Scène politique nationale en recomposition : Le FSD et la COFOP fragilisés, gage de réussite des réformes politiques

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Lors de sa conférence de presse du jeudi dernier, le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) a étalé sur la place publique des dissensions qui vont le fragiliser et provoquer des fractures au sein de l’opposition en général. Ce qui est un facteur de réussite des chantiers politiques en cours.

 –Maliweb.net – Dans un post sur sa page facebook, l’ambassadeur Moussa Makan Camara, non moins vice-président du PARENA, un bras droit du ministre des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé tacle le FSD, que dirige le leader de l’URD, Soumaïla Cissé. « Les tard venus ont infesté le FSD, ce naguère bel instrument de combat. Aucun n’a pourtant daigné soutenir Soumi Champion au second tour. Maintenant, ils se découvrent des atomes crochus avec notre champion après avoir été tous éjectés de la pire des manières.Nous disons au président Soumaïla et aux amis de l’URD de faire attention aux prédateurs politiques ». Par ces propos, tout observateur averti peut se rendre compte qu’un gros ver est dans le fruit de ce regroupement de l’opposition.

En effet, le FSD n’avait pas dénoncé l’accord politique de gouvernance du 2 mai dernier. Le regroupement politique a même été à la base de sa rédaction, même si la mouture finale du texte a été modifiée. Et le FSD a permis à ses entités membres qui le souhaitent de signer ce document en vue d’aller à « une gestion partagée du pouvoir », le pays étant arrivée à un tel niveau de la crise que la « main tendue » du président IBK a été acceptée.

Et , au lendemain de la formation du gouvernement avec l’entrée de Tiébilé Dramé (PARENA) comme ministre des Affaires étrangères, Oumar Hamadoun Dicko (PSP) ministre du Dialogue social, du travail et de la Fonction publique, le président du FSD, Soumaïla Cissé avait fait une sortie plutôt apaisante. « L’entrée de nos amis de l’opposition au gouvernement n’est pas une trahison… », avait-il déclaré. Ce qui veut dire que le FSD cautionnait l’entrée de ces membres dans l’attelage gouvernemental. L’on s(étonne alors que quelques semaines plus tard, le FSD annonce qu’il n’est pas signataire de l’accord et qu’aucun de ses membres ne saurait être membre du gouvernement. Comme pour dire que le PARENA et le PSP se sont auto-exclus de ce regroupement politique.

L’on comprend que les responsables du FSD sont une démarche oppositionnelle) tout prix au point que dans une phase de gestion concertée du pouvoir, ils s’offusquent de mettre des bâtons dans les roues du chef de l’Etat. Et pour que l calcul politicien ? Juste pour être dans de bonnes dispositions pour rejeter la prorogation du mandat des députés ou d’empêcher la révision constitutionnelle en chantier ? Le FSD peut-il du reste réussir ce pari quand on voit les fissures qui apparaissent dans son mur ?

En effet, les observateurs constatent qu’il y a un certain nombre d’incohérences qui apparaissent dans le fonctionnement du FSD. Car, le regroupement apparaît comme trop circonstanciel et quasiment opportuniste comme juste fixé sur la posture de la contestation de la réélection du président IBK.

Or, les choses évoluent dans le fonctionnement institutionnel du pays et il est loisible de noter que pour consolider les efforts de sortir le pays de la crise, l’on doit reconnaître qu’IBK a été réélu, si irrégulièrement soit-il.

Par ailleurs, il faut remarquer que le FSD est constitué des acteurs politiques majeurs comme Soumaïla Cissé de l’URD, Me Mountaga Tall du CNID Faso Yiriwa Ton, Dr Choguel Kokalla Maïga du MPR, Konimba Sidibé du MODEC, entre autres. Et ces leaders n’ont apparemment aucun trait commun de convergence idéologico-politique. Si me Mountaga Tall, Choguel Maïga et Konimba Sidibé sont d’obédience socialiste, le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé est réputé d’aspiration libérale. En plus, aucun de ces trois leaders cités ne collabore avec le cabinet du chef de file de l’opposition que dirige le leader de l’URD.

S’y ajoute que lors de l’élection présidentielle de 2018, Soumaïla Cissé a en vain tenté de rassembler les candidats du CNID-FYT et du MODEC. C’est seulement le leader du MPR, qui s’est rapproché de Soumaïla Cissé.

En outre, la Convergence des forces patriotiques (COFOP) est aussi fragilisée par l’entrée au gouvernement de l’un de ses poids lourds comme Housseini Amion Guindo dit Poulo de la CODEM. Ce regroupement était farouchement opposé à la prorogation du mandat des députés, mais il semble que cette opposition s’est ramollie et Abdoulaye Amadou Sy et ses amis pourraient finalement prendre acte de la décision du gouvernement.

Par ailleurs, l’éloignement des activistes et autres associations de jeunes du FSD l’a affaibli au point que l’on se demande si ce regroupement peut encore peser dans une quelconque contestation. Comment le FSD sans désormais le PARENA, le PSP, les jeunes du CDR et d’autres peut-il adopter avec succès la dynamique de refus de la révision de la Constitution ou de la prorogation du mandat des députés ? Comment dans le contexte actuel des violences et attaques armées dans le centre du pays, l’Etat peut s’autoriser à vivres dans une phase de marches et manifestations de défiance de son autorité ? Ce sont des questions qui vont certainement émousser les ardeurs d’éventuels sympathisants de la rue contre le pouvoir. Toute chose qui permettra au Premier ministre Boubou Cissé et ses alliés anciens comme nouveaux de gagner le pari des réformes politiques en passant par le prochain dialogue politique inclusif.

Boubou SIDIBE /Maliweb.net 

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