PROCESSUS DEMOCRATIQUE : Les contestations et les adhésions

Le processus démocratique malien se poursuit, sans difficultés majeures malgré les agissements tous azimuts de certains acteurs politiques qui ont eu du mal pendant la période caractérisée par le consensus politique à trouver leur chemin, en tout cas à se sentir à l’aise...

22 Juillet 2006 - 03:05
22 Juillet 2006 - 03:05
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Le processus démocratique malien se poursuit, sans difficultés majeures malgré les agissements tous azimuts de certains acteurs politiques qui ont eu du mal pendant la période caractérisée par le consensus politique à trouver leur chemin, en tout cas à se sentir à l’aise. Ayant toujours des reproches à faire dans la cadre de la gestion des affaires publiques, ils s’opposent au plus grand nombre de partis politiques qui, sans ambiguité, sont avec ATT dont ils soutiennent les actions sur toute la ligne.

L’existence de ces deux tendances sur l’échiquier politique national traduit un certain dynamisme de notre processus démocratique et ce, à la grande satisfaction de tous ceux qui ont un penchant pour l’approfondissement véritable de la démocratie, à travers l’acceptation des divergences de vues sur fond de sincérité, de loyauté et de logique politique.

PAS DE DERAPAGE

Ainsi, malgré tout ce qu’on rejette, notre démocratie ne dérape pas encore; elle est en train de se raffermir au regard de toutes les expériences qui sont capitalisées au fur et à mesure. De ce point de vue, il y a plutôt lieu de développer des synergies positives qui permettent à notre pays de décoller économiquement. Tel est le combat qui vaille à présent eu égard à la forte demande sociale, mais que peu de personnes: acteurs politiques, représentants de la société civile privilégient dans leur démarche, leurs activités quotidiennes. A ce sujet, il y a eu plusieurs situations qui édifient l’opinion publique nationale.

Après une longue période de mutisme de la classe politique, certaines composantes, comme pour exprimer leur regret, ont choisi de se rebeller contre le pouvoir en place, en particulier le président de la République. Au fil du temps, l’opinion publique nationale en a été édifiée.

LES MOTIVATIONS DES CONTESTATIONS

Les révoltes ont pris corps au sein de la classe politique à partir des revendications sur fond de promotion des cadres des différents partis politiques. Dailleurs, un moment, le président de la République a décidé de rencontrer les différentes sensibilités de la classe politique en vue d’échanger avec leurs représentants sur les préoccupations des uns et des autres. La préoccupation majeure était demeurée focalisée sur la promotion des cadres.

Une question délicate quand on sait que ATT, pour accéder au pouvoir, a eu recours au soutien de la majorité écrasante de la classe politique qui est venue grossir le lot des représentants de la société civile. Il va de soi que dans ces conditions certains acteurs politiques se considèrent quelque peu négligés par rapport à d’autres, d’où leur colère. L’expérience a démontré que ce n’est pas cette approche qui permet de trouver les solutions au problème fondamental posé. Depuis le renouvellement dernier du bureau de l’Assemblée Nationale, le RPM d’IBK est considéré au sein de la classe politique et de l’opinion publique nationale comme la tête de proue des contestateurs.

Le parti, à travers ses animateurs, n’a pas voulu aller à un jeu de cache-cache; il s’est affiché en toute responsabilité devant Dieu et les hommes. Ce courage politique a été reconnu au sein de l’opinion publique nationale qui conserve un capital de sympathie envers ce parti. Par contre, ce que l’on reproche aussi à ce parti et à ses animateurs, c’est le refus de s’assumer jusqu’au bout à travers la décision de retrait de ses cadres du gouvernement. Aussi, les initiateurs et signataires du manifeste sont rentrés plus tard dans la danse avec des arguments qui ne resistent pas en général à une analyse sérieuse.

Par ailleurs, avec la signature de l’Accord d’Alger, la tension a continué à monter dans l’arêne politique surtout avant que les autorités du pays, notamment le président de la République, le ministre Kafougouna Koné et d’autres n’expliquent à différentes sensibilités le contenu de l’accord, le souci de sa signature.

DES ADHESIONS TOUS AZIMUTS A L’INITIATIVE DU POUVOIR

Après plusieurs tergiversations, des acteurs politiques, après mûre réflexion ou conseil, ont décidé de soutenir l’acte posé par le pouvoir ATT. Et depuis les adhésions ne cessent de se multiplier, si bien que ceux-là qui sont allés trop vite en besogne, en criant au scandale et à la dérive ont été, pour la plupart, obligés de mettre un peu d’eau dans leur vin. Cela n’empêche que le débat se poursuive dans les milieux politiques. Mais dejà, excepté le RPM et l’UNPR, tous les autres partis ont soit adhéré à l’accord, soit ne manifestent aucun grief à ce sujet. Ainsi, peut-on affirmer que, de plus en plus, la sagesse, le sens de la responsabilité, l’attachement à la paix et à la sécurité ont prévalu et ce dans l’intérêt supérieur de la nation. C’est ainsi que les déclarations des partis politiques tels que l’URD et le PARENA sont venues comme pour battre en brèche celle du RPM qui a dénoncé l’Accord d’Alger.

En plus, les partis membres de la CNDP, au cours d’une rencontre qu’ils ont organisée au sujet de l’Accord d’Alger, ont adhéré à la démarche du pouvoir ATT, soutenant que le Mali a les moyens de la paix et qu’il doit en conséquence la privilégier par rapport à la guerre. Dans cette mouvance, des participants ont rappellé les péripéties de la signature du Pacte National, des Accords de Tamanrasset qu’ils ont considérés comme le fruit d’un long et pénible processus auquel des représentants de plusieurs pays ont participé.

Au-delà de ces aspects, on constate surtout et ce avec regret que nombreux sont les acteurs politiques à faire de la gymnastique pour tenter de se replonger dans le passé. Cela ne représente-t-il pas un recul par rapport au processus démocratique? Ne doit-on pas les considérer comme des nostalgiques de certaines époques? Cette démarche n’est pas, en tout cas, de nature à contribuer à l’approfondissement de notre processus démocratique. Le débat demeure ouvert.

Moussa SOW