Mali: entre l’Etat et les anciens salariés de l’Huicoma, le bras de fer continue

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Selon leur association, 50 000 travailleurs compressés du Mali ont été licenciés dans les années 80, dont des anciens salariés de l'Huicoma.
Selon leur association, 50 000 travailleurs compressés du Mali ont été licenciés dans les années 80, dont des anciens salariés de l'Huicoma. © RFI/David Baché
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Avant de fermer ses portes, l’ancienne société d’Etat Huicoma, l’Huilerie cotonnière du Mali, a été totalement privatisée en 2005. Un plan de départ a alors été mis en place pour les salariés amenés à quitter l’entreprise. Le problème, c’est que les indemnités promises n’ont toujours pas été perçues. Aujourd’hui, le gouvernement annonce une enquête.

Plus d’un millier d’anciens de l’Huicoma réclament 8 milliards de francs CFA d’indemnités de licenciement, soit 12 millions d’euros. Depuis plus de douze ans. Des chiffres fournis par l’Association des travailleurs compressés du Mali, qui rassemble les anciens salariés des ex-sociétés d’Etat du pays.

Mais pour l’Etat malien, le montant de ces indemnités légales, qui recouvrent notamment des arriérés de salaire et des primes de réinsertion, dépasse à peine les 2 milliards de francs CFA.

Pour Ousmane Berté, président de l’Association des travailleurs compressés du Mali, le compte n’y est pas. « L’Etat a signé un protocole d’accord où il s’est proposé de payer les fonds de réinsertion de l’Huicoma, les arriérés de salaire de la Comatex, de l’Itema… 5 sociétés à peu près. Ce protocole n’a jamais été exécuté. Et ce que je réclame aujourd’hui à l’Etat, c’est 8 milliards ! »

Au sein du ministère du Travail et de la Fonction publique, on assure que ce chiffre de 8 milliards d’indemnités n’apparaît nulle part, et que les 2 milliards réellement dus et promis dès 2010 par l’Etat, ont bien été versés.

Cette somme ayant pu être mal gérée, le ministère du Travail et de la Fonction publique annonce l’ouverture d’une enquête. « C’est une bonne chose, estime Ousmane Berté, de l’Association des travailleurs compressés du MaliIls n’ont qu’à faire l’enquête. Il y a rien qu’on trouvera. Il ne reste qu’à payer les 8 milliards. »

Outre le cas de l’Huicoma, plusieurs dizaines de milliers d’anciens salariés des nombreuses sociétés d’Etat privatisées depuis les années 80, se battent toujours pour le versement intégral de leurs indemnités de licenciement.

 Par RFI Publié le 07-01-2018 

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4 COMMENTAIRES

  1. Quand est-ce que ce pays va t-il fonctionner normalement avec de gens honnêtes? Aucune pitié pour les compressés, comme s’ils étaient des citoyens de seconde zone, personne ne s’intéresse à leur sort. Comment est-ce possible, que dans un pays sérieux, une telle situation peut-elle perdurer ainsi? Et ce n’est, que seulement maintenant, qu’il veulent faire des enquêtes pour savoir où est passé l’argent destiné aux indemnisations de ces travailleurs? Le Mali est devenu un pays de mafieux en tout genre. Dans un pays sérieux, il est inconcevable qu’il arrive une pareille chose. Des personnes sans aucune ressource, qui peinent à recevoir ce qui leur est du, c’est inadmissible. Que de farfelus au sommet, que de voleurs et de bandits, des détourneurs sans pitié, qui vivent du sang de leurs compatriotes, et l’on voudra que ce pays change. IBK, en sa qualité de chef d’état, n’a pas hésité à promettre aux femmes de Koulikoro le payement de leurs indemnités dans les jours qui suivaient sa rencontre avec elles. Quelle honte, quelle manque de dignité, alors que ces femmes n’arrivent pas à donner à manger à leurs enfants, tandis que leurs enfants à eux, ne connaissent ni la faim, ni la soif, ni éducation. Quelle malédiction s’est-elle abattue sur ce pays? Jusqu’à présent, le Mali n’a pas les dirigeants qu’il lui faut. Avec IBK encore cinq ans et le Mali croulera définitivement. Notre pays est déjà au bord du précipice. Si rien n’est fait pour le débarrasser de la racaille qui le dirige, on est foutu. Rendez justice à ces pauvres femmes en leur payant leur argent, faites-le à cause de Dieu!!!

  2. Cette ministre ment,si non comment les ex-travailleurs Huicoma qui se battent pour l’exécution de leur plan social accepteraient 2millards pour tout solde. Voici le côté mensonge 2000000000:1200travailleurs,donc chacun aura 1666666comme droit pour des anciennetés qui varient 10 à 30ans

  3. Ils ne sont pas sérieux,le mali n’a pas besoin de tous qu’on nous paye c’est tout.Pour payer nos on parle de trésorerie, mais pour voler l’argent coule à flot,souvenez vous des engrais frelatés, les équipements militaires, les 2 décaissements au trésor pour acheter le même avion.
    Nous sommes gouvernés par des amateurs,des s incapables

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