Paludisme : Que savez-vous des méthodes de dépistage et des mesures de prévention ?

Au Mali, le paludisme peut survenir tout au long de l'année, mais c'est pendant la saison des pluies, de juin à octobre, que l'on observe le pic des infections.

20 Juin 2026 - 01:43
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Paludisme : Que savez-vous des méthodes de dépistage et des mesures de prévention ?

Le paludisme à Plasmodium falciparum représente une proportion très élevée des cas (apparition soudaine et évolution rapide), suivi du paludisme à Plasmodium vivax (récidives fréquentes). Les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes constituent les groupes les plus à risque. Grâce à un dépistage précoce, à un traitement rapide et à des mesures de protection rigoureuses, le paludisme peut être prévenu et soigné.

I. Comprendre le paludisme

Le paludisme est une maladie infectieuse transmise par quatre types courants de parasites : Plasmodium falciparum, Plasmodium vivax, Plasmodium malariae et Plasmodium ovale. Il se transmet par la piqûre de la femelle du moustique anophèles. Cette maladie ne guérit pas spontanément et ne se transmet pas par simple contact quotidien.

II. Symptômes typiques (signaux d'alerte)

- Frissons soudains et généralisés (durant 10 à 45 minutes), suivis d'une forte fièvre supérieure à 39 °C (durant 2 à 6 heures), puis d'une baisse de la température accompagnée d'une transpiration abondante (durant 2 à 3 heures), selon un cycle alterné ;

- Souvent accompagnée de maux de tête, de courbatures, de fatigue, d'une perte d'appétit et de nausées, la maladie peut être confondue avec la grippe ;

- En cas de confusion, de convulsions ou de diminution de la production d'urine, rendez-vous immédiatement aux urgences.

III. Les deux principales méthodes de dépistage

1. Examen microscopique des frottis sanguins ("référence")

Après le prélèvement sanguin, des frottis épais et fins sont réalisés, puis colorés avant la recherche des plasmodies au microscope.

Avantages : observation directe de la morphologie et du nombre de parasites, permettant un diagnostic précis. Pour exclure une infection bactérienne ou virale, il convient d'associer une numération formule sanguine.

Inconvénients : nécessite l'intervention d'un professionnel et les résultats sont généralement disponibles au bout de 1 à 2 heures.

2. Test à l'aide d'un kit de diagnostic rapide

Après le prélèvement sanguin, une goutte de sang est déposée sur une bandelette réactive ; les résultats sont disponibles en 15 à 20 minutes.

Avantages : manipulation simple et adaptée au dépistage rapide.

Inconvénients : possibilité de faux négatifs (infection non détectée) ou de faux positifs (résultat positif en l'absence d'infection). En outre, ce test ne peut se substituer à un diagnostic confirmé par un examen microscopique réalisé par un professionnel.

IV. Trois points importants avant le test

1. Il est préférable d'effectuer le prélèvement sanguin en période de fièvre, car la charge parasitaire est alors plus élevée et facilite la détection ;

2. Ne prenez pas de médicaments antipaludiques avant le test. Cela pourrait diminuer artificiellement la présence des parasites, fausser les résultats et nuire à votre prise en charge;

3. Indiquez avec précision vos antécédents d'exposition aux moustiques, la date d'apparition des symptômes ainsi que toute autre information utile.

V. Conduite à tenir

Résultat positif (présence de parasites du paludisme)

1. Suivez le traitement antipaludique jusqu'à son terme, en respectant scrupuleusement la posologie et la durée prescrites. N'interrompez pas le traitement même si les symptômes disparaissent, afin de prévenir les rechutes et la résistance aux médicaments. En cas d'aggravation, consultez rapidement votre médecin pour un ajustement thérapeutique ;

2. Reposez-vous suffisamment, buvez beaucoup d'eau, évitez le stress et la fatigue, et veillez à bénéficier d'un sommeil réparateur. Des promenades légères peuvent accompagner la récupération ;

3. Un traitement rapide et adapté permet à la plupart des patients de guérir sans séquelles. En revanche, un retard de prise en charge peut entraîner une forme grave de la maladie, associée à un risque élevé de mortalité ;

4. Chez certains patients, le nombre de plaquettes diminue fortement lors d'un épisode palustre, mais il revient généralement à la normale après la guérison ;

5. Certains antipaludiques peuvent affecter les fonctions hépatiques et rénales. En cas de fatigue importante, d'urines foncées ou d'œdèmes, consultez immédiatement un médecin ;

6. Réalisez un nouveau frottis sanguin :

- Paludisme à Plasmodium falciparum et à Plasmodium malariae : contrôle après une semaine ;

- Paludisme à Plasmodium vivax et à Plasmodium ovale : contrôle après deux semaines.

Le paludisme à Plasmodium vivax et à Plasmodium ovale peut récidiver plusieurs mois après la guérison. Une surveillance d'au moins trois mois est recommandée. En cas de nouvelle poussée de fièvre, consultez un médecin sans délai.

Résultat négatif (aucun parasite détecté)

1. Si la fièvre persiste, il est recommandé de refaire un test après 24 à 48 heures ;

2. Il convient également d'écarter d'autres maladies présentant des symptômes similaires, telles que la dengue, le chikungunya ou la grippe.

VI. Ne réalisez pas immédiatement un nouveau test rapide après la fin du traitement

Même lorsque les parasites ont été éliminés par les médicaments, leurs "traces" (antigènes) peuvent persister plusieurs semaines dans le sang. Un nouveau test effectué trop tôt peut donc produire un résultat faussement positif, conduisant à un diagnostic erroné et à un traitement inutile.

VII. La prévention est essentielle : sept mesures de protection pratiques

1. Installez des moustiquaires aux portes et fenêtres de votre domicile, utilisez des moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action, réparez rapidement les éventuelles déchirures et veillez à bien les fermer avant le coucher ;

2. A l'extérieur, appliquez un répulsif sur les parties exposées du corps et sur les vêtements. Portez des vêtements clairs à manches longues et des pantalons longs, et évitez autant que possible de sortir aux heures de forte activité des moustiques ;

3. Maintenez une bonne hygiène corporelle afin de limiter les odeurs susceptibles d'attirer les moustiques ;

4. Eliminez régulièrement les herbes hautes, les déchets et les eaux stagnantes autour de votre domicile. Utilisez des insecticides lorsque cela est nécessaire afin de réduire la prolifération des moustiques ;

5. Gardez à disposition des équipements de lutte contre les moustiques, tels que les raquettes électriques ou les lampes anti-moustiques ;

6. Pratiquez régulièrement une activité physique, évitez le surmenage et veillez à renforcer votre système immunitaire ;

7. Les femmes enceintes, les enfants et les personnes immunodéprimées peuvent bénéficier de traitements préventifs sous la supervision d'un professionnel de santé.

À l'heure actuelle, l'efficacité du vaccin contre le paludisme demeure limitée. Il ne remplace ni les mesures de protection contre les moustiques ni le dépistage précoce.

Auteur : Lyu Mengen, médecin biologiste de la mission médicale chinoise au Mali

Traductrice : Xie Ranling