Dépossédés de leurs terres il y a des années : Plusieurs familles assiègent la bourse du travail depuis hier

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La bourse du travail
La bourse du travail

La bourse du travail est transformée depuis hier en village des sans-terres par des milliers de déguerpis venus d’un peu partout du pays, des zones urbaines et péri-urbaines. C’était à la faveur d’un sit-in organisé par la coalition contre les accaparements de terre (CMAT.)

 

Expropriés de leurs terres depuis plusieurs années par les plus nantis, ces victimes qui ont élu domicile à la bourse du travail sont regroupées au sein de la coalition contre les accaparements de terre, entendent à travers ce sit-in amener les hautes autorités à les rétablir dans leurs droits qu’ils peinent tant à retrouver. A croire Nouhoum Konaté de Cad-Mali, l’une des organisations composant la CMAT, il y a de cela des années qu’ils ont adressé des revendications au gouvernement qui sont restées sans réponse.  A ses dires, ce sit-in intervient à la suite d’une conférence de presse qu’ils ont organisées le lundi 24 mars dernier au cours de laquelle ils ont exprimé le désir de marcher ce lundi 31 mars. Mais à la demande  de la primature qui a promis de se prononcer sur la question aujourd’hui, mardi 1er avril, ils ont décidé de surseoir à la marche pour se contenter d’un sit-in. Et au cas où ce dernier ne leur donne pas de réponse satisfaisante, ils menacent de marcher demain, mercredi 3 avril de la bourse du travail sur la primature où ils iront se camper.

Selon toujours Nouhoum Konaté de Cad-Mali, cette lutte a commencé depuis 2010. Elle était menée de façon individuelle par des associations et organisations qui, vu le besoin, décidèrent de se regrouper au sein de la CMAT en 2012. La CMAT, faut-il le rappeler, regroupe 5 organisations à savoir Cad-Mali, l’UACDDD, la CNOP, l’AOPP et LJDH.

 

 

Au nombre des assiégeants, figurent des personnes qui ont été dépossédées de leurs terres de culture, de leur logis et de leurs marchés. Il s’agit entre autres de la coordination des associations des déguerpis de Niamakoro zone dite aéro portuaire composée de 4712 familles, des déguerpis du village de Sirakoro Niaré, du collectif du marché de Djicoroni-para, de l’association des femmes maraichères de Garantiguibougou. Sur les banderoles, on pouvait lire ” tribunal corrompu. Avec 1 million, on gagne ; non aux spéculations foncières, non à l’ex maire de la CIV, Issa Guindo et à ses complices ; le village de Sirakoro Niaré proteste contre Hamady Bathily dit Puma, rendez nous notre village ; les droits coutumiers exercés collectivement et individuellement sur les terres non immatriculées sont confirmés, etc “.

 

Ramata S KEITA

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