Frères et soeurs : LA RIVALITÉ FRATERNELLE

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La mésentente entre frères est un sentiment normal dans toutes les familles nombreuses. Elle est liée au désir inconscient de chaque enfant de polariser l’amour des parents.

Elles sont nombreuses à travers la ville ces mères de famille qui ont le souci des mésententes entre leurs enfants. Elles finissent par craquer et lancer ces cris du coeur : "Allez-vous cesser de vous chamailler un jour?. Qu”ai-je fait pour mériter des enfants aussi insupportables ?

Certaines mères vont jusqu”à consulter les devins pour connaître les raisons lointaines et occultes des disputes. Elles veulent être éclairées sur l”incompatibilité d”humeur exacerbée et injustifiée entre des enfants qui ont tété le même sein. Ces inquiétudes sont normales car dans un monde idéal, frères et sœurs devraient naturellement s’entendre. Il est même habituelle de décrire sa meilleure amie comme étant "une vraie sœur pour moi".

Il est donc paradoxal que les enfants d’une même mère ou d’un même père mettent des années avant de trouver la bonne entente. Il n’est pas rare, par ailleurs, que frères et sœurs vieillissent dans le même foyer sans rien avoir en commun. Il a été constaté dans plusieurs localités des conflits fraternels éternels. Les frangins et les frangines traversent la vie sans jamais avoir développé d’affinités particulières. Cependant, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte quand vient le temps d’évaluer les rivalités fraternelles. Le sexe des enfants, leur rang dans la famille, et l’écart d”âge entre eux pèsent lourd dans les contentieux familiaux.

Un enfant manifestera sa jalousie de plusieurs manières différentes. Mais il est certain que son comportement va changer et, en étant attentif à ses réactions devant l’arrivée d’un nouveau bébé par exemple. Il n’est pas facile, pour le premier enfant, d’apprendre à partager ses parents, son quotidien et ses jouets avec son cadet. Et surtout si ce dernier reçoit plus de tendresse de la part des parents. Ainsi au fur et à mesure que les enfants grandissent, beaucoup de changements interviennent.

"Les premières crises surviennent généralement vers l’âge de 10 mois et prouvent combien les enfants tiennent à leurs parents. La manifestation de la jalousie entre les enfants d’une même famille est assimilable à une course contre la montre pour savoir qui deviendra le préféré de papa ou de maman. Il ne faut pas croire que la jalousie entre les enfants est synonyme de cruauté ou d’égoïsme, loin de là. En demandant aux enfants de menus services, comme donner à manger à un bébé ou encore de lui chercher sa sucette ou sa couche, l’enfant contribue plus facilement à l’acceptation d’un petit être", explique Mme Fatoumata Sidibé, sociologue.

Pour elle, la tranche d”âge entre 7 et 10 ans est la période où l’enfant n’a pas la capacité de lier des relations durables. Ils mettent toujours en garde : "tu n’est plus mon amie si tu…". Cette phrase est distribuée à chacun à la moindre contrariété. Comme l’enfant a atteint l’âge de raison, on tente de lui expliquer que le chantage ne fait qu’aggraver les relations. Les adultes les poussent à trouver d’autres solutions pour manifester leur mécontentement. Au-delà de 10 ans, l’enfant peut aussi se montrer ambivalent, sautant au cou de son frère ou de sa sœur une minute pour l’envoyer promener la minute suivante.

A cet âge, ils ont développé le sens de ce qui est juste. Il faut alors leur donner une chance de régler leurs conflits eux-mêmes. N’intervenez que lorsque la situation s’envenime. Mais à 14 ans et plus arrive l’adolescence et ses bouleversements hormonaux, familiaux et sociaux. C’est à partir de là que l’adulte en devenir se forme le plus. Il développera des principes moraux et une éthique personnelle à partir des valeurs inculquées depuis son très jeune âge. Comme il est plus renfermé, des conflits peuvent se développer avec frères et sœurs, mais habituellement, ce n’est que pour un temps.

Ainsi Mme Sidibé pense que les parents doivent savoir également distinguer la jalousie, la rivalité de la haine. Les enfants qui se disputent ne sont pas deux êtres qui se détestent. Il faut tenir toujours compte du besoin du plus petit de toujours vouloir égaler le plus grand. Il ne faut pas oublier que le rôle des parents peut contribuer grandement à entretenir une relation de haine entre frères et sœurs. Ils seront sages de ne pas commenter les exploits de l’un et en dévalorisant l’autre. Ils veilleront à ne jamais donner l’impression que l’un des enfants compte beaucoup plus pour l’un des parents.

Jalousie farouche. Le fait de répéter certains gestes ou certaines paroles entendues à même la cellule familiale peut avoir des répercussions plutôt désastreuses à l’encontre des enfants. La brutalité ou l’agressivité verbale continuelle également est à proscrire rapidement si l’on ne veut pas que les enfants viennent un jour à se désunir et ainsi provoquer un cuisant échec parental.

Alima est responsable dans un grand service de l’administration. Elle avoue avoir toute sa vie nourri une jalousie farouche contre son frère. Elle juge qu”il bénéficie de plus d”affection de la part de leurs parents. "Je suis le premier enfant. C’est 10 ans après ma naissance que ma mère a eu un garçon. Depuis son arrivée au monde, il est gâté, chouchouté par tous. Tout ce qu’il fait est bien. Et gare à moi si je le touche ou si je le taquine".

L”étudiante Diarra K. a transformé la jalousie à l”égard de son frère en une force mentale pour réussir ses études. Elle raconte qu”elle regardait le coeur meurtri ses parents "chanter tous les jours à l’oreille de mon frérot qu”il est l’hériter de la famille. J’étais ainsi rejetée par mes deux parents. Cette situation était insupportable pour moi. J’ai nourri une jalousie inexplicable envers mon frère cadet. Mais cela m’a poussée à fournir plus d’effort dans les études", confesse cette étudiante.

La situation est encore plus tendue dans certaines familles où les frères et les sœurs se battent pour un rien. Ils se convoquent quotidiennement à la police. Ce phénomène social de répulsion entre frères et soeurs se développe de plus en plus. Les traditions et notre solidarité sont foulées au pied.
Le jeune cadre Oumar F. expose sa situation. "Je suis le seul fils de la deuxième épouse de mon père. Au décès de ma mère, ma marâtre et ses enfants m’ont fait vivre le calvaire. Mon père a été obligé de me placer chez son petit frère. Ce dernier m’a inscrit à l’école. Aujourd’hui je suis le seul à avoir réussi dans la famille. Il y a 3 ans, j’ai envoyé mon père et ma belle-mère à La Mecque. Je ne nourris pas de haine pour mes frères et sœurs. Mais de leur côté, ils font tout pour me montrer qu’ils ne m’aiment pas. Cela ne m’empêche pas de leur rendre service quand ils sont dans le besoin".

Nous concluons par les tourments de Mme Traoré Oumou. Elle est préoccupée par la rivalité entre ses deux filles, qui ont du mal à s’entendre. "Je ne comprends rien, mes deux filles ne s’entendent pas. Maintenant, elles se disputent tous les jours. Elles ne m”écoutent même plus. Aujourd’hui, elles sont toutes les deux mariées. Mais jusqu’à présent leur relation est tendue, déplore cette septuagénaire.

Doussou DJIRÉ

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Vie de famille : ENCOURAGEZ UN ENFANT À S”EXPRIMER

Selon un vieil adage, "les enfants sont faits pour être vus, non pour être entendus". Ce qui est vrai dans certains cas. Les enfants doivent apprendre qu”il y a "un temps pour se taire et un temps pour parler". Mais les enfants désirent vivement qu”on fasse attention à eux. Aussi les parents doivent-ils se garder d”étouffer inutilement leur désir de s”exprimer. Ne vous attendez pas à ce qu”un jeune enfant réagisse à une action comme le ferait un adulte. Pour ce dernier, un événement n”est qu”un élément du grand spectacle de la vie. L”enfant, par contre, peut s”enflammer pour une chose d”intérêt immédiat qui l”absorbera si totalement qu”il en oubliera presque tout le reste.

Un petit entrera en trombe dans une pièce pour raconter avec excitation une histoire à son père ou à sa mère. Que ce dernier ou cette dernière l”interrompe en lui disant d”un ton irrité : "Du calme!", ou qu”il se montre agressive, et l”enthousiasme de l”enfant sera totalement brisé. Peut-être vous semble-t-il que cette action enfantine ne veut pas dire grand-chose. Cependant, c”est en encourageant vos enfants à s”exprimer librement que vous éviterez peut-être que par la suite ils gardent pour eux des choses que vous aimeriez qu”ils vous confient et surtout que vous auriez besoin de connaître au cours de son existence.

La politesse favorise une bonne communication. Les parents doivent donc l”enseigner aux enfants et donner eux-mêmes le bon exemple dans ce domaine, notamment dans leurs rapports avec leurs enfants. Il sera nécessaire de leur rappeler chaque fois qu”ils le mériteront et parfois même avec sévérité. Toutefois, les enfants à qui on coupe régulièrement la parole, dont on ne cesse de corriger le langage ou que l”on dénigre ou même que l”on humilie quand ils parlent, risquent de se replier sur eux-mêmes ou de se tourner vers quelqu”un d”autre quand ils auront envie de parler ou ils seront timides pour toujours. Ce sera d”autant plus le cas quand votre fils ou votre fille seront plus grands. Pourquoi ne prendriez-vous pas le temps, ce soir, de vous sacrifier un instant les conversations que vous avez eues avec votre fils ou votre fille et de vous demander combien de fois lui ai-je exprimé mon sentiment, je l”ai encouragé ou félicité ?

D”autre part, combien de fois lui ai-je exprimé ma désapprobation ou lui ai-je tenu des paroles qui tendaient à le rabaisser ou à lui faire sentir que j”étais mécontent, irrité ? Le résultat de cet examen risque de vous surprendre.

Les parents doivent souvent faire preuve de patience, d’encouragement, de souplesse et de contrôle de soi. En effet, les jeunes ont tendance à être impulsifs. Ils interrompent facilement la conversation des adultes pour dire de but en blanc ce qui leur vient à l”esprit alors que dans certaines familles cet acte est purement rejeté. Les parents pourraient les reprendre sèchement, mais il sera parfois plus sage de les écouter poliment, leur donnant ainsi un exemple de maîtrise de soi, puis, après une brève réponse, de leur rappeler avec douceur qu”il faut être poli et avoir des égards pour les autres.

Vous souhaitez que vos enfants vous demandent conseil quand ils ont des problèmes. Alors encouragez-les à le faire en leur montrant que vous aussi vous avez besoin d”être dirigé dans la vie.

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