Ébullition du front social : Les grévistes rejettent la conférence sociale

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Une conférence sociale au Mali dans les prochains jours pour aplanir les nombreuses revendications sociales. Telle est la volonté du gouvernement de transition. Dès l’annonce de l’idée, ce mercredi 12 novembre, par le ministre de l’Administration territoriale, les syndicats ont réagi par une levée le bouclier.

C’est au cours d’une rencontre avec la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) que le gouvernement a tenté de convaincre les différents syndicats d’adhérer à son idée d’organiser une conférence sociale pour permettre de trouver des solutions aux différentes revendications qui s’empilent sur sa table. Sans tabou, certains syndicats ont tout de suite décliné l’offre et campent sur leurs positions.

A ses interlocuteurs du jour, le Lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, a tenté d’expliquer le bien-fondé de son initiative. Selon lui, ces assises ont pour but de trouver une solution durable à la grogne sociale à laquelle fait face le gouvernement de transition. Il a expliqué que depuis quelques semaines, plusieurs syndicats de travailleurs observent ou ont exprimé leur volonté d’organiser des mouvements de grève. Parmi eux, il a cité les syndicats des travailleurs de l’Administration et des collectivités territoriales. Le mouvement de ce syndicat a déjà occasionné la suspension des opérations de révision des listes électorales. A la Ceni, la situation est inquiétante. Ce qui fait dire au ministre que la perturbation de la révision des listes électorales ne profite à personne. Le ministre Maïga a estimé qu’il est important de suspendre le mot d’ordre de grève, le temps d’organiser une conférence sociale afin d’harmoniser toutes les revendications. Il a préconisé que les syndicats et le gouvernement travaillent dans un esprit de synergie pour relever ensemble les défis liés à l’organisation des élections dans un temps limité.

A cette sollicitation, Adama Diarra, secrétaire aux revendications du Syndicat national des collectivités territoriales, en corporation avec les administrateurs civils, a opposé une fin de non-recevoir et expliqué qu’ils ne sont pas intéressés par cette conférence. Car, a-t-il soutenu, eux parlent de paiement de salaire en retard et le ministre, de son côté, est dans des considérations d’harmonie de salaire.

Mieux, il s’offusque que pendant qu’ils étaient en négociation, le gouvernement s’est permis de nommer un Préfet militaire à Niono. Adama Diarra a indiqué que cette décision viole le décret de nomination des préfets. Si aucune date n’a été communiquée pour la tenue de ces assises, l’une des plus grosses centrales syndicales du pays, l’Union nationale des travailleurs du Mali (Untm), a déposé un préavis de grève de trois jours à compter du 18 novembre prochain.

Pour sûr, ils sont nombreux les observateurs qui pensent qu’une conférence sociale est une belle occasion pour les uns et les autres d’accorder les violons une fois pour toute.

A suivre.

Amidou KEITA

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