Infanticide : Un enfant sacrifié au fleuve Niger

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Le grand fleuve Djoliba dont plus d’un Bamakois consomme quotidiennement les eaux, est devenu un véritable dépotoir de déchets, de cadavres et de sacrifices de toutes sortes. On se demande même si les désinfectants qu’on y met pour rendre ses eaux potables pourraient faire face à toutes ces ordures occasionnées par des Bamakois eux-mêmes. Le corps d’un bébé que le commissariat de police vient d’y extraire, le 6 novembre dernier, n’est en réalité que la face émergée de l’iceberg.

Ce jour, au moment où une équipe de policiers dirigée par l’inspecteur de police de classe exceptionnelle Bélé Traoré dit Bill, chef de la section de police judiciaire du 4e arrondissement, s’embarquait pour constater le corps d’un jeune homme froidement battu à mort dans les locaux de l’ex-Jigisèmè à Badalabougou en Commune V, elle est saisie d’une autre découverte de cadavre dans le fleuve Niger, au niveau de l’école américaine. Il s’agit de celle d’un bébé jeté par sa mère. Les policiers préfèrent commencer par là où des jeunes gens massés sur la berge, se disputaient le passage pour satisfaire la curiosité de leurs yeux. Dès l’arrivée des policiers, un silence de mort plane sur les lieux. Personne n’osait remuer sa langue au risque de lâcher le moindre mot de nature à attirer l’attention des policiers sur lui. Avouons-le, dans de pareilles circonstances, le Malien ordinaire a la langue lourde. Il préfère se rebiffer que de se faire enkyster dans des affaires de justice. Faute d’informations pouvant intéresser leur enquête, les policiers procèdent à leur traditionnel constat avant le diagnostic médical de l’agent de santé du centre de référence de la Commune V qui les accompagnait. Ce travail terminé, ils transportent le corps du bébé à bord de leur véhicule pour se rendre à l’ex-Jigisèmè où un autre corps, celui d’un adulte, les attendait.

Quelle mère a–t-elle donné la mort à sa progéniture ?

La découverte du corps de ce bébé innocent qui n’a rien fait au monde pour mériter un tel sort a provoqué une vive indignation au sein des plus hautes autorités policières du 4e arrondissement. L’inspecteur de police de classe exceptionnelle Bélé Traoré dit Bill, chargé de l’affaire, a ouvert une enquête pour faire la lumière sur ce crime insupportable. Depuis quelques jours, il mène des investigations de proximité et dans d’autres milieux mieux informés afin de percer le mystère de la tueuse. Déjà ce sont des aides ménagères et des femmes dont leur époux vit à l’extérieur qui sont les plus suspectées. Ce qui est sûr et certain, l’auteur de ce crime indigne répondra de ses actes, le jour du jugement de Dieu. Qu’il le veuille ou pas !               

  O. BOUARE

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