassurent, cependant. Je crois utile de rendre hommage à ceux d’entre eux qui ont servi ce pays à une certaine époque, autant que je crois normal qu’on leur impute clairement leurs erreurs ; avoir été chefs de partis n’a jamais conféré le droit de sélectionner ses responsabilités ! Et quiconque examine attentivement cette plate forme ne peut être frappé par l’ampleur de la responsabilité des signataires dans la situation actuelle de notre pays. La vie n’est pas linéaire et l’événement dont ces hommes là ont été les principaux acteurs est chaotique : ils seront inéluctablement emportés par l’écoulement du temps.

La plupart des problèmes (politiques, économiques, sociaux et culturels) que connaît le Mali actuellement sont dus à la faillite de l’Etat et à la nature même des pouvoirs politiques qui régissent nos vies. Or le responsable de ce système là n’est autre que ATT, un visionnaire tellement imbu de lui même, tellement imprégné "d’une certaine idée du Mali) qu’il a eu le génie politique de nous vendre un unanimisme factice : tout en ayant l’astuce de marginaliser et d’acculer au ridicule, les opposants qui, comme  IBK , Soumeylou B Maïga qui refuse sa tutelle.

ATT est un président qui a soigneusement éviter  jusque là l’explosion des tensions sociales dans le pays, c’est un président qui n’aime pas le bruit. Le locataire de Kolouba accorde des audiences, multiplie les réunions, préside toutes sortes de cérémonie avec des discours de fermeté mais sans impact réel sur le terrain. Dans un tel cafouillage, il serait très difficile pour tout gouvernement malien de trouver des réponses adéquates aux besoins sociaux des travailleurs et des pauvres populations.

A moins d’une année des échéances électorales de  2007, l’heure est au repositionnement dans la classe politique malienne dans les états majors politiques. Au sein de l’Adéma malgré le soutien indéfectible d’une partie du CE, il sera difficile voire impossible de damer les pions à Soumeylou B Maïga qui apparaît de nos jours comme le vrai maître de jeu dont la presque totalité des membres doivent leur fauteuil. Autre atout, c’est qu’il aurait fait main basse sur le mouvement de jeunes à travers les comités de soutien.

Que l’URD et autres signataires de la Plate forme ont plus ou moins imposé des dirigeants (acquis à ses intérêts) et un modèle de "Consensus" politique identique à des micro-partis

Compte non tenu des particularités culturelles et du contexte socio-historique et politique. Cela nous vaut aujourd’hui des gouvernements dont la légitimité est proportionnelle à leur allégeance à ATT paradoxalement courtisé par l’ensemble des dirigeants qui sombrent profondément dans l’abîme du désarroi. D’autant que ceux-là mêmes qui s’étaient illustrés par leur dynamisme et par leur intégrité à la création de leurs partis.

Si l’on excepte des cas isolés comme IBK et Soumeylou B Maïga, il n’y a plus d’esthète démocratique.

L’échec  de ces hommes politiques signataire de la plate forme est particulièrement palpable dans le domaine de la pensée politique autour d’un consensus avec un groupe hétéroclite : d’abord, aucun politologue n’a pu imaginer il  y a dix ans, un système politique original, différend du présidentialisme et du parlementarisme qui régissent la vie démocratique. Aucun n’a pu concevoir ne serait-ce qu’une adaptation de ces système dont l’application pure et simple cause tant de dégâts pour notre démocratie.

Aujourd’hui, nous assistons à un pouvoir "néo-patrimonial" (selon l’expression du politologue français Jean-François Médart) qui a érigé le népotisme et le clientélisme en règles de gouvernement. Et qui gère les affaires publiques en fonction d’intérêt privés, faisant du pouvoir politique non pas un cadre d’application d’un quelconque de projet de société, mais plutôt le moyen de réussite et de domination d’un clan ou d’un groupe sur les autres.

Plus que le silence coupable des intellectuels on finit par se demander s’ils existent, ce qui me paraît le plus grave, c’est la torpeur de nos peuples. Si la démocratie est comme on a tendance à la définir, le système de gouvernement (bon ou mauvais) admis par le plus grand nombre à un moment donné et pour une durée déterminée, force est de reconnaître que le peuple malien se contente de bien peu. Résignation? Toujours est-il qu’en cette fin de 2006 "la grande révolution" dont rêvaient les Feu Abdrahamane Baba Touré, Abdoulaye Barry, Kadari Bamba,  Alpha Oumar Konaré Mme Sy Kadiatou Sow, Ali Nouhoum Diallo, Victor Sy, etc. est plus  hypothétique que jamais. Face au comportement de nos politiques, le silence coupable des intellectuels (on se demande s’ils existent) le peuple semble avoir choisi l’inertie et la  torpeur.

Mamadou DIARRA

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