Le Mali : dans la délicatesse d’une période cruciale

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L’histoire de l’Etat malien a connu de nombreux revirements de l’indépendance à nos jours. Le dernier en date est de loin le plus sensible et semble même engager le pronostic vital de la nation. Nous vivons actuellement sous le joug de cette période de grandes incertitudes ou tout va, dandinant entre discordances d’idéaux et démêlées d’intérêts. Depuis le début de la crise sécuritaire, qui en a engendré tant d’autres, la déliquescence de l’Etat peine à trouver une panacée malgré l’implication des organisations internationales.

A presqu’un an des échéances électorales décisives pour la survie du peuple malien, les trois principales composantes qui décident du sort du pays en occurrence la classe politique, les autorités de la transition et les leaders religieux ne soufflent toujours pas dans la même trompette. Cette situation conflictuelle, additionnée à l’exaspération de la population lambda devant l’inflation des prix de certaines denrées alimentaires de première nécessité et de façon générale et un climat social délétère, crée un cocktail très explosif et donne une impression de déjà vue.

En définitive, l’horizon malien ne s’est jamais autant obscurci et tout est susceptible d’opposer les Maliens du bas jusqu’au plus haut sommet. En témoignent la révision constitutionnelle, l’accord de paix d’Alger, l’organe unique de gestion des élections, la grève du syndicat des transporteurs face à la nouvelle règlementation, les bisbilles du monde footballistique tranchées par le TAS (tribunal arbitral du sport) qui vilipende l’image du Mali déjà très souffrante.

Par ailleurs s’il y’a un point sur lequel tous les Maliens s’accordent à être d’accord, c’est que la mère patrie ne supportera pas une autre crise de l’ampleur de juin à août 2020. Cependant, une chose est de reconnaitre la vérité et une toute autre est d’œuvrer pour elle. Le Mali est à la croisée des chemins, il ne faut plus se leurrer : doucement on s’achemine vers le tréfonds. Il faut donc un sursaut d’orgueil national pour que notre Maliba ne soit plus ce grand malade sous perfusion, qui gangrène la zone ouest-africaine. Car, à force d’être funambule et de persister dans les interminables querelles intestines d’intérêts au moment le plus critique de son histoire, le Mali risque de toucher le fond comme la Somalie, la Lybie ou même la Syrie.

 

Ousmane T Diakité, Stagiaire 

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