Crise entre l’État et les sociétés de betting : Le temps semble donner raison à l’Honorable Mountaga Diakité
La récente crise opposant le ministère de l’Économie et des Finances à plusieurs sociétés de paris sportifs remet au premier plan la question de la gouvernance des jeux de hasard et des paris en ligne au Mali.
Bien avant que cette situation ne prenne une telle ampleur, l’Honorable Mountaga Diakité, Rapporteur de la Commission des Mines, de l’Énergie et de l’Eau du Conseil national de Transition (CNT), plaidait déjà pour une réforme ambitieuse du secteur à travers la création d’une Autorité malienne de régulation des jeux de hasard et des paris en ligne.
Pour le parlementaire, l’absence d’un organe spécialisé de régulation constituait une faiblesse institutionnelle susceptible de favoriser les conflits entre l’État et les opérateurs, les difficultés de contrôle fiscal, l’insuffisance de la surveillance des plateformes numériques, les risques de blanchiment de capitaux, ainsi que la fuite de ressources financières hors du pays.
Les développements récents semblent aujourd’hui conforter cette analyse. Les différends autour des obligations fiscales, des autorisations d’exploitation et du contrôle des opérateurs démontrent qu’une fiscalité efficace ne peut produire tous ses effets sans une régulation spécialisée, indépendante et dotée de moyens techniques adaptés.
La proposition portée par l’Honorable Mountaga Diakité vise à créer une institution chargée de délivrer les licences, de contrôler en temps réel les activités des plateformes, de protéger les joueurs, de prévenir les fraudes, de lutter contre le blanchiment des capitaux et d’assurer une meilleure mobilisation des recettes publiques.
Au-delà de la résolution des différends actuels, cette réforme ambitionne d’instaurer une gouvernance moderne du secteur, fondée sur la transparence, la sécurité juridique et l’équité entre tous les opérateurs.
Dans un contexte où le marché des jeux en ligne connaît une croissance soutenue, plusieurs observateurs estiment que le Mali gagnerait à se doter d’un cadre institutionnel comparable à celui adopté par d’autres États ayant choisi de confier la régulation des jeux d’argent à une autorité dédiée.
L’initiative de l’Honorable Mountaga Diakité s’inscrit ainsi dans une vision de long terme : faire de la régulation un levier de protection des citoyens, de sécurisation des recettes de l’État et de renforcement de la crédibilité des politiques publiques. Les débats actuels donnent une visibilité nouvelle à cette proposition, qui pourrait désormais nourrir les réflexions du Gouvernement et du Conseil national de Transition sur l’avenir du secteur.
Kassoum Thera