Bandiagara : En quête d’une paix intercommunautaire

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Samedi 13 avril. L’ULM qui vient de se poser sur la piste de l’aéroport Ambodedjo de Sévaré, malgré la brise matinale on sent la désolation sur ces lieux, jadis grouillant de “guides” à la recherche de touristes à plumer, ou de vendeurs d’habits traditionnels peuls et dogon.

Ce matin, qu’une dizaine d’avions estampillés “U”, sur le tarmac.

A la sortie de l’aéroport, alors que cette cité ne dort jamais, peu de passants.

Direction, Badiangara. La cité historique est à 60 km de Sévaré. Pour y aller, une escorte de deux véhicules de l’armée, un ouvrant la voie, l’autre la fermant. Si ce dispositif a le mérite de rassurer, il ralentit la progression. Dans cette brise matinale, ce fait n’est pas pour déplaire. En temps normal. Mais, là, impossible d’admirer ces plaines qui s’étendent à perte de vue. Impossible de saluer la majesté des balazans, seuls arbres verdoyants en ce moment. Tout paraît triste. Les rares forains croisés transpirent cette crainte. Les “22”, ces véhicules de transport privés en rase campagnes, qui sont supposés disposer de 22 places et qui en réalité prennent le triple, passent avec à peine deux ou trois passagers à bord.

A la descente d’une falaise du reste abrupte, apparaît Badiangara. Ville chargée d’histoire s’il en est, la vue de la cité ramène des errements de l’esprit. La ville de Bandiagara est située à 63 km à l’est du carrefour de Sévaré, d’où partent les routes de Mopti, Gao, Tombouctou, Bamako et du sud vers le Burkina Faso.

Dans cette ville cohabitent différentes ethnies (Dogons, Peuls, Bambaras, Malinkés…).

Au centre de la ville, la statue du fondateur, Nangabanu Tembély, un chasseur Dogon.

Défilent des idées, des personnages, certainement oubliés de ses populations aujourd’hui préoccupées par des questions de survie. Le Yamé, ce fleuve incontournable de tous les textes de Hampathé Ba est à sec.

Des hôtels, des restaurants et des lieux de récréation fermés.

Un habitué de la cité ne se retrouverait plus. Tout a l’air d’avoir subi une désolation.

L’entrée dans la ville d’un convoi semble susciter de l’espoir au vue de la manière dont il est escorté par les enfants.

Un groupe de la société civile, “Maliens tout court”, vient pour parler de paix. Il a à sa tête un fils du terroir, du reste initiateur du projet, Ibrahim Diawara. En plus de lui, la ville de Bandiagara revendique de grands noms comme Hampathé Ba, Yambo Ouologuem, Seydou Nantoumé ou Moctar Ouane.

Alexis Kalambry

Envoyé spécial à Bandiagara

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