L’hôpital Gabriel Touré Malade : Le syndicat veut la tête du directeur général

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Au CHU Gabriel Touré, rien ne va plus. L’établissement serait à l’article de la mort et aurait donc besoin d’une thérapie de choc. Le remède : le limogeage de l’actuel directeur général, coupable aux yeux du syndicat de délinquance financière.
Les comités du Syndicat national de la santé et de l’action sociale (SNS-AS) et du Syndicat autonome des médecins du centre hospitalier universitaire Gabriel Touré réclament l’intervention de l’Etat pour sauver l’établissement d’une mort lente, mais sûre. Le traitement prescrit n’est ni plus ni moins que le limogeage du directeur général Abdoulaye Néné Coulibaly, coupable à leurs yeux de « mauvaise gestion des ressources de l’Etat et de délinquance financière ».
Jeudi dernier, au cours d’un sit-in suivi d’une assemblée générale des travailleurs, ceux-ci ont étalé sur la place publique les griefs qu’ils nourrissent à l’égard de leur chef. Et ils sont nombreux et graves, ces griefs. Ainsi, il est reproché à A.N Coulibaly des dysfonctionnements constatés. Selon eux, si rien n’est fait par les autorités, le CHU pourrait mourir pour cause « de manque de matériels adéquats pour accomplir les missions de soins curatifs et préventifs ainsi que la formation continue du personnel et des étudiants stagiaires ». Ce ne serait pas tout. L’hôpital serait quasiment en panne parce que le scanner ne marche plus, la pharmacie hospitalière manque de médicaments, le bloc technique ne fonctionne pas, les produits anesthésiques manquent au point que souvent certaines interventions chirurgicales sont reportées au risque de voir le patient trépasser.
Depuis l’arrivée du Docteur Coulibaly, l’hôpital est devenu un centre commercial au point que les caisses ont été multipliées. Tout est matière à faire de l’argent, y compris l’ouverture d’une boutique alimentation. Pourtant, à part le directeur général et quelques membres de son entourage, personne ne voit la couleur de cet argent. Les ristournes ne seraient plus payées, les frais de garde ne seraient plus assurés, les allocations familiales ne seraient plus perçues. Selon certaines indiscrétions, la gestion directe de ces fonds relèverait d’un certain régisseur, un certain Fané. En profiterait-il pour des usages personnels et illégaux ?
Un autre point de discorde concerne le sort réservé au lotissement prévu pour les travailleurs à Banancoroni. Aux dires des travailleurs, ce dossier serait géré « à huis clos » par un docteur et un standardiste. Depuis des années, les destinataires versent leurs cotisations pour l’acquisition de ces fameux lots à usage d’habitation. Mais rien. Pris de soupçons, certains responsables syndicaux ont mené leur petite enquête pour savoir combien a été versé, qui a versé et quand. Par un communiqué, le secrétaire général du comité syndical, Dr Losény Bengaly, a invité les travailleurs de leur faire parvenir les « dossiers de preuves de paiements (reçus, bordereaux de versement, décharges, attestations, etc.) » au plus tard à la date du 14 janvier 2012. Selon des témoignages concordants, cette vérification aurait permis de constater que plus de 72 millions de Fcfa auraient été encaissés et que sur cette somme il ne resterait plus que près de 26 millions en caisse. Le reste de l’agent aurait pris des destinations inconnues. Où ? Disparu, envolé ou parti en fumée ? L’auteur présumé de ce singulier escamotage  serait toujours en fonction, impuni parce que jouissant de la protection du tout puissant, mais désormais indésirable directeur général.
Mais si ce dernier est si puissant, c’est parce qu’il doit son poste à l‘ancien président de la République qui l’aurait maintenu à son poste parce qu’il est un baron de son parti, le Pdes.
C’est aussi parce qu’il serait parvenu à diviser le syndicat. Ces protégés vivent peinards et se permettent même quelques indélicatesses. Ainsi, depuis trois ans, les partants à la retraite ne bénéficieraient plus du fonds social et de mutualité à la constitution duquel ils ont pourtant participé à la sueur de leur front. Par ailleurs, ces mêmes protégés et leur protecteur se livreraient à des recrutements de personnel inutile. Ainsi, il n’est pas rare de croiser dans la cour de l’hôpital des gens qui n’ont rien à faire, des gens dont le recrutement ne répondrait à aucun besoin à part celui de faire plaisir à quelques parents ou amis.
La dernière question qui fâche est relative à la construction d’une cantine dans l’enceinte de l’établissement. Avec près d’une année de retard sur son délai d’exécution, le chantier connaît de nombreux arrêts. Les différents acteurs impliqués semblent se rejeter la responsabilité. Mais les travailleurs ont besoin de savoir entre l’entreprise dont certains travailleurs ne seraient pas payés depuis des mois, l’hôpital que certains accusent d’avoir dilapidé le budget, et l’Agetier, qui est coupable ?
On y reviendra.
Cheick Tandina

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