Projet de révision constitutionnelle : Le bilan peu reluisant d’IBK, un alibi politique au rejet des réformes

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Les contingences politiques du moment font qu’une majorité écrasante des forces vives de la nation sont devenues réticentes à entendre parler des réformes majeures que le pouvoir IBK veut bien engager.

Maliweb.net En effet, avec une gouvernance qui peine à combler les attentes, les acteurs politiques sont méfiantes voire hostiles à tout processus de réformes politiques ou administratifs. Et le régime a beau faire des concessions à travers un gouvernement d’ouverture, les adversaires politiques d’IBK ne fléchissent pas leur réticence.

A titre d’exemple, à la Pyramide du Souvenir a servi de cadre à une récente conférence de presse organisée par les associations du CNID et de l’ADEMA, en collaboration avec certains partis et regroupements  politiques. Lors de cette rencontre animée par quatre grandes figures parmi lesquelles Mme Sy Kadiatou Sow et l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé, la conférence avait pour objectif de rendre compte des fructueux  échanges que les leaders ont eu avec les forces vives de la Nation sur les grandes questions de préoccupation et surtout lancer un appel à tous les patriotes pour la mise en place d’une « force de résistance » contre la prolongation du mandat des députés et les réformes administratives et politiques latentes, sans un dialogue national inclusif. Tout semble indiquer  qu’une nouvelle formule du front Antè A banna (de rejet de la révision constitutionnelle de 2017) se prépare.

Cette rencontre, qui avait l’air d’un mini-meeting de mobilisation de militants et de figures bien connues de la scène politique malienne, comme le Pr Ali Nouhoum Diallo, Iba N’Diaye, Me Mountaga Tall, Dr Choguel Kokalla Maiga, Modibo Kadjogué, Souleymane Koné, l’honorable Mamadou Hawa Gassama, a fait monter le niveau du thermomètre de la contestation du régime en place. Elle a permis à la présidente de l’Association ADEMA, Mme Sy Kadiatou Sow, de lire une déclaration d’un mouvement en gestation. Le document mis à la disposition de la presse faisait le compte rendu des différentes rencontres et des  échanges dits fructueux que l’Association ADEMA a eu avec toutes les forces vives de la nation sans exclusive, et donnait la position de l’association sur les grandes questions brûlantes de l’heure comme le dialogue national inclusif, la prorogation du mandat des députés, avant d’arriver à la conclusion qu’il y a nécessité pour les forces patriotiques de s’unir pour constituer « un camp de résistance contre la révision de la Constitution ».

S’agissant du dialogue national inclusif, Mme Sy Kadiatou Sow a estimé que la quasi-totalité des acteurs politiques sont d’accord pour la tenue d’un dialogue national inclusif qui, martèle-t-elle, doit être le préalable à toutes les réformes institutionnelles. Le souci de l’Association ADEMA et de la quasi-totalité des forces politiques et de la société civile est la « non-inclusivité » et surtout « le comportement cavalier et unilatéraliste du gouvernement ».

Comme d’ailleurs ce fut le cas du choix des personnalités devant piloter le dialogue national. Mme Sy dit ne pas douter de la bonne moralité des quatre personnalités, encore moins de leur patriotisme, mais s’indigne de la manière dont elles ont été choisies par le gouvernement. C’est aussi le cas de Dioncounda Traoré pour le centre, a-t-elle conclu. « La crainte est qu’aujourd’hui, si le gouvernement seul élabore les TDR, définit le mode opératoire, la durée, les participants et désigne ceux qui sont chargés de la conduite du dialogue, il y a des fortes chances que le processus soit biaisé ». La Présidente de l’Association ADEMA propose que pour un dialogue véritablement inclusif, il faut associer toutes les forces vives sans exclusive et mettre au centre du débat, sans tabou, toutes  les préoccupations nationales.

Quant à la prorogation du mandat des députés, elle l’a jugée inconstitutionnelle et illégale, sans pour autant proposer une solution. Mme Sy Kadiatou Sow a surtout déploré la méthode utilisée par le gouvernement pour proroger le mandat et surtout  le projet de référendum pour réviser la Constitution afin de respecter l’agenda de la Communauté internationale. Et cette révision constitutionnelle, soutient-elle,  n’a d’autre motivation que la prise en compte de certaines dispositions de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation. Elle en déduit que cet Accord tant vanté par le pouvoir comporte les germes de la dislocation du Mali. Pour la Présidente de l’Association ADEMA, au lieu de réviser la Constitution pour prendre en compte certaines dispositions de l’Accord, pourquoi ne pas conformer l’Accord à la Constitution ?

Mme Sy Kadiatou Sow a fini par lancer un vibrant appel à « toutes les forces patriotiques pour la Constitution d’un bloc soudé contre la révision et contre toute violation de la loi fondamentale comme la prorogation du mandat des députés ».

Par ailleurs, pour ne rien arranger à la chose, le chef de l’Etat dans sa récente interview à Jeune Afrique, déclarait à gorge déployée que « le Mali est en guerre ». Et nul n’ignore que la pratique démocratique interdit des réformes politiques en période de guerre. Et la Constitution du 25 février 1992 prohibe toute révision quand l’intégrité du territoire est atteinte. C’est le cas aujourd’hui à maints endroits d’un Mali infesté par le péril terroriste.

Boubou SIDIBE/ Maliweb.net

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1 commentaire

  1. Article 118: "Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu'il est porté atteinte à l'intégrité du territoire. "

    Fonctionnaires + notabilites= Vol + Recel ….
    Tout doit etre deracine au Mali pour un nouveau depart,un nouveau paradigme,la moquerie a assez dure.

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