Acte 8 du Café Citoyen d’Ajcad : Les panelistes relèvent un bilan vide de la transition

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A l’occasion de l’anniversaire de la transition malienne, l’Association des jeunes pour la citoyenneté active et la démocratie (Ajcad) a organisé l’Acte 8 de son ‘’Café citoyen’’. L’occasion a été saisie par les panelistes de taxer le bilan de la transition de négatif. C’était ce vendredi 27 août 2021 à la Maison de la presse.

« Durant les 12 mois qui se sont écoulées, rien n’a été fait », ce sont les mots des panelistes qui ont garni le plateau de ce ‘’Café citoyen’’ modéré par le journaliste de Studio Tamani, Mohamadou Touré. Il s’agit de l’opérateur économique Mossadeck Bally, l’homme politique Moussa Mara, le patron d’Accountability Lab Mali Moussa Kondo et la directrice exécutive de l’Ajcad Adam Dicko. Pour ceux qui pense qu’il y a le café à prendre, qu’ils se détrompent, il s’agit de dire la vérité crue sur les réalités du pays.

Placé sous le thème « Un an de la transition, bilan et perspectives », l’événement a réuni des jeunes, femmes et membres de la société civile. A les entendre, depuis l’installation de la transition au Mali, rien n’a changé. Pour eux, la transition a été trop chargée avec plus d’axes prioritaires et la volonté politique a manqué. En soutien à cette thèse, un micro-trottoir a été projeté à l’écran. Parmi ceux qui ont intervenu, certains ont demandé le départ des transitaires au bout des 18 mois impartis.

Les panelistes ont axé leurs interventions sur la corruption qui gangrène le pays, le climat social et les élections à venir. Selon Mossadeck Bally, jamais le Mali n’a été aussi corrompu comme on le voit maintenant. « J’ai grandi dans une société d’honneur et de dignité et non de milliards volés. On n’a pas compris ce que c’est que la démocratie. Comment peut-on acheter un avion à 20 ou 30 milliards dans un pays où la moitié de la population vit avec 2 dollars », a-t-il déploré.

Il a ajouté qu’on vient au pouvoir pour servir le pays. Du point de vue de monsieur Bally, pendant un an, rien ne s’est passé. « Il n’y a pas eu d’actions concrètes pendant un an. Il faut poser des actes. Ce n’est pas facile de supporter quelqu’un qui ne fait rien », assène-t-il.

A entendre Moussa Mara, personne ne peut dire que la transition a réussi dans un domaine précis. A ses dires, il faut faire des élections une priorité. « Le climat social a perturbé les examens. Sur les 6 mois à venir, il s’agit d’éteindre les incendies. Les 4 axes sont trop pour le reste du temps accordé à la transition, mais on donne l’impression de s’y atteler or ce n’est pas possible », a affirmé le fondateur du parti Yelema. Il fera savoir qu’il manque aux autorités de la transition le temps, la connaissance et la volonté.

Quant à Adam Dicko, la transition n’est pas orientée vers les objectifs. De son point de vue, les autorités multiplient les sorties et interpellations en oubliant de prendre la vraie trajectoire. « En matière de réforme, qu’est-ce qui a été fait ? qu’est-ce qui se passe ? », a-t-elle questionné.

Si pour les autres panelistes le bilan de la transition est négatif, selon Moussa Kondo, il est mitigé car, dit-il, la solution ne peut pas être trouvée à tous les problèmes du jour au lendemain. Partant de ce point de vue, il demande de rendre justice aux victimes. Si l’on en croit monsieur Kondo, les 99% des problèmes sont d’ordre judiciaire. Et d’ajouter que la corruption est devenue un phénomène qui tue.

Bazoumana KANE

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